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Ancrage : Point d'ancrage, lieu (abstrait) de fixation














L'amour, dans l'anxiété douloureuse comme
dans le désir heureux, est l'exigence d'un tout.
Il ne naît, il ne subsiste que si une partie reste
à conquérir.
On n'aime que ce qu'on ne possède pas
tout entier.
Marcel Proust

Man Ray - Hand on lips

" Je vous vois et vous me voyez,
J'ai une certaine conception de vous et vous de moi.
Je vois votre comportement et vous le mien.
Mais je ne vois pas, je n'ai jamais vu et ne verrai jamais votre expérience de moi ;
Pas plus que vous ne pouvez voir mon expérience de vous.
Je ne peux pas faire l'expéreince de votre expérience, ni le contraire.
Nous sommes l'un(e) et l'autre des hommes/des femmes invisibles.
Tous les hommes sont invisibles les uns des autres."
 France Culture - Voyages en psychiatrie - Août 2006
Jeudi 12 juillet 2007

L’ile aux fleurs...

source : L'Archipel rouge

L’ile aux fleurs

Réalisation : Jorge Furtado

Scénario : Jorge Furtado

Documentaire, court métrage 12 min

sortie : 1989 (Brésil)

(Lien glané sur :http://lespenseesdemarianne.hautetfort.com)

par Sidérale publié dans : Sur L'Archipel Rouge
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Vendredi 6 juillet 2007

Pense bête juridique pour les manifs et toute autre action militante

Publié le 5 juillet 2007
par dandi

Pense bête juridique pour les manifs et toute autre action militante

mercredi 4 juillet 2007, par Solidarité Résistance Antifasciste http://solidarite.samizdat.net/

Avant la manif

- Eviter les produits qui modifient le comportement (alcool, drogues…) ; ne pas en avoir sur soi.
- Proscrire le répertoire de tous ses amis / camarades, merci pour eux !
- Pas de couteau ou tout ce qui peut passer pour une « arme par destination ».
- S’écrire sur la main (ou connaître par cœur) le numéro d’un avocat.
- Laisser à quelqu’un ses nom, prénom et date de naissance, important en cas de problème et le crier à quelqu’un en cas de problème pendant la manif.
- Avoir une pièce d’identité ou un document qui comporte son nom et une photo d’identité.

Pendant la manif

- Rester groupés, ne pas courir, ne pas donner d’autocollants de son orga aux inconnus.
- En cas d’interpellation : Rester calme ; le délit « d’outrage et rébellion » tombe dru.

Le contrôle d’identité

- Il ne peut en théorie pas excéder 4 heures.
- Il peut se faire sur le lieu d’interpellation ou au commissariat.
- Une « palpation de sécurité » peut être pratiquée, mais pas de fouille en règle.
- Si on est maltraité pendant le contrôle, il faut absolument le faire figurer sur le procès-verbal (PV)
- Si l’on n’est pas mis en garde-à-vue, demander une copie du PV d’interpellation.
- Il ne faut signer que si l’on est d’accord avec ce qui figure dans le PV. Sinon, rajouter ce qui manque, et mettre un trait à la fin s’il reste du blanc sur la page.

La garde à vue (GAV)

- Elle peut être annoncée au plus tard après les 4 heures de contrôle d’identité, mais elle doit être signifiée.
- Elle peut durer 24 heures (à partir du moment de l’interpellation), voire 48 heures si elle est reconduite.

IMPORTANT

- On a absolument le droit de se taire ou de dire que l’on n’a rien à déclarer ;
- On a le droit de savoir de quelle infraction on est accusé ;
- On a le droit de voir un médecin et un avocat il faut le demander à l’agent de police présent. (demande renouvelable après la 24ème heure de GAV).

Pendant la GAV, on peut subir une fouille à corps, pratiquée que par un agent du même sexe.

Pour le PV de GAV, mêmes conseils que pour le contrôle d’identité.

Suites ...

- Il vaut toujours mieux refuser la comparution immédiate
- Préparer sa défense avec son avocat est toujours préférable, même si l’on encourt de la prison préventive.

En cas de violences policières

- On peut porter plainte par lettre recommandée auprès du doyen des juges d’instruction, auprès del’IGS et de la CNDS.
- Penser à prendre des photos des blessures etc ;
- Garder son t-shirt sanguinolent si c’est le cas ;
- Demander une Interruption temporaire de travail (ITT) aux urgences ou à son médecin ;
- Contacter une association luttant contre les violences policières.

Bonnes manifs quand même. Seule la lutte paie !

Voir la version longue : Vade-mecum juridique du manifestant

Sites utiles à consulter :

*SRA (Solidarité résistance antifasciste)

*Face à la police/face à la justice

*Rebellyon

*Source :http://solidarite.samizdat.net/article183.html


calle


PDF - 107.5 ko
calle
par Sidérale publié dans : Sur L'Archipel Rouge
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Lundi 2 juillet 2007

Exploitation : Les enfants cobayes de laboratoires

source : L'Archipel rouge
Publié le 28 juin 2007
par dandi

Jeudi 28 juin 2007

Exploitation : Les enfants cobayes de laboratoires

par Le Mendiant

Ce que dit la presse :

Le Nigeria accuse le géant américain Pfizer d’avoir utilisé, en 1996 et sous couvert humanitaire, des enfants comme cobayes, pour tester un médicament qui n’était pas encore au point. Résultat : sur les 200 enfants qui ont pris le Trovafloxacin pour soigner la méningite et la rougeole, 11 sont morts. Les survivants souffrent de diverses infections : paralysie, surdité, trouble de la parole, lésion cérébrale, cécité.

