Arena Israel Galván 4 &5 juillet 07
Israel Galván
Compañia Israel Galván
Arena
C’est le pied nu que Israel Galván, la révélation flamenca de ces dernières années, commence sa pièce Arena, et le pouce levé, le corps de profil comme Nijinsky. Pour un spectacle traversé par l’idée de la tauromachie depuis l’immobilité légendaire du torero Belmonte, jusqu’aux airs des fanfares qui déboulent sur la scène, sans que la danse ne cherche jamais à illustrer le rituel du combat à mort entre l’homme et le taureau. Arena, c’est avant tout la révolution dans l’art de la danse flamenca, qui sort enfin des histoires tradition/modernité.
Israel Galván, danseur génial au vrai sens du terme, entouré des plus grands musiciens et chanteurs du genre, sait arrêter son geste, se figer dans des postures pour laisser courir la musique. Mais il sait aussi inventer des fulgurances, des gestes non encore répertoriés ; les bras s’envolent comme ceux d’une femme pour terminer leur course dans un geste de dégaine de revolver, le bassin s’arrondit dans un jeu de hanches qui doit sûrement évoquer la danse gitane de sa mère, alors le reste du corps se durcit comme pour honorer les mots d’ordre de son père, directeur d’école de danse à Séville : "Le flamenco, La force !". Si Israel Galván se permet d’être tout et son contraire sur scène, et d’inventer un flamenco d’exception, c’est parce que techniquement, il est au sommet et qu’il maîtrise parfaitement tous les codes de la culture flamenca. De fait, la comparaison avec un autre monstre de la chorégraphie s’impose : Galván travaille le flamenco comme Forsythe a pu hystériser la danse classique.
"Israel Galvan traite la danse flamenca avec une insolence d'amour. Il brise le geste, fait des mouvements d'oiseaux, s'en va en marchant. Parfois, il vole. Ses mains battent dans son dos. Il brise un instant son élan en arrêt si fugace sur l'image exactement comme le font les grands burlesques (Chaplin, Cantinflas). Israel Galvan s'offre le luxe de l'ironie. Son corps même n'est pas flamenco : il le devient. Mais surtout, c'est dans le rapport à l'histoire de son histoire qu'il explose.
Danseur pour danseurs, Galvan est le plus grand des danseurs actuels. Le plus grand ? Pas au sens où il aurait dépassé les plus grands danseurs du passé et d'aujourd'hui, mais au sens où il les donne à voir, un par un, une par une, sans s'attader, en images aussi lestes, aussi achevées, aussi vite disparues qu'aperçues, gravées à jamais."
Francis Marmande, Le Monde, jeudi 10 mai 2007
Compañia Israel Galván
Arena
Chorégraphie : Israel Galván
C’est le pied nu que Israel Galván, la révélation flamenca de ces dernières années, commence sa pièce Arena, et le pouce levé, le corps de profil comme Nijinsky. Pour un spectacle traversé par l’idée de la tauromachie depuis l’immobilité légendaire du torero Belmonte, jusqu’aux airs des fanfares qui déboulent sur la scène, sans que la danse ne cherche jamais à illustrer le rituel du combat à mort entre l’homme et le taureau. Arena, c’est avant tout la révolution dans l’art de la danse flamenca, qui sort enfin des histoires tradition/modernité.
Israel Galván, danseur génial au vrai sens du terme, entouré des plus grands musiciens et chanteurs du genre, sait arrêter son geste, se figer dans des postures pour laisser courir la musique. Mais il sait aussi inventer des fulgurances, des gestes non encore répertoriés ; les bras s’envolent comme ceux d’une femme pour terminer leur course dans un geste de dégaine de revolver, le bassin s’arrondit dans un jeu de hanches qui doit sûrement évoquer la danse gitane de sa mère, alors le reste du corps se durcit comme pour honorer les mots d’ordre de son père, directeur d’école de danse à Séville : "Le flamenco, La force !". Si Israel Galván se permet d’être tout et son contraire sur scène, et d’inventer un flamenco d’exception, c’est parce que techniquement, il est au sommet et qu’il maîtrise parfaitement tous les codes de la culture flamenca. De fait, la comparaison avec un autre monstre de la chorégraphie s’impose : Galván travaille le flamenco comme Forsythe a pu hystériser la danse classique.
"Israel Galvan traite la danse flamenca avec une insolence d'amour. Il brise le geste, fait des mouvements d'oiseaux, s'en va en marchant. Parfois, il vole. Ses mains battent dans son dos. Il brise un instant son élan en arrêt si fugace sur l'image exactement comme le font les grands burlesques (Chaplin, Cantinflas). Israel Galvan s'offre le luxe de l'ironie. Son corps même n'est pas flamenco : il le devient. Mais surtout, c'est dans le rapport à l'histoire de son histoire qu'il explose.
Danseur pour danseurs, Galvan est le plus grand des danseurs actuels. Le plus grand ? Pas au sens où il aurait dépassé les plus grands danseurs du passé et d'aujourd'hui, mais au sens où il les donne à voir, un par un, une par une, sans s'attader, en images aussi lestes, aussi achevées, aussi vite disparues qu'aperçues, gravées à jamais."
Francis Marmande, Le Monde, jeudi 10 mai 2007
Représentations les 4 et 5 juillet à 20h30
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