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Ancrage : Point d'ancrage, lieu (abstrait) de fixation














L'amour, dans l'anxiété douloureuse comme
dans le désir heureux, est l'exigence d'un tout.
Il ne naît, il ne subsiste que si une partie reste
à conquérir.
On n'aime que ce qu'on ne possède pas
tout entier.
Marcel Proust

Man Ray - Hand on lips

" Je vous vois et vous me voyez,
J'ai une certaine conception de vous et vous de moi.
Je vois votre comportement et vous le mien.
Mais je ne vois pas, je n'ai jamais vu et ne verrai jamais votre expérience de moi ;
Pas plus que vous ne pouvez voir mon expérience de vous.
Je ne peux pas faire l'expéreince de votre expérience, ni le contraire.
Nous sommes l'un(e) et l'autre des hommes/des femmes invisibles.
Tous les hommes sont invisibles les uns des autres."
 France Culture - Voyages en psychiatrie - Août 2006
Jeudi 3 mai 2007
"Je ne perds pas mes nerfs, je suis en colère, il y a des colères très saines (...) Je me révolte car j'ai gardé ma capacité de révolte intacte."
Ségolène Royal
Oui! Elle a eu raison de se révolter face au mensonge éhonté de son interlocuteur, concernant la scolarisation des enfants handicapés, d'exprimer avec fermeté son indignation, il n'a su lui opposer que le déni et le mépris. C'est bien connu les femmes s'énervent, elles ne revendiquent pas! Les femmes ont leurs humeurs, elles perdent les nerfs,... En bref..ne sont-elles pas hystériques?...
Voilà le mot latent, sous-entendu, dans sa réaction toute sexiste!
Chacun le sait les hommes ne perdent pas leurs nerfs c'est pour ça que la violence faite aux femmes est un sujet dont on ne parle guère!
Sauf en période électorale où comme il l'a dit si élégament "tout le monde rase gratis!"..."avec de grands discours creux"...
Merci de nous le rappeler Mr Sarkozy!
 J'aurai aimé Me Royal plus insicive encore dans sa conclusion, notament sur le nombre d'années de cotisation, sur les 35h, mais j'espère que vous avez entendu comme moi son insistance sur la différence d'espérance de vie entre les différentes catégories socio-professionnelles, suivant la pénibilité du travail exécuté qu'elle a souhaité mettre en exergue, elle ne veut pas passer au pilon le code du travail, elle!
Elle prône le syndicalisme et revendique le dialogue social.
 J'aurai aimé qu'elle lui pose des questions sur ses idées liées au déterminisme biologique (à ce sujet lire le portrait de Michel Onfray), sur les mesures visant à transformer internet en big brother, sur le budget alloué à la culture, sur ses propos qui vont à l'encontre de la laïcité républicaine voir cette pétition que je vous invite à lire et à signer :
http://leslumieresenheritage.unblog.fr

ou encore la menace d'interdiction émanant du ministère de l'intérieur envers un gratuit de la presse gay, "illico":

voir la lettre du ministère de l'intéieur,

http://v2.e-llico.com/img/courrier_minister_inter.pdf


par Sidérale publié dans : pour la VI ième République, Votez Ségolène Royal!
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Mercredi 2 mai 2007


Nouvelobs. com publie en exclusif une lettre dans laquelle Ségolène Royal , candidate socialiste à l'élection présidentielle, s'adresse aux Français :


"Ma lettre aux Français"

Nous voici dans la dernière ligne droite d’un grand et beau combat démocratique qui va décider de l’avenir et des valeurs de la France pour cinq ans et en réalité plus longtemps encore. Aujourd’hui, le choix se clarifie et c’est très bien ainsi. C’est un choix entre deux conceptions différentes de l’exercice du pouvoir, deux conceptions du redressement économique, social et écologique du pays, deux approches de l’Europe et du rôle de la France dans le monde.