Source : Le Nigeria réclame 12 milliards à Pfizer, Le Temps, 6 juin 2007, Ram Etwareea

Commentaires du Mendiant :

Au prix des essais cliniques sur les cobayes occidentaux (jusqu’à 20 000 euros par patient), quoi de plus normal que les labos délocalisent leurs tests dans les pays lointains… Est-ce vraiment plus choquant qu’une délocalisation de production afin d’exploiter une main d’œuvre corvéable bon marché ?

Comme nous le rappelions dans le dossier sur l’exploitation des enfants, sur 210 millions d’enfants de 5 à 14 ans forcés de travailler dans le monde, plus de 10 millions le sont dans des secteurs d’exportation contrôlés par des multinationales occidentales ! A ce chiffre, il conviendrait donc aussi de rajouter les enfants cobayes…

Les pays en développement sont décidément une mine d’or pour les labos pharmaceutiques colonialistes. D’un côté, on va piller les ressources en plantes médicinales et les recettes de grands-mères, isoler les principes actifs et vite déposer des brevets afin de se garantir le monopole du traitement. Tout cela sans évidemment reverser le moindre centime aux autochtones.

De l’autre, on va se rendre sur place pour y effectuer des opérations humanitaires : rendez-vous compte que ces gens là n’ont même pas de quoi se soigner ! Qu’à cela ne tienne, on mettra à leur disposition les dernières molécules, avant tout le monde même. Voyez comme nous sommes généreux avec eux ! Bon d’accord, ces molécules étaient tellement nouvelles qu’elles n’avaient jamais été mises sur le marché… Mais en face d’enfants malades, vous feriez quoi vous ? Vous leur donneriez de vrais médicaments ? Pour qu’ils en fassent plus tard des génériques ? Non, décidément, vous ne comprenez rien au business !

Quelques pistes de Consomm’Action :

Lisez le livre ou visionnez le film La Constance du jardinier : John le Carré y dénonce la complicité entre un labo, le gouvernement et la mafia pour tester de nouveaux médicaments au Kenya. Ensuite, décidez d’être en bonne santé afin de ne plus subventionner ce type de pratiques ou soignez-vous au naturel, méthode efficace pour 90% des pathologies…

Le Mendiant Le pire n’est pas une fatalité. Parlez-en autour de vous…

*Source:http://lemendiant.over-blog.com/article-11070692.html

par Sidérale publié dans : Sur L'Archipel Rouge
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Lundi 2 juillet 2007

Créatures célestes par Agnès Maillard


source : L'Archipel rouge
Publié le 25 juin 2007
par dandi

Créatures célestes

Par Agnès Maillard blog monolecte le lundi 25 juin 2007

"C’est bête à dire, mais j’ai eu plus de peine à la mort de mon chat qu’à celle de ma grand-mère.

Quand mon vieux pote me dit ça, je n’ai pas un sourire goguenard et compassé et je sais qu’il n’a pas irrémédiablement plongé dans la sensiblerie déshumanisante de tant d’autres de nos congénères, ceux qui aiment à clamer : plus je connais les gens, plus j’aime mon chien. Je sais que l’Ours n’est pas un blaireau insensible et vaguement sociopathe, mais juste quelqu’un de sincère avec lui-même et qui a expérimenté le concept de proxémie affective. L’Ours vient de la campagne, il sait comment on enlève le pyjama de Jeannot Lapin, et contrairement à beaucoup d’entre nous, il sait tuer sa nourriture et cela ne lui pose pas l’ombre d’un problème.

Mon chat, je le voyais chaque jour que ce soit au déjeuner ou au dîner. Ma grand-mère, une fois tous les deux mois. Ça ne veut pas dire que je ne l’aimais pas, bien au contraire, mais parce que je la voyais moins souvent, sa disparition a laissé moins de vide dans ma vie, tout simplement.

C’est aussi un peu pour la même raison de distance que le mort du bled touchera plus que celui de la grande ville et qu’un seul défunt national, plus que 100 victimes au Bangladesh. L’éloignement physique favorise la relativité émotionnelle et du coup, nous hiérarchisons nos peines et nos attachements.

Si loin, si proches

Samedi, je devais photographier la parade des camions. J’ai réussi à négocier une fenêtre au premier étage avec vue plongeante sur la place principale du bled. J’étais donc en embuscade à mon poste d’observation privilégié et je regardais mes congénères vivre leur vie en contre-bas, pratiquement avec la distance de l’entomologiste. Cette distance scientifique de l’observateur ne remonte pas juste à ma formation d’éthologue. J’y réfléchis tout en vérifiant les réglages de mon appareil photo. Cela remonte bien plus loin dans le temps, dans la petite enfance, dans ces circonstances un peu particulières qui avaient fait de ma famille et de moi par ricochet, un intense sujet de curiosité de la part des autres. Je repense à ce sentiment d’étrangeté que le regard des autres avait construit chez moi, de l’intense solitude que l’enfant que j’étais ressentait, de cette distance affective terrible qui me rendait étrangère en mon propre pays. Et je me dis que c’est probablement de ce point de vue que surgissent les meilleurs observateurs, avec juste ce qu’il faut de détachement pour ne pas s’impliquer.

Je regarde donc les gens du bled vaquer à leurs occupations en attendant le défilé tonitruant. Je me rends compte en se faisant qu’à force de couvrir la plupart des événements importants du village, j’ai fini par connaître la plupart de ces trognes. Et que l’inverse doit aussi être vrai. Ceci est donc la communauté humaine à laquelle j’appartiens de fait. Et pourtant, je sais aussi avec une cruelle acuité que je ne serai jamais des leurs. Parce que je ne suis pas d’ici. Parce que même si je partage beaucoup de leurs activités, même si la plupart me connaissent, même si je suis le plus souvent aimable et souriante, je ne participe pas réellement au réseau dense et subtil des rituels qui cimentent les réseaux sociaux dans les petites communautés humaines. Je ne suis pas au troquet le samedi soir, ne supporte pas l’équipe locale de rugby, n’arsouille pas aux fêtes patronales, ne lance jamais aucune de ces réunions-gâteaux où convergent les mères de famille-copines. Et monsieur Monolecte ne porte pas les oreilles en chou-fleur et ne chasse pas le week-end.

Je les regarde donc tracer leurs trajectoires convergentes sur la place, se saluant de la main ou s’embrassant, parlant des gosses ou mimant quelques exploits à grand renfort de moulinets des bras. Je me dis que malgré tout, je fais partie de leur décor à défaut de leur communauté. J’envie un peu leur capacité à se retrouver jour après jour, à partager du temps et des émotions ensemble, à traverser la vie dans le joyeux brouhaha du groupe. D’un autre côté, je sais pour avoir recueilli quelques confidences au vol, que certaines embrassades sont des baisers de Judas, que bien des amitiés ont tourné court pour des histoires de fesses ou de bornage, qu’il y a dans toute cette humanité grouillante des inimités dont on hérite, génération après génération, des guerres de famille qui n’ont pas de fin. Et ma place d’observatrice me paraît soudain bien moins inconfortable.

Bien sûr, je me dis que cette distance que je n’ai pas franchement choisie ne doit pas beaucoup me protéger du ragot, grand sport à la mode dès qu’il y a trois humains qui se côtoient, mais au moins, cela ne trouve jamais assez d’intermédiaires pour revenir à mes oreilles. Parfois, l’ignorance protège. Je sais aussi que de ne pas laisser grand-chose filtrer de ma vie privée ne coupe pas la source d’inspiration des pipelettes, mais stimule leur imagination bien au contraire. Mais c’est le prix à payer pour être un humain parmi les humains. À la périphérie du groupe, mais tout de même pas l’extérieur. Pour l’instant.

Je sais que la gosse est populaire. La plupart des gamins de l’école la connaissent. Souvent, quand je fais mes courses, je ne suis pas interpellée par mes lecteurs, mais par leur enfant. Parce que je suis la mère de... Du coup, je me demande si elle a sa place dans le groupe. Si elle fait partie de la communauté du bled. Comme un trait d’union entre eux et moi. Une connexion avec ma propre humanité. Et mes congénères. Regardez, je suis comme vous, cette petite créature délicieuse est entrée dans ma vie il y a seulement cinq ans et c’est déjà comme si elle avait toujours existé, comme si tout a pris sens avec son arrivée.

Condition de l’Homme

Je les regarde donc tracer des diagonales sur le bitume, rire et s’étreindre et je me dis que chacun d’entre eux est capable du meilleur comme du pire. Ce n’est qu’une simple question de circonstances. Tant que tout va bien, que rien ne frustre cette abstraction tangible qu’est la communauté des hommes, il y a des fêtes, de l’entraide, des soirées plancha entre amis, des petits mots amicaux, des petits gestes pour rien. Mais que l’adversité survienne et bien des portes et des visages se fermeront. Je suis toujours pitée dans l’embrasure de cette fenêtre enrubannée de toiles d’araignées et je me demande combien, parmi tous ces gens souriants, pourraient se transformer en bourreaux implacables, combien, si un quelconque tribun appuyait sur le bon levier, iraient découper leurs amis d’hier, leurs voisins à coups de pioche. C’est bizarre ce qu’un peu d’altitude et d’attente peut faire survenir comme pensées insaisissables. Les barbares ne viennent jamais d’ailleurs. Ils vivent parmi nous. Ils sont en nous. Ils sont nous.

Que demain éclate une guerre civile et chacun d’entre nous sera sommé de se révéler, dans toute sa splendeur ou son hideux égoïsme. Je me dis, pour me rassurer, que la plupart d’entre nous choisiront probablement la fuite ou tout au moins une habile servilité et une totale soumission au vainqueur, quel qu’il soit, rentrant la tête entre les épaules et espérant que la tempête passera plus haut. Une très grosse minorité (à moins qu’il ne s’agisse d’une petite majorité) y verra de grandes opportunités pour sauver ses fesses et améliorer sa condition initiale et beaucoup seront volontaires pour les pires exactions. Parce que toujours dans le groupe finalement, noyés dans la masse, où l’expression du pire de chacun d’entre nous peut se diluer dans la masse de l’ignominie. C’est toujours dans ces spasmes violents de l’histoire que les comptes se règlent, que les ardoises se vident que les rancœurs secrètes s’exposent au grand jour. Je me demande ce que l’on me reprochera, alors, mais cela importe peu, il n’y a que le résultat qui compte.

Et puis, dans la tourmente, une poignée d’hommes et de femmes se grandiront bien au-delà de leur condition initiale. Ils feront le choix d’être des justes au cœur du chaos. Ils se mettront au service d’idéaux plus grands qu’eux, de la communauté des hommes qui ne leur sera même pas reconnaissante ensuite. Je regarde en contrebas et je me demande combien il peut y avoir de héros en gestation dans cette foule bourdonnante et joyeuse. Je me dis aussi qu’il m’arrive souvent de laisser mon esprit dériver bien loin de la réalité et du temps présent.

Que la fête commence !

Agnès Maillard

*Source:http://blog.monolecte.fr

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Vendredi 29 juin 2007

Lutte des classes : l’encombrant fantôme ?

par Léon sur http://www.agoravox.fr/

jeudi 28 juin 2007

"Depuis la victoire de N. Sarkozy et son camp, il se produit un phénomène étrange : non seulement la droite s’occupe, ce qui est normal, de ses propres affaires, mais, bizarrement, elle semble aussi se mêler de celles de la gauche, comme en témoignent ces multiples injonctions à se « moderniser » à « abandonner ses idées dépassées », à « mettre au placard ses vieilles idéologies ». Sommée, tantôt d’évoluer vers le blairisme, tantôt vers la social-démocratie, la gauche peut s’interroger sur cette étrange sollicitude... Et elle est légitimement fondée de se demander en quoi elle devrait donc se réformer pour faire plaisir à la droite ?


 

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par Sidérale publié dans : Sur L'Archipel Rouge
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Vendredi 29 juin 2007

Les maux de la justice sociale

Par http://www.inegalites.fr

Lutte contre la pauvreté, l’exclusion, les discriminations... Se polariser sur elles, n’est-ce pas s’exposer au risque d’oublier la question des inégalités dans son ensemble ? Une analyse de Patrick Savidan (Université de Paris-Sorbonne). Extrait du Hors Série de Télérama, "Quelle égalité voulons-nous ?".

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par Sidérale publié dans : Sur L'Archipel Rouge
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Mercredi 20 juin 2007

Pourquoi Nicolas Sarkozy NE PEUT PAS être victime de la "pensée unique"

Publié le 19 juin 2007
par dandi

Pourquoi Nicolas Sarkozy NE PEUT PAS être victime de la "pensée unique"

par Fabien Eloire:http://www.interdits.net

Lors de son meeting au Havre, le 30 mai, Nicolas Sarkozy a récidivé. Ce soir-là encore, comme durant toute la campagne présidentielle, il a longuement dénoncé la "pensée unique"

"Lors de son meeting au Havre, le 30 mai, Nicolas Sarkozy a récidivé. Ce soir-là encore, comme durant toute la campagne présidentielle, il a longuement dénoncé la "pensée unique", détournant ainsi le sens d’une expression qui désigne en fait les politiques néolibérales, et notamment le fait que "l’économique l’emporte sur le politique". Cette récupération sémantique est un nouveau brouillage des pistes : le nouveau président français procède en fait à un formidable réductionnisme en désignant comme "pensée unique" la multitude des "pensées contestataires" qui se développent partout, dans la société civile, en réaction à son programme politique. Il espère ainsi décrédibiliser, par avance, tous les mouvements de défense ou de progrès social, qui ne manqueront pas de se former pour lui faire barrage. Pour cette raison, une mise au point s’impose.

There is no alternative Pour revenir aux sources, il faut se référer à l’éditorial d’Ignacio Ramonet, paru dans Le Monde Diplomatique, en janvier 1995. Pour lui, la pensée unique s’agit de "la traduction en termes idéologiques à prétention universelle des intérêts d’un ensemble de forces économiques, celles, en particulier, du capital international". Il en énumère le principe fondamental : "l’économique l’emporte sur le politique". Puis en développe les concepts-clés : "le marché, et sa "main invisible" (…) ; la concurrence et la compétitivité (…) ; le libre-échange sans rivages (…) ; la mondialisation aussi bien de la production manufacturière que des flux financiers ; la division internationale du travail (…) ; la monnaie forte (…) ; la déréglementation ; la privatisation ; la libéralisation, etc. Toujours "moins d’Etat", un arbitrage constant en faveur des revenus du capital au détriment de ceux du travail. Et une indifférence à l’égard du coût écologique". Voici résumé, en peu de mots, le contenu des politiques néolibérales, celles-là même qui visent à créer, partout sur la planète, pour les besoins de la finance mondialisée, des conditions sociales et surtout économiques favorables à l’accumulation maximale et rapide de profits financiers . "La conséquence de ces politiques néolibérales est d’accroître les inégalités, rappelle l’économiste François Eymard-Duvernay. C’est ce que l’on observe effectivement depuis une vingtaine d’années aux Etats-Unis et en Europe. Mais leurs défenseurs considèrent que les inégalités sont un tribut inévitable à payer à l’efficience économique" (L’économie des conventions, tome 2, La Découverte, 2006). C’est ce caractère "inévitable" qui a suscité l’expression "pensée unique". Comme en écho, sans doute, à l’expression utilisée par Margaret Thatcher pour justifier la mise en place de sa politique de libre-échange dans les années 80 en Angleterre : "There is no alternative" (Il n’y a pas d’alternative). Cette vision évidemment contestable tire sa force d’un courant de pensée aujourd’hui hégémonique dans la science économique : la théorie néoclassique orthodoxe. Le grand intellectuel, économiste et philosophe, Cornélius Castoriadis a beau rappeler que "l’échafaudage scientifique de cette théorie s’est écroulé sous les coups des représentants, les meilleurs, de cette même "science" pendant la décennie 1930-1940" (Les Carrefours du labyrinthe, Fait et à faire, tome 5, Seuil, 1997), l’amnésie semble aujourd’hui à peu près totale tant dans les médias que chez les politiques…

Deux pensées uniques ? L’ancrage à gauche du Monde Diplomatique ne fait aucun doute. Ainsi, au moment où Ignacio Ramonet lance l’expression "pensée unique", celle-ci s’adresse bien à la conception de l’économie de la droite… mais aussi d’une certaine gauche qui a fini par en épouser l’idéologie, au nom du "pragmatisme" ou du "réalisme" (lire "à droite toute"). Et c’est là que les choses se compliquent, puisque, à droite aussi, on fustige une "pensée unique" en matière d’économie. Bien avant Nicolas Sarkozy, d’ailleurs. En mars 2001, lors d’un discours au Palais des sports de Paris, Philippe Séguin dénonce "cette pensée unique qui écrase tout, qui aplatit tout, qui conduit tant de gens censés à préférer dire des sottises plutôt que de prendre le risque d’être mis à l’index". Six ans plus tard, avec Nicolas Sarkozy, encore candidat, le ton n’a pas vraiment changé : "Je veux en finir avec le politiquement correct et avec la pensée unique, qui est le point de rencontre de tous les renoncements, de tous les sectarismes, de toutes les arrogances. Je veux en finir avec la pensée unique qui nous a mis dans la situation où nous sommes, qui s’est trompée sur tout, qui a échoué sur tout" (Villebon-sur-Yvette, 20 mars 2007). Il y aurait donc deux pensées uniques ! Une de droite. Une de gauche. Ce qui, comme l’indique Serge July "est somme toute rassurant", puisque, si "tout le monde ne pense pas de la même manière, (…) c’est sans doute la preuve qu’il n’y a pas de pensée vraiment unique" (édito sur RTL, 30 mai 2007). On peut rester à la surface des discours. On peut aussi s’intéresser à ce qu’ils dissimulent. Ignacio Ramonet a défini ce qu’il entend par "pensée unique". Pour lui, c’est un concept "partisan", certes, "idéologique", aussi, mais qui désigne une réalité concrète, largement partagée à gauche, par nombre d’intellectuels, journalistes ou chercheurs en sciences sociales. Ce n’est en rien un concept "creux", "flou" ou simplement "polémique". Alors, qu’en est-il à droite ? Dans le discours de Philippe Séguin, d’abord, "la pensée unique, c’est la pensée de la gauche". Attention, "pas la gauche qui, il y a quelques décennies, parlait encore de justice sociale, de générosité et de vraie solidarité", mais "les politiciens du parti socialiste et les intellectuels branchés qui se fichent pas mal de la justice sociale et de la solidarité nationale. (…) Une certaine gauche qui ne sait plus ce qu’est un ouvrier et pour laquelle le chômeur de longue durée n’est qu’un pauvre malheureux qui manque de flexibilité". Pour le coup, le ton est clairement polémique. Mais, ici, comme chez Ignacio Ramonet, on s’en prend à la politique néolibérale du PS. Et il semble bien que l’expression "pensée unique", chez Philippe Séguin, soit employée dans un sens finalement pas si différent de celui du Monde Diplomatique. Ce qui n’a rien d’étonnant puisque la droite n’est pas uniformément libérale, notamment celle qui tire son héritage du gaullisme social. En 2007, par exemple, le représentant de ce courant gaullien antilibéral de droite était incarné par Nicolas Dupont-Aignan, qui a renoncé à aller au bout de sa candidature…

Sarkozy : une rhétorique fourre-tout Le discours de Nicolas Sarkozy est bien plus ambigu. L’homme a su faire la synthèse des droites françaises. Au sein de son parti, le vote qui a conduit à son élection à la présidence de l’UMP a tourné au plébiscite. A l’extrême, son élection à la présidence de la République a été largement marquée par le report des voix du FN. Au centre, une majorité des députés UDF se sont d’ores et déjà ralliés à sa majorité gouvernementale. Cette synthèse a été réalisée au prix d’une rhétorique fourre-tout, particulièrement efficace sur la forme, mais dont les incohérences, sur le fond, ne résistent pas à une lecture un peu attentive. Florilège : d’après Nicolas Sarkozy, la pensée unique nous dit que "on ne peut rien contre la délinquance, c’est la société qui est comme ça", que "l’école ne peut pas apprendre à lire, à écrire, à compter à tous les enfants", que "la démocratisation du savoir c’est donner un diplôme à tout le monde", qu’il "ne faut rien changer à l’université, qu’il faut seulement lui donner plus de moyens", que "le chômage est inéluctable et que le plein emploi, ce n’est pas possible", qu’une "monnaie forte c’est bon pour l’économie et que de toutes façon c’est le marché qui décide du cours de la monnaie", que "le libre-échange, on ne peut pas y toucher. Il faut tout laisser passer, il ne faut même pas regarder ce qui passe", que "le capitalisme familial c’est fini, qu’il n’y a plus que le capitalisme financier", que "l’artisanat et le petit commerce, c’est fini", que "l’agriculture, c’est fini", que "les territoires ruraux, c’est fini". D’après lui, la pensée unique "s’accommode parfaitement du communautarisme et de la ségrégation", "du fait qu’il puisse y avoir d’un côté une petite élite qui a droit à tout, et de l’autre la grande masse de ceux qui ne sont même pas assez respectés pour qu’on les juge dignes de recevoir une culture et un savoir". La pensée unique "a décrété la fin de la vieille économie industrielle" (Lille, 28 mars 2007). En résumé, chez Nicolas Sarkozy, la "pensée unique", ce n’est ni un concept "flou", "creux", ou même "polémique", ce n’est même pas un concept ! C’est un grand "tout et n’importe quoi", très commode, puisqu’il y met ce qu’il veut, au gré de son humeur…

Guaino : l’éminence et la matière grises Comment expliquer qu’un tel discours, intrinsèquement contradictoire, et totalement démagogique, ait pu, non seulement, éclore, mais aussi tenir debout, avec l’efficacité que l’on sait ? La réponse est à chercher du côté d’Henri Guaino, la "plume" de Nicolas Sarkozy. A peu près inconnu avant cette campagne présidentielle, cet économiste, "intello de droite", d’après Le Figaro (26 février 2007) et ancien commissaire au Plan, n’en était, en fait, pas à ses premiers discours. En 1992, déjà, il rejoignait… Philippe Séguin : "Ensemble, ils bataillaient contre le traité de Maastricht et écrivaient ’Le discours sur la France’" (Le Figaro). Aujourd’hui, l’homme est au service d’un président fervent défenseur d’un "mini-traité européen" ! Les contradictions ne s’arrêtent pas là puisque, grâce à Henri Guaino, Nicolas Sarkozy peut affirmer que "depuis longtemps la pensée unique nous explique qu’une monnaie forte c’est bon pour l’économie et que de toute façon c’est le marché qui décide du cours de la monnaie. Eh bien ce n’est pas vrai !" Le Monde Diplomatique applaudirait ce discours s’il n’était purement rhétorique. En effet, comment compte faire le nouveau chef de l’État pour "repolitiser" la monnaie ? Sortir de l’euro et rétablir le franc ? Briser l’indépendance de la Banque Centrale Européenne (au risque de briser les relations franco-allemandes) ? Rien de tout cela n’est à l’ordre du jour.

La pensée unique, c’est toute forme d’opposition Au Havre, le 29 mai 2007, Nicolas Sarkozy s’est exclamé : "Je vois bien que la pensée unique est de retour. On la voit s’insinuer partout et s’opposer à tout (…). Elle s’oppose à la déduction du revenu imposable des intérêts d’emprunts contractés pour l’achat de sa résidence principale". Si l’on suit bien son raisonnement, la "pensée unique", c’est donc, tout simplement, la pensée qui s’oppose, quelle qu’elle soit, dans toute sa diversité et sa variété. François Fillon, premier ministre ne manque jamais de rappeler dans ses interventions publiques que le gouvernement est un "gouvernement d’ouverture" (au centre et à gauche), que les propositions qu’il fait sont celles qui ont permis à Nicolas Sarkozy de gagner "largement" les élections, que ce dernier est désormais "le président de tous les Français", que la seule légitimité qui vaille dans notre pays est celle issue des urnes, etc.

Ce discours, qui fustige ainsi la "pensée unique", apparaît donc avant tout comme un insistant rappel à l’ordre, un avertissement adressé au monde syndical, associatif, à la presse d’opinion, et aux mouvements sociaux en général. Un discours typiquement de droite, donc, qui, en réalité, ne fustige aucune "pensée unique". Mais qui, à travers cette seule expression habilement choisie, réussit, au contraire, le tour de force de désigner toutes les "pensées contestataires" qui se développent dans la société civile. Plurielles, inventives, modernes, jeunes, progressistes, ces pensées sont autant de réflexes d’autodéfense face à la politique néoconservatrice et socialement réactionnaire que le gouvernement se propose de (continuer à) mettre en œuvre.

Elles sont aussi, et surtout, les bases sur lesquelles la gauche pourrait trouver le souffle et l’inspiration nécessaires pour son indispensable régénération.


Espérons simplement qu’un grossier tour de passe-passe sémantique ne suffira pas à tout éteindre."

Fabien Eloire

*Source:http://www.interdits.net

par Sidérale publié dans : Sur L'Archipel Rouge
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Dimanche 17 juin 2007

"Ceux qui m’aiment prendront le train"

Publié le 16 juin 2007
par dandi

"Ceux qui m’aiment prendront le train"

Je devrais avoir honte d’accoler le titre de ce magnifique film de Chéreau au spectacle grand-guignolesque de cette candidate UMP , mais si la formule pouvait ôter à quelques uns l’envie de préserver leurs semelles du chemin des urnes...

Jugez vous-mêmes :

http://www.dailymotion.com/hdb_blog/video/x29s7h _appel-de-sylvie-noachovitch-aux-electeurs

par Sidérale publié dans : Sur L'Archipel Rouge
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Dimanche 17 juin 2007

"Ségolâtre" ?

Publié le 12 juin 2007
par dandi

En réponse à ceux qui justifient de taxer de "Ségolâtres" , terme on ne peut plus méprisant, ceux qui comme moi s’offusquent d’entendre encore de la part de ceux qui prétendent pourtant adhérer à ses choix politiques, des réflexions visant à remettre en question la compétence ou même la légitimité de Ségolène Royal telles que : "Son côté maîtresse d’école irrite" ; "sa syntaxe manque d’assurance" ; "elle ne maitrise pas tous les sujets" ; "son entêtement agace" ; "sa dureté inquiète" "sa froideur..." etc... Et je me garderai d’énumérer ici la longue procession de semonces concernant les détails de sa garde robe, ses postures corporelles etc...

Je répondrai :quel candidat aura eu à souffrir avant elle au sein du parti ce genre de passage au crible, cet examen si scrupuleux ,cette exigence si intransigeante pour ce qui concerne des considérations limitées à sa seule personne ? Lequel ??? Jamais nous n’aurons eu à entendre autant d’attaques sur la personne depuis que le candidat d’un parti majoritaire a été représenté par une femme !

Si les griefs avaient pour seule exigence de l’apostropher sur le terrain des idées, j’admettrais bien-sûr , sans nécessairement le partager, que certains justifient ici ou là de lui reprocher quelque insuffisance, erreur de stratégie etc...

Mais je compte encore une fois parmi les "illégitimes" militants, suspectés d’idolâtrie , parce que je refuse d’accepter ce traitement particulier dont fait l’objet Ségolène Royal , traitement particulier qu’elle doit essentiellement aux apriorismes de genre : "Le masculin est général, le féminin est particulier"

" Et tous les efforts de la candidate pour neutraliser cet « effet de genre » échouent et se noient dans l’infinie variété des commentaires des consommateurs. Il fut un temps où l’on disait : « le privé est politique ». Aujourd’hui, le politique est réduit au sentiment privé, au caprice individuel, au j’aime/ j’aime pas, au consumérisme et à la frivolité définitivement sexiste."

Enfin, je justifierai de la soutenir avec la plus grande véhémence, et peu importe la vraisemblance ou non des aspects contestés, à chaque fois que d’autres justifieront de l’attaquer sous des prétextes si léonins, inéquitables ! Est-ce que cela légitime de comparer mon soutien à de l’adoration ? Mon indocilité à admettre comme profitable ou d’un quelconque intérêt politique ce genre de vitupérations personnelles , fait-elle de moi une "Ségolâtre" ? Dans ce cas, ainsi soit-il... et que grand bien vous fasse !

J’ajouterai que le militantisme favorable à Ségolène Royal nous doit également l’avènement de cette étrange suffixation : "Ségo-lâtre" ! Existe t-il des Jospinlâtres ? Des Strausskahnlâtres ?...Bref !

Dandi

par Sidérale publié dans : Sur L'Archipel Rouge
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Dimanche 17 juin 2007

Redevenir durs

Publié le 15 juin 2007
par dandi

Redevenir durs

Par Comité de salut public :http://comite-de-salut-public.blogspot.com

"Bon, on va arrêter de se raconter des jolies histoires, ok ? A moins d’un miracle, dès demain soir on est partis pour 5 ans de Sarkozy. 5 Ans minimum. 5 ans de tapis de bombes antisociales, qui vont tenter de remettre à plat tout ce pourquoi on a lutté depuis des dizaines d’années, nous, nos anciens et ceux d’avant.

5 ans d’une société dure, âpre, injuste, inégalitaire et raciste. Et fière de l’être.

5 ans de droite « décomplexée », charmant euphémisme pour désigner la meute de Huns furieux qui ne raisonnent qu’en terme de rentabilité, de valeur-travail et de darwinisme social.

Déjà, on peut commencer à entendre les hurlements de victoire : ils sont à faible volume pour le moment, il explosera demain. Ce cri de victoire durera des années...

Car ils comprennent qu’au-delà de l’élection, c’est clairement la bataille idéologique qu’ils ont gagné. Oh, ils ont été bien aidés : les médias et les puissance d’argent ont choisi leur camp depuis toujours. Depuis 20 ans, et avec une accélération ces dernières années, c’est un tsunami idéologique que nous prenons tous les jours en pleine tronche. Et qui a déporté tout le pays vers une droite de plus en plus dure, féroce, qui ne laisse rien passer.

Et cette bataille est d’autant plus remportée que la sociale-democratie l’a suivie sur ce terrain. Cette « gauche » pitoyable qui vénère l’économie de marché et le drapeau tricolore...Cette « gauche » de toutes les capitulations, de tous les compromis...

Cette « gauche » qui, quel que soit le résultat demain, d’ailleurs, confirmera son virage droitier par « l’ouverture » au centre, tant il est vrai que les différences idéologiques entre le PS et l’UDF sont devenues microscopiques. Et ce virage est préparé depuis longtemps par un appareil qui ne se soucie même plus, et depuis longtemps, d’apparaître « socialiste » : se dire« social-démocrate » est tellement plus « moderne »...Crise idéologique, risque d’éclatement du PS ? Allons...quelques poignées de militants partiront, écoeurés. Le reste suivra comme un seul homme, et y compris l’aile gauche, qui espère encore pouvoir faire quelque chose de l’intérieur...Les naïfs.

Et nous ? Gens de gauche avec notre culture et notre histoire, nos valeurs ? Ne nous voilons pas la face : nous avons un genou à terre. La droite et ses alliés nous ont pilonnés, et la « gauche » qui trahit...nous a trahi. Et ce depuis...trop d’années. C’est vrai. Mais...

Nous devons reconnaître que nous avons commis une faute. Une faute gravissime.

Nous sommes devenus gentils.

Installés dans notre hauteur morale, nous nous sommes « indignés ». Fort de notre goût pour la culture, nous avons froncé le nez devant la vulgarité télévisuelle...en la regardant. Pas dupes un seul instant. Mais nous avons regardé...Obligés à de perpétuels compromis dans une société de consommation de masse, nous avons fini par avoir un pied dans nos convictions, et un autre dans un Apple Store. Je sais. A moins de vivre déconnectés du réel et de la population, des arrangements, des compromis, des atermoiements étaient nécessaires. Mais le résultat est là : par glissades successives, nos sommes devenus...gentils.

Respectables.

Polis.

Lissés.

« citoyens »... Alors qu’en face... Mais nous ne sommes pas comme eux, n’est-ce pas ? Nous sommes tellement...moraux. Nous avons tellement bonne conscience... Où bien...

Châtrés ?

Depuis des années maintenant, j’entends parler de « résistance » au néolibéralisme, de « citoyenneté », de « contre-pouvoirs »...et cela est fort bien, sans aucun doute. Mais il faut commencer à voir qu’à présent, ce n’est plus suffisant. Pas face aux barbares libéraux. Il faut retrouver la rage. La colère. Et la haine.

Oui, la haine. Et je n’ai aucun scrupule à employer ce mot. La haine du dominant et de l’exploiteur. La haine de la droite et de son arrogance. La haine du libéralisme et de ses propagandistes. Oh ! Mais je vois que vous êtes gênés...Vous n’aimez pas ce mot. C’est un peu trop, quand même...enfin pas assez, tu vois...La « haine » ...je sais pas... C’est bien ce que je disais. Vous êtes polis. Bien élevés. Et vous ne comprenez rien. Nous avons déjà un genou à terre. Dimanche soir, nous serons assommés, écoeurés, nous maudirons ce con de peuple, et nous aurons peur...Nous avons déjà peur, d’ailleurs. Depuis des mois. Des années, même. Et en face, ils la sentent, cette peur. Comme des chiens. Et ça les excite, ça les met dans tous leurs états, on les entends aboyer et claquer des mâchoires avant de se ruer pour la curée... Une curée qui durera des années. Vous pensez pouvoir tenir et résister en étant « dignes » et « citoyens » ?

Il y’aura des luttes. Des mobilisations et des mouvements sociaux. Nous y serons. Mais ça ne sera pas suffisant. Il faudra reconstruire une gauche de colère et de hargne. Une gauche de combat aussi acharnée et pugnace qu’est la droite, plus encore ! Puisque nous somme en minorité, il faudra être encore plus convaincus et déterminés, inébranlables dans nos buts, sans compromis dans ce que nous voulons. Et pas le temps d’échéances électorales, pas le temps d’une manif ou d’une lecture. Tout le temps. Pendant des années et des années. Tenir sur la distance, et se battre au quotidien.

Et se mettre dans la tête que désormais, c’est la guerre. Oui. La guerre. Idéologique, politique, culturelle, et peut-être même dans la rue, si un probable nouveau mai 68 nous tombe dessus. Vous n’aimez pas ce mot non plus ? Mais ce que nous subissons depuis des années, qu’est-ce que c’est d’autre ? Une guerre de la bourgeoisie, des dominants, contre nous, contres nos droits et nos acquis. Une lutte des classes à l’envers, pour les nantis et contre tous les autres. Une guerre totale et sur tous les fronts, une offensive globale des puissances d’argent et de pouvoir pour briser l’espoir et imposer un ordre marchand nouveau. Oui, c’est là où nous en sommes.

Alors, il ne suffit plus de résister. Il faut contre-attaquer. Il faut être dur, vindicatifs. Et sans pitié. Sinon, nous serons détruits.

Pour ceux qui doutent encore, ma réponse est simple. Nous n’avons plus le choix. Nous devons nous battre. Nous engager. Nous devons retrouver la rage. (et je suis certain que la droite va beaucoup nous y aider, dans les temps qui viennent...) Et maintenant, on choisit son camp. Pour/contre. Aussi simple que ça....

Ça commence maintenant.

Comité de salut public

*Source :http://comite-de-salut-public.blogspot.com

 [1]


[1] Commentaire choisi :

*14 juin 2007 , par Démocrypte

"Vous écrivez : Oui, la haine. Et je n’ai aucun scrupule à employer ce mot (...) Vous n’aimez pas ce mot.

En effet, je ne vois pas que la haine aide en quoi que se soit !

Vous écrivez : Et se mettre dans la tête que désormais, c’est la guerre. Oui. La guerre. Idéologique, politique, culturelle (...)

Là j’aime mieux ! La guerre, c’est tout autre chose que la haine. La guerre oblige à un usage raisonné de la "violence", et de définir la "violence" qu’il est légitime d’opposer aux violences qui sont faites par les tenants du pouvoir. Ils ont la "violence légitime" (la force de la loi) tant qu’ils respectent scrupuleusement la loi. S’ils violent la loi, leur pouvoir perd sa légitimité.

Et quelle est la "violence" légitime du travailleur ? C’est la grève, c’est-à-dire la violence légitime exercée contre la production, contre la richesse produite, sans laquelle ils ne sont rien.

Le problème est que le modèle de la "grève classique" (la grève générale) n’est plus approprié, car il correspond à un XIXe siècle, où la guerre consistait à jeter toute ses forces sur le coeur de l’armée adverse.

Aujourd’hui la guerre est d’une autre nature. Les connaître permet, dans bien des coins du monde, à faire que 4000 résistants parviennent à tenir en échec des armées surpuissantes, s’ils emploient les bonnes méthodes.La grève doit être réinventée comme la guerre l’a été.

Elle va impliquée un travail de petits groupes très autonomes capables de se constituer une audience collective, commune, (d’où l’importance d’Internet) qui donnera le maximum de retentissement à des actions brèves et légales : grève, boycott de marques et de produits, manifestations revendicatives, occupation symbolique, action en justice.

Comme toute guerre de guerilla, l’objectif premier sera de créer un rapport de disproportion entre les moyens mis en oeuvre pour réaliser ces actions et les moyens que devra mettre en oeuvre l’autorité pour les prévenir et s’y opposer efficacement. Comme une guerre de guerilla, il s’agira d’harceler, jusqu’à ce que l’autorité perdent son sang froid, et sorte du cadre légal et perde sa légitimité. Ce sont donc des pratiques de luttes, déjà largement expérimentées, qu’il faut valoriser et structurer pour en accroître l’efficacité.

Mais surtout, comme dans toute guerilla, où l’"aile militaire" dissimule le travail d’une "aile politique", il faut, à côté de l’aile militante "harselante" et qui mobilise toute l’attention du pouvoir, une aile "politique" qui, elle, se donne les moyens de construire au quotidien un autre rapport au politique.

En se fondant sur une critique de l’Etat, instrument périmé, incapable de protéger le citoyen face à la mondialisation, il faut une politique qui développe les solidarités qui réduisent les dommages liés à cette mondialisation. Et ces solidarités sont à inventer à partir de la conquête et de la "dénotabilisations" des collectivités territoriales. Celles-ci sont largement dominées par la gauche et les déceptions qu’engendrera la droite facilitera la conquète. Ce qu’il faut, c’est qu’au quotidien, elle oeuvre au service des citoyens, avec des élus qui restent en contact avec des populations."

par Sidérale publié dans : Sur L'Archipel Rouge
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