Si les mots étaient des armes... par dandi
Si les mots étaient des armes...
Bien sûr après cette série de salves destinées à "liquider" l’héritage de Mai 68 nul d’entre nous n’osait encore douter des méthodes guerrières de Monsieur Sarkozy. Et depuis le sacre de ce dernier, l’objectif étant d’assurer une majorité capable de satisfaire son ambition monocrate, les trompettes ne "déchantent" pas.
Le plus légitime des affidés M. Fillon, dans son rôle de premier bras armé de cette campagne déploie l’artillerie lourde : "la gauche n’aime pas la France"... Tentative habile de culpabilisation d’un pan entier de la société française, désignation sur le mode affectif des 47% de " mal-aimants ", mauvais patriotes, qui ont voté pour la candidate socialiste.
Il n’est que de lire les commentaires sur les blogs et journaux en ligne pour observer un net raffermissement dans le ton des participants. Après les fanfaronnades entre lazzis et avanies en guise de commémoration de ce large couronnement, nous voilà la cible , nous électeurs de cette gauche coupable, d’invectives féroces , d’injures grossières.
Le gouvernement attise à dessein l’excitation de ses partisans dans l’humiliation des perdants, et pour ceux qui auraient l’insolence de faire entendre d’autres voix ,qu’ils se résignent à subir les assauts des offenseurs offensés passés maîtres dans l’art d’assurer eux mêmes leur propre commisération.
Et puis le rapport de force est ici non avenu, il s’agit d’accepter cette évidence dans une logique de subordination. Nos gouvernants sont les dignes représentants du peuple et ont pour unique vocation d’appliquer la politique du peuple , si une partie de ce peuple ne s’en trouvait pas satisfaite elle s’exclurait d’elle même ipso facto du peuple légitime.
Souffrons sans rechigner cet intouchable édit de la démocratie, abdiquons dans le respect soumis à cette dernière, ce suprême commandement récuse jusqu’à son fondement oxymorique.
"Jamais encore sous aucun autre gouvernement, de quelque bord que ce soit, une telle attitude n’aurait été concevable."
Dandi