Le désir de changement est vif et très largement partagé. Face à un système dépassé, injuste et inefficace, inefficace parce qu’injuste, une majorité de Françaises et les Français n’en peuvent plus et n’en veulent plus. L’exaspération est là, palpable, mais l’espérance aussi. Je veux y répondre en réformant profondément le pays mais sans brutalité et en rassemblant largement, au-delà des partis et des blocs, tous ceux qui veulent une France plus fraternelle et en même temps en prise sur son époque, capable d’en relever les défis, forte d’une confiance retrouvée et qui réconcilie l’efficacité économique et sociale. Trop de temps a été perdu, trop de cartes gâchées, trop d’inégalités creusées, trop d’inefficacité économique, trop de dette : il y a urgence. A chacun de prendre ses responsabilité s.

La France a choisi pour devise des valeurs universelles. La France n’est jamais aussi forte, aussi respectée, aussi aimée que quand elle porte haut et fort ce message de justice et quand elle en donne l’exemple chez elle. Quand ces valeurs sont malmenées, la France ne se reconnaît plus.

Je veux une France de liberté. Et la première des libertés, c’est celle de choisir et de conduire sa vie. Parce qu’on a un bon bagage éducatif de départ. Parce qu’on a un emploi qui permet de vivre dignement et de faire des projets. Parce qu’on conserve sa vie durant le goût d’apprendre et la possibilité de se former. Parce que les solidarités sont au service de cette liberté et de cette responsabilité individuelle. Je sais que nous sommes nombreux, très nombreux, à ne pas vouloir que notre pays soit transformé en laboratoire d’un berlusconisme tardif qui va s’aligner sur les postures de Georges Bush. Je sais que nous sommes nombreux, très nombreux à rejeter la confusion des pouvoirs, la mise au pas des contre-pouvoirs, la soumission au pouvoir de l’argent. Voilà pourquoi j’appelle au rassemblement de tous ceux qui ne veulent pas d’un Etat de droit au plus bas et d’un recul des libertés publiques.

Je veux une France de l’égalité des possibles, pas simplement formelle mais réelle. L’égalité républicaine, ce n’est pas tout le monde sous la toise, ce n’est pas l’uniformité. C’est le droit égal garanti à chacun qu’il pourra aller au bout de ses possibilités, grâce à la priorité donnée à l’Education, qu’il sera aidé quand il en aura besoin, qu’il lui faudra donner s’il a reçu car l’égalité des droits suppose l’égalité des devoirs. L’égalité républicaine, c’est l’assurance donnée à tous d’un traitement impartial, indifférent à la naissance, à l’origine, à la fortune, au carnet d’adresses. Ce n’est pas l’exonération des droits de succession pour les patrimoines les plus riches, cette restauration des privilèges héréditaires de la rente contre lesquels, jadis, le peuple français fit une Révolution. Ce n’est pas la promotion de quelques uns sous prétexte de discrimination positive, qui assigne à l’origine et masque mal l’abandon du plus grand nombre. Ce n’est pas la remise en cause de la loi de 1905 pour mettre les religions dans la politique et la politique dans les religions, ce n’est pas l’instrumentation des communautarismes et des clientélismes. Ce qui menace notre identité nationale, ce n’est pas l’immigration régulière, c’est la destruction de notre pacte républicain. Car il en va ainsi chez nous : quand la République s’affaisse, la France s’abaisse.

Je ne veux pas d’une France en proie au doute, tentée par le repli, s’abandonnant à la peur, affaiblie par ses divisions et impuissante à maîtriser son destin. Je veux une France de la fraternité, une France unie qui reprenne la main. Une France capable de changer sans se perdre. Une France capable de se réformer parce qu’au clair sur ses valeurs et forte de tous les siens. Sans la fraternité, la liberté et l’égalité se désaccordent. Voilà pourquoi j’appelle au rassemblement de tous les Républicains de progrès qui veulent, eux aussi, que la loi du plus juste l’emporte sur la loi du plus fort. Voilà pourquoi j’appelle au rassemblement de tous ceux qui ne veulent pas d’un pouvoir confisqué par un seul parti et soumis aux puissances de l’argent et aux injonctions du Medef et du CAC40.

