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Ancrage : Point d'ancrage, lieu (abstrait) de fixation














L'amour, dans l'anxiété douloureuse comme
dans le désir heureux, est l'exigence d'un tout.
Il ne naît, il ne subsiste que si une partie reste
à conquérir.
On n'aime que ce qu'on ne possède pas
tout entier.
Marcel Proust

Man Ray - Hand on lips

" Je vous vois et vous me voyez,
J'ai une certaine conception de vous et vous de moi.
Je vois votre comportement et vous le mien.
Mais je ne vois pas, je n'ai jamais vu et ne verrai jamais votre expérience de moi ;
Pas plus que vous ne pouvez voir mon expérience de vous.
Je ne peux pas faire l'expéreince de votre expérience, ni le contraire.
Nous sommes l'un(e) et l'autre des hommes/des femmes invisibles.
Tous les hommes sont invisibles les uns des autres."
 France Culture - Voyages en psychiatrie - Août 2006
Samedi 29 septembre 2007

"Les amis inconnus" de Jules SUPERVIELLE

Derniers textes ajoutés...

Il vous naît un poisson qui se met à tourner
Tout de suite au plus noir d’une lampe profonde,
Il vous naît une étoile au-dessus de la tête,
Elle voudrait chanter mais ne peut faire mieux
Que ses sœurs de la nuit les étoiles muettes.

Il vous naît un oiseau dans la force de l’âge,
En plein vol, et cachant votre histoire en son cœur
Puisqu’il n’a que son cri d’oiseau pour la montrer.
Il vole sur les bois, se choisit une branche
Et s’y pose, on dirait qu’elle est comme les autres.

Il vous naît un ami, et voilà qu’il vous cherche
Il ne connaîtra pas votre nom ni vos yeux
Mais il faudra qu’il soit touché comme les autres
Et loge dans son cœur d’étranges battements
Qui lui viennent des jours qu’il n’auras pas vécus.

Pardon pour vous, pardon pour eux, pour le silence
Et les mots inconsidérés,
Pour les phrases venant de lèvres inconnues
Qui vous touchent de loin comme balles perdues,
Et pardon pour les fronts qui semblent oublieux.

Extrait des « amis inconnus ». 1934.

© Jules Supervielle.

par Sidérale publié dans : Voix off...
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Mercredi 24 janvier 2007

« Viens à moi, et maintenant encore

Du poids de l’angoisse délivre-moi

Tous les désirs de mon coeur passionné accomplis-les

Et toi, Maîtresse, sois combattante à mes côtés ! »

Prière à Aphrodite- Sappho

Πλυ πκιδος δυμελεστρα, χρσω χρυσοτρα.
Ses chants étaient beaucoup plus doux que le son de la lyre,
et elle était bien plus précieuse que l'or le plus pur...

Fragments de l'oeuvre de Sappho traduits par Ernest Falconnet



« …Ah! Ce désir d’aimer qui passe dans ton rire et c’est bien pour cela qu’un spasme étreint mon cœur dans ma poitrine,

Car si je te regarde, même un instant, je ne puis plus parler,

Mais d’abord ma langue est brisée,

Un feu subtil soudain a couru en frissons sous ma peau.

Mes yeux ne me laissent plus voir,

Un sifflement tournoie dans mes oreilles.

Une sueur glacée couvre mon corps, je tremble tout entière

Possédée, et je suis plus verte que l’herbe.

D’une morte j’ai presque l’apparence.

Mais il faut tout risquer… »

À une Aimée - Sappho




par Sidérale publié dans : Voix off...
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Mercredi 24 janvier 2007

Juliette
 -Quelle satisfaction peux-tu avoir cette nuit ?

Roméo
-L’échange de ton vœu de fidèle amour et de mon vœu.

Juliette
-Avant que tu l’aies demandé je te l’ai donné

Et je voudrais encore avoir à te le donner.

Roméo
-Tu voudrais le reprendre, oh pourquoi bien-aimée ?

Juliette
-Pour être généreuse, et te le redonner !

Shakespeare, Roméo et Juliette, II, 2, 126-131

Aimer, c’est donner, inépuisablement donner.

Qu’est-ce qui peut ainsi justifier une telle réitération ? Ce n’est pas que ce que l’on donne est moins important que le fait de donner, c’est plutôt que ce que l’on donne ne peut durer au-delà de l’offre qui en est faite. Parce que, comme le dit Sartre, « l'amant ne désire pas posséder l'aimé comme on possède une chose ; il réclame un type spécial d'appropriation. Il veut posséder une liberté comme liberté » (L’être et le néant). Aimer, c’est s’offrir soi-même à l’autre, c’est lui avouer qu’on ne peut vivre sans lui : c’est faire le choix (= liberté) de nous soumettre au choix de l’autre. Seulement voilà. Donner sa liberté c’est la supprimer et pour qu’elle survive à ce don, il faut la reprendre pour la redonner une nouvelle fois. Se donner une fois pour toutes ce serait, en se soumettant à l’autre, transformer l'amour en asservissement : « Je t’aime encore parce que je me suis engagé à t’aimer » ironise Sartre.

Et en effet. Le serment d’amour ne peut être qu’éternel (amour-toujours), puisqu’il est don inconditionnel de soi (= de sa liberté). Mais pourtant, il faut qu’il n’engage pas plus d’une minute, d’une seconde ; dans le souffle qui vient de le dire il est déjà reparti, la liberté qui vient de se donner s’est reprise… pour se redonner : Dis-moi que tu m’aime. - Je t’aime. - Oh, oui ! Redis-le…

Paradoxe d’un don qui se détruit dans l’instant où il se réalise : voilà ce qui explique la platitude du dialogue amoureux : voilà aussi pourquoi, comme dit le poète « il n’y a pas d’amour heureux ».

 

par Sidérale publié dans : Voix off...
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Lundi 22 janvier 2007
http://www.psychanalyse-en-mouvement.net/articles.php?lng=fr&pg=12

in psychanalyse en mouvement
(en réponse à une trace de passage sibylline ...oui, "quelle idée..."! n'est-ce pas!....)
par Sidérale publié dans : Voix off...
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Lundi 22 janvier 2007
par Sidérale publié dans : Voix off...
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Lundi 22 janvier 2007


Vous parler ?...

 

Vous parler ?... Non… Je ne peux pas.

Je préfère souffrir comme une plante ;

Comme l’oiseau qui ne dit rien sur le tilleul.

Ils attendent… C’est bien. Puisqu’ils ne sont pas las

D’attendre, j’attendrai, de cette même attente.

 

Ils souffrent seuls. On doit apprendre à souffrir seul.

Je ne veux pas d’indifférents prêts à sourire

Ni d’amis gémissants… Que nul ne vienne.

 

La plante ne dit rien. L’oiseau se tait. Que dire ?

Cette douleur est seule au monde, quoi qu’on veuille.

Elle n’est pas celle des autres, c’est la mienne.

Une feuille a son mal qu’ignore l’autre feuille,

Et le mal de l’oiseau, l’autre oiseau n’en sait rien.

 

Sabine Sicaud

 

 

 

 

par Sidérale publié dans : Voix off...
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Ose




Red Archipel Radio

http://www.lastfm.fr/user/RedArchipel/





  Je n'ai jamais réussi à définir le féminisme. Tout ce que je sais, c'est que les gens me traitent de féministe chaque fois que mon comportement ne permet plus de me confondre avec un paillasson.

            Rebecca West

 


La traversée des apparences

"Faire du chemin...c'est d'abord une expérience physique.
Parfois, c'est aussi une expérience spirituelle...
c'est découvrir des paysages emblématiques :
des territoires sans rupture entre réel et imaginaire qui nous changent la vie.

Nos vies ne sont plus les mêmes depuis que nous sommes à Corvo, l'île de nos terres de danse."


«[...] nos livres tous les jours nous voient dans notre nudité intérieure.»

Olivier Bruley

 

 

La conscience est bien plus que l'écharde, elle est le poignard dans la chair.

E. CIORAN

 


 

En cette vie, où je suis mon sommeil,
Je ne suis pas mon sommet,
Qui je suis est qui je m'ignore et vit
A travers cette brume que vraiment je suis,
Toutes les vies que j'ai eues autrefois,
Dans une seule vie.
Je suis mer ; clapotis faible, rugissement vers les hauteurs,
Mais ma couleur provient de mon ciel élevé,
Et je ne me rencontre que lorsque de moi je fuis.

Qui donc guidait mes pas de jeune infant sinon
L'âme véritable qui se trouvait en moi ?
Attachée par les bras du corps,
Elle ne pouvait être plus.
Mais, sans nul doute, un geste, un regard, un oubli
Aussi, aux yeux de qui aurait bien regardé
La Présence Réelle sous le déguisement
De mon âme présente ici sans y prétendre.

Fernando Pessoa, poèmes ésotériques,

Christian Bourgois 1988, p. 39.

Fernando Pessoa dans Poezibao :
Fiche bio-bibliographique, extrait 1, extrait 2,





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