Jeudi 28 septembre 2006
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Poema dos olhos da amada - Vinicius de Moraes
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O minha amada, que olhos os teus Sao cais noturnos cheios de adeus Sao docas mansas trilhando luzes Que brilham longe, longe nos breus O minha amada, que olhos os teus Quanto mistério nos olhos teus Quantos saveiros, quantos navios Quantos naufragios, nos olhos teus O minha amada de olhos teus Quem dera um dia quisesse Deus Eu visse um Dia o olhar mendigo Da poesia nos olhos teus. O minha amada, que olhos os teus…
Vinicius de Moraes
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Ô bien-aimée, quels yeux tes yeux Embarcadères la nuit, bruissant de mille adieux Des digues silencieuses qui guettent les lumières Loin… si loin dans le noir Ô bien-aimée, quels yeux… tes yeux Tous ces mystères dans tes yeux Tous ces navires, tous ces voiliers Tous ces naufrages dans tes yeux Ô ma bien-aimée aux yeux païens Un jour, si Dieu voulait Un jour… dans tes yeux Je verrais de la poésie, le regard implorant Ô ma bien-aimée, quels yeux… tes yeux
Adaptation : Jeanne Moreau et Dominique Dreyfus
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Par Sidérale
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Jeudi 19 octobre 2006
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05:01
in Dactylographie
"Nous avons tous deux vies :
la vraie, celle que nous avons rêvée dans notre enfance,
et que nous continuons à rêver, adulte, sur un fond de brouillard ;
la fausse, celle que nous vivons dans nos rapport avec les autres,
qui est la pratique, l'utile,
celle où l'on fini par nous mettre au cercueil.
Dans l'autre il n'y a ni cercueil ni morts,
il n'y a que des images de l'enfance :
de grands livres coloriés, à regarder plutôt qu'à lire ;
de grandes pages de couleurs pour se souvenir plus tard.
Dans l'autre nous sommes nous-mêmes,
dans l'autre nous vivons ;
dans celle-ci nous mourons, puisque tel est le sens du mots vivre ;
en ce moment, par la nausée, c'est dans l'autre que je vis...
Mais à mes côtés, accompagnement banalement sinistre,
élève la voix le tic-tac crépitant des machines à écrire."
Fernando Pessoa
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Vendredi 12 janvier 2007
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02:10
Viens, Nuit extatique et silencieuse,
Viens envelopper dans la nuit manteau blanc
Mon cœur...
Sereinement comme une brise dans l'après-midi
légère,
Paisiblement, comme la caresse d'une mère,
Avec les étoiles brillant au creux de tes mains,
Et la lune mystérieuse masque sur ton visage,.
Tous les sons résonnent d'une autre manière
Lorsque tu viens.
Lorsque tu entres toutes les voix s'éteignent,
Personne ne te voit entrer,
Personne ne sait que tu es entrée,
Sinon en voyant soudain que tout se recueille,
Que tout perd ses arêtes et ses couleurs,
Et qu'au firmament encore bleu clair,
Croissant parfaitement dessiné, ou cercle blanc, ou
simple lumière nouvelle qui vient,
La lune commence à être réelle.
in "Ode maritime" de F. Pessoa (1915)
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Samedi 2 juin 2007
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05:27
Le fleuve qui passe perdure
Dans les vagues de ce passage,
Et chaque vague figure
L’instant d’un lieu.
Suivant son cours, peut-être continue-t-il…
Mais la vague qui vient de passer
Dans sa course devient une autre.
Elle ne continue pas : elle a duré.
Quel est l’être qui subsiste
Derrière ces formes apparentes,
La vague qui en rien ne consiste,
Le fleuve qui n’est que passage ?
Je ne sais, et ma pensée non plus
Ne sait si elle est,
Comme la vague en son moment
Comme le fleuve (…)
Fernando Pessoa, Cancioneiro, traduit du portugais par Michel Chandeigne et Patrick Quillier, Bourgois, 198 , p. 121..
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Samedi 2 juin 2007
6
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05:30
[...]
Là-bas, la blanche voile sombre, offerte
A quelque brise immatérielle,
Saura conduire notre vie-sommeil
Jusqu'aux lieux où les eaux se mêlent
Aux rives bordées d'arbres noirs,
Où les forêts inconnues s'accordent
Aux élans du lac vers plus d'être,
Afin de rendre le rêve complet.
Là-bas nous saurons bien nous cacher, disparaître,
Engloutis dans le vide liséré de la lune,
Ressentant que cela qui fait notre substance
En d'autres temps était musique
Fernando Pessao, Le violon enchanté (Écrits anglais), Christian Bourgois, 1992, page 45.
Par Sidérale
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Traces de passage