L’Etat, spécialement en France où sa formation est ancienne, a préexisté à la démocratie. Il s’est construit dans des siècles où l’arbitraire était la règle et le droit l’exception. Depuis 1789, et malgré des retours en arrière, l’Etat a dû se plier au respect de la loi : le citoyen a peu à peu conquis des droits, l’anonymat et la brutalité de l’action publique ont dû laisser place à plus de transparence et de dialogue.

Mais notre Etat porte encore les stigmates des conditions de sa naissance et des habitudes d’un pouvoir sans frein. Qui ne voit que l’autorité judiciaire ne jouit pas encore de la pleine indépendance imaginée par Aristote et élaborée par Montesquieu ? Qui ne voit que les citoyens sont ravalés souvent encore à la condition subalterne d’administrés et ne parviennent ni à comprendre la logique des décisions qu’on leur impose, ni à faire valoir leur droit légitime dans les arcanes d’une administration qui les traite parfois en importuns ? Qui ne voit que la collusion des pouvoirs politiques et économiques bride l’indépendance de la presse et favorise les abus dans les nominations et les rémunérations comme on l’a vu à Airbus ? La droite porte la lourde responsabilité d’avoir aggravé la subordination de la justice, ignoré les citoyens et confondu l’intérêt public avec les intérêts privés.

Les Français veulent un Etat impartial et je veux le construire avec eux. Aujourd’hui, l’Etat n’est pas assez présent là où on a besoin de lui mais il est envahissant là où il multiplie sans raison les procédures et la bureaucratie, le maquis des aides et des démarches. Il est trop timide là où il devrait jouer son rôle d’entrainement et trop lointain là où il devrait être proche, à l’écoute, réactif. Il se trompe souvent quand il décide seul. Voilà pourquoi j’appelle au rassemblement de tous ceux qui veulent un Etat réformé avec des services publics efficaces, un Etat qui enraye la vertigineuse croissance d’une dette qui l’étouffe.

Je veux une France capable de vérité. Une France lucide sur ses points faibles, énergique sur ses points forts, capable d’anticiper les mutations nécessaires, de se mobiliser pour réinventer son avenir, d’investir dans l’éducation, la recherche et l’innovation, aujourd’hui paupérisées et sinistrées, dans la qualification et les emplois de qualité. Car c’est la seule réponse vraiment moderne aux transformations de l’économie mondialisée et de la compétition planétaire. Le projet coercitif de Nicolas Sarkozy se trompe d’époque et tire la France du mauvais côté de la nouvelle division internationale du travail. Il ne comprend pas l’efficacité économique du travail pour tous et du bien-être au travail. En disant aux uns de « travailler plus pour gagner plus » et en faisant peser sur les autres, ceux qui n’ont pas d’emploi, le soupçon de paresse et de fraude, il empêche la France de tirer parti de son principal atout, de son avantage concurrentiel le plus durable : son capital humain. Quel est ce projet de société où l’on ne pourrait pas s’en sortir dans le cadre de la durée légale du travail ? Ce qu’une vision archaïque ne cesse de disjoindre et d’opposer – la performance économique, la performance sociale, la performance écologique – je veux au contraire le lier solidement ensemble car c’est ainsi que la France se relèvera, misera sur les activités et les emplois de demain. L’économique d’un côté, le social de l’autre, l’écologique à part, cela ne marche pas, cela ne marche plus. Personne n’a jamais réussi à restaurer la compétitivité française, stimuler la créativité, l’inventivité, la réactivité économiques dont nous avons besoin en écrasant, en méprisant, en traitant mal les salariés producteurs de richesses. Ce modèle est inefficace, comme le prouve la situation actuelle, car l’avenir de la France, ce sont des productions à forte valeur ajoutée, des services de qualité donc des salariés qualifiés, motivés, engagés dans leur travail. Je veux, avec les PME construire une nouvelle donne qui leur permettra de réussir, de se développer, de conquérir les marchés. En un mot, de réconcilier la France avec les entreprises.

Il faut un regard neuf sur l’économie du XXIème siècle et, pour tirer parti de nos atouts, de nouvelles règles du jeu. Il nous faut inventer et mettre en place les nouvelles sécurités qui ne seront pas l’ennemie mais la condition de la prise de risque et de l’agilité nécessaire dans la « grande transformation » du temps qui est le nôtre. L’Etat sera garant de ce nouveau compromis social et du nouveau dialogue qui, arrachant la France à l’archaïsme de ses relations de travail, fondera enfin dans notre pays une démocratie sociale facteur de réussite économique.

Le pays a besoin d’oxygène. Voilà pourquoi la nouvelle République que je veux bâtir avec tous repose sur quatre piliers à mes yeux indissociables : une démocratie représentative rééquilibrée, une démocratie participative vivante, une démocratie sociale forte d’un syndicalisme de masse et une démocratie territoriale où chaque échelon de la puissance publique sait, sans doublons, ce qu’il a à faire.

La voix de la France dans le monde a faibli. Sa place en Europe, comme inspiratrice de sa construction et garante d’un juste équilibre entre développement économique et progrès social, est contestée. Avec moi, elle retrouvera son rang et son influence, elle défendra ses intérêts sans crispation ni arrogance, en recherchant toujours des compromis dynamiques et les solutions les meilleures pour elle comme pour nos partenaires.

L’Europe est en panne institutionnelle et en panne d’idéal, en mal de projet. Où va l’Europe ? A quoi sert la construction européenne ? C’est parce que depuis trop longtemps nous n’avons pas su répondre à ces questions, qu’une majorité de nos concitoyens ont dit non il y a deux ans. Je ramènerai la France à la table de l’Europe, parce que c’est ensemble, avec tous nos partenaires, anciens et récents, que nous préparerons le plus efficacement l’avenir. Je veux une Europe de la connaissance, où les étudiants et les chercheurs échangent, travaillent ensemble, voyagent, coopèrent. Je veux une Europe de l’excellence écologique. Je veux une Europe qui comprenne que l’efficacité économique et le respect des salariés ne vont pas l’une sans l’autre. Je veux une Europe qui protège ses emplois, non pas de façon conservatrice et statique, mais en innovant, en se projetant dans l’avenir, en construisant les industries et les services de demain. Je veux une Europe où les salariés seront sécurisés, mieux formés, mieux rémunérés. Je veux enfin une Europe qui pèse dans la mondialisation, une Europe qui porte par ses actes un message de développement économique et humain, d’égalité entre les hommes et de paix entre les peuples. L’Europe doit se tourner vers l’Afrique pour l’aider à s’arracher à la pauvreté, vers l’Amérique latine où elle est attendue, vers l’Asie où sont les nouvelles grandes puissances économiques et politiques. Elle doit trouver un juste équilibre dans ses relations avec les Etats-Unis, pays ami et allié, et l’amener à renoncer à l’unilatéralisme et à accepter la nécessité du développement durable.


Cette France neuve, ce vote d’audace pour un changement serein mais garanti, c’est celui d’une France Présidente qui avance parce que chacun et chacune est appelé à donner le meilleur de lui- même."


Ségolène Royal
par Sidérale publié dans : pour la VI ième République, Votez Ségolène Royal!
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Mardi 1 mai 2007


LA COORDINATION LESBIENNE EN FRANCE (C.L.F.)

APPELLE À NE PAS S’ABSTENIR ET À VOTER SÉGOLÈNE ROYAL

 

    Le 6 mai 2007, nous serons confronté/es à un choix décisif qui engagera la France pour cinq ans.

    Pour les associations lesbiennes il n’y a aucun doute que Ségolène Royal incarne le mieux nos valeurs de justice, d’harmonie dans la fermeté, d’encadrement des désordres de l’ultralibéralisme, de changement pour une République laïque plus démocratique et représentative des Français, plus respectueuse des droits des femmes et des volontés de la population.

    Par ailleurs, et ce n’est pas le moindre des arguments pour nous, seule Ségolène Royal s’est déclarée clairement pour l’égalité des droits entre homosexuel/les et hétérosexuel/les, y compris pour les couples.

 

Pour toutes ces raisons, nous vous appelons à ne pas vous abstenir et à voter Ségolène Royal le 6 mai prochain.

 

http://www.coordinationlesbienne.org/spip.php?article632

http://www.desirsdavenir.org/

 

Rejoignez le comité de soutien à Ségolène Royal en répondant par mail à :

contact@coordinationlesbienne

ou par courrier à : CLF – 22 rue de Plaisance – 75014 PARIS
par Sidérale publié dans : pour la VI ième République, Votez Ségolène Royal!
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Lundi 30 avril 2007
Edifiant et terrifiant, n'est-ce pas?...que ce texte!
Pour le débat prévu prochainement, l'image de St Michel me traverse l'esprit...Par la foi en ses nobles convictions, par cette force qui l'anime Ségolène saura terrasser le dragon!

Texte de Michel Onfray (Philosophe):
Portrait de Nicolas Sarkozy, acte 1.
De Boston (U.S.A.) mardi 3 avril, 16h00 heure locale.

La revue Philosophie magazine m'a demandé si, sur le principe,
j'acceptais
de rencontrer l'un des candidats à la présidentielle pour le
questionner
sur son programme culturel, son rapport aux choses de l'esprit ou sa
relation à la philosophie. Dans la foulée de mon consentement, la
rédaction
m'a rappelé en me demandant si j'avais une objection contre Nicolas
Sarkozy. Pas plus avec lui qu'avec un autre, j'aurais même consenti à
Jean-Marie Le Pen tant l'approche de l'un de ces animaux politiques
m'intéressait comme on visite un zoo ou un musée des horreurs dans une
faculté de médecine. Ce fut donc Nicolas Sarkozy.
Il me paraît assez probable que son temps passé - donc perduŠ- avec
Doc
Gynéco ou Johnny Hallyday le dispensait de connaître un peu mon
travail,
même de loin. Je comptais sur la fiche des renseignements généraux et
les
notes de collaborateurs. De fait, les porte plumes avaient fait au
plus
rapide : en l'occurrence la copie de mon blog consacrée à son auguste
personne. Pour mémoire, son titre était : Les habits de grand- mère
Sarkozy
- j'y montrais combien le candidat officiel drapait ses poils de loup
dans
une capeline républicaine bien inédite Š
Je me trouvais donc dans l'antichambre du bureau de la fameuse grand
mère
Sarkozy, place Beauvau, en compagnie de deux compères de la rédaction
de la
revue et d'un photographe qui n'en revenaient pas de se retrouver dans
cette géographie de tous les coups fourrés de la République. Epicentre
de
la stratégie et de la tactique politique policière, espace du cynisme
en
acte, officine du machiavélisme en or d'Etat, et portraits des figures
disciplinaires de l'histoire de France représentées en médaillons
d'austères sinistres.
Arrivée du Ministre de l'intérieur avec un quart d'heure d'avance, il
est
17h00 ce mardi 20 février. Début houleux. Agressivité de sa part. Il
tourne
dans la cage, regarde, jauge, juge, apprécie la situation. Grand fauve
blessé, il a lu mes pages de blog et me toise - bien qu'assis dans un
fauteuil près de la cheminée. Il a les jambes croisées, l'une d'entre
elles
est animée d'un incessant mouvement de nervosité, le pied n'arrête pas
de
bouger. Il tient un cigare fin et long, étrange module assez féminin.
Chemise ouverte, pas de cravate, bijoux en or, bracelet d'adolescent
au
poignet, cadeau de son fils probablement. Plus il en rajoute dans la
nervosité, plus j'exhibe mon calme.
Premier coup de patte, toutes griffes dehors, puis deuxième,
troisième, il
n'arrête plus, se lâche, agresse, tape, cogne, parle tout seul, débit
impossible à contenir ou à canaliser. Une, deux, dix, vingt phrases
autistes. Le directeur de cabinet et le porte-plume regardent et
écoutent,
impassibles. On les imagine capables d'assister à un interrogatoire
musclé
arborant le même masque, celui des gens de pouvoir qui observent
comment on
meurt en direct et ne bronchent pas. Le spectacle des combats de
gladiateurs.
Je sens l'air glacial que transportent avec eux ceux qui, d'un geste
du
pouce, tuent ou épargnent. Poursuite du monologue. Logorrhée
interminable.
Vacheries lancées comme le jet de fiel d'une bile malade ou comme un
venin
pulsé par le projet du meurtre. Hâbleur, provocateur, sûr de lui en
excitant l'adversaire à se battre, il affirme en substance : « Alors,
on
vient voir le grand démagogue alors qu'on n'est rien du tout et, en
plus,
on vient se jeter dans la gueule du loupŠ » !
Je fais une phrase. Elle est pulvérisée, détruite, cassée, interdite,
morcelée : encore du cynisme sans élégance, toujours des phrases dont
on
sent qu'il les souhaiterait plus dangereuses, plus mortelles sans
parvenir
à trouver le coup fatal. La haine ne trouve pas d'autre chemin que
dans
cette série d'aveux de blessure. J'avance une autre phrase. Même
traitement, flots de verbes, flux de mots, jets d'acides. Une
troisième.
Idem. Je commence à trouver la crise un peu longue. De toute façon
démesurée, disproportionnée.Si l'on veut être Président de la
République,
si l'on s'y prépare depuis le berceau, si l'on souhaite présider les
destinées d'un pays deux fois millénaires et jouer dans la cour des
grands
fauves de la planète, si l'on se prépare à disposer du feu nucléaire,
si
l'on s'expose depuis des années en s'invitant tous les jours dans les
informations de toutes les presses, écrites, parlées, photographiées,
numérisées, si l'on mène sa vie publique comme une vie privée, et vice
versa, si l'on aspire à devenir le chef des armées, si l'on doit un
jour
garantir l'Etat, la Nation, la République, la Constitution, si, si,
si,
alors comment peut on réagir comme un animal blessé à mort, comme une
bête
souffrante, alors qu'on a juste à reprocher à son interlocuteur un
blog
confidentiel peu amène , certes, mais inoffensif ?
Car je n'ai contre moi, pour justifier ce traitement disproportionné ,
que
d'avoir signalé dans une poignée de feuillets sur un blog , que le
candidat
aux présidentielles me semblait très récemment et fort fraîchement
converti
à De Gaulle, au gaullisme, à la Nation, à la République, que ses
citations
de Jaurès et Blum apparaissaient fort opportunément dans un trajet
d'une
trentaine d'années au cours desquelles ces grands noms étaient
introuvables
dans ses interventions , questions qui, au demeurant, rendaient
possible un
débat, et que c'était d'ailleurs pour ces raisons que nous étions là,
Alexandre Lacroix, Nicolas Truong et moiŠ.
Cette colère ne fut stoppée que par l'incidence d'une sonnerie de
téléphone
portable qui le fit s'éloigner dans la pièce d'à côté. Tout en se
déplaçant, il répondait avec une voix douce, tendre, très affectueuse,
avec
des mots doux destinés très probablement à l'un de ses enfants. Le
fauve
déchaîné tout seul devenait un félin de salon ronronnant de manière
domestique. En l'absence du ministre, je m'ouvre à mes deux comparses
en
présence des deux siens et leur dit que je ne suis pas venu pour ce genre de happening hystérique et que j'envisage de quitter la place séance tenante
J'étais venu en adversaire politique, certes, la chose me paraissait entendue, et d'ailleurs plutôt publique, mais ceci n'excluait pas un débat sur le fond que je souhaitais et que j'avais préparé en apportant quatre livres enveloppés dans du papier cadeau ! Quiconque a lu Marcel Mauss sait
qu'un don contraint à un contre don et j'attendais quelque chose d'inédit dans ce potlatch de primitifs post-modernes
Vaguement liquéfié, et sibyllin, le tandem de l'équipe de Philosophie magazine voyant leur scoop s'évaporer dans les vapeurs du bureau propose,
dès le retour du Ministre, que nous passions à autre chose et que j'offre mes cadeaux Je refuse en disant que les conditions ne sont pas réunies pour ce genre de geste et que, dans tous les sens du terme, il ne s'agit plus de se faire de cadeaux.
« Passons alors à des questions ? A un débat ? Essayons d'échanger ? »
tentent Alexandre Lacroix et Nicolas Truong. Essais, ébauche. En tiers bien à la peine, ils reprennent leurs feuilles et lancent deux ou trois sujets.
La vitesse de la violence du ministre est moindre, certes, mais le registre demeure : colère froide en lieu et place de la colère incandescente,mais colère tout de même.
Sur de Gaulle et le gaullisme récent, sur la Nation et la République en vedettes américaines - disons le comme ça- de son discours d'investiture , sur la confiscation des grands noms de gauche, sur l'Atlantisme ancien du candidat et son incompatibilité avec la doctrine gaullienne, le débat ne
prend pas plus . Il m'interpelle : « quelle est ma légitimité pour poser de pareilles questions ? Quels sont mes brevets de gaullisme à moi qui parle de la sorte ? Quelle arrogance me permet de croire que Guy Môcquet appartient plus à la gauche qu'à la France ? ». Donc à lui
Pas d'échanges, mais une machine performante à récuser les questions pour éviter la franche confrontation. Cet homme prend toute opposition de doctrine pour une récusation de sa personne. Je pressens que, de fait,la
clé du personnage pourrait bien être dans l'affirmation d'autant plus massive de sa subjectivité qu'elle est fragile, incertaine, à conquérir encore. La force affichée masque mal la faiblesse viscérale et vécue.Aux sommets de la République, autrement dit dans la cage des grands fauves
politiques, on ne trouve semble-t-il qu'impuissants sur eux-mêmes et qui,pour cette même raison, aspirent à la puissance sur les autres. Je me sens soudain Sénèque assis dans le salon de NéronŠHabilement, les deux compères
tâchent de reprendre le cours des choses, d'accéder un peu aux commandes de ce débat qui n'a pas eu lieu et qui, pour l'instant, leur échappe totalement. De fait, l'ensemble de cette première demi-heure se réduisait à la théâtralisation hystérique d'un être perdu corps et âme dans une danse
de mort autour d'une victime émissaire qui assiste à la scène pendant que, de part et d'autre des deux camps, deux fois deux hommes assistent, impuissants, à cette scène primitive du chef de horde possédé par les esprits de la guerre. Grand moment de transe chamanique dans le bureau d'un Ministre de l'intérieur aspirant aux fonctions suprêmes de la République! Odeurs de sang et de remugles primitifs, traces de bile et de fiel,le sol ressemble à la terre battue jonchées d'immondices après unecérémonievaudoue
Tout bascule quand nous entamons une discussion sur la responsabilité,donc la liberté, donc la culpabilité, donc les fondements de la logique disciplinaire : la sienne . Nicolas Sarkozy parle d'une visite faite à laprison des femmes de Rennes. Nous avons laissé la politique derrière nous.
Dès lors, il ne sera plus le même homme. Devenant homme, justement,autrement dit débarrassé des oripeaux de son métier, il fait le geste d'un poing serré porté à son côté droit du ventre et parle du mal comme d'une chose visible, dans le corps, dans la chair, dans les viscères de
l'être.
Je crois comprendre qu'il pense que le mal existe comme une entité séparée,claire, métaphysique, objectivable, à la manière d'une tumeur, sans aucune relation avec le social, la société, la politique, les conditions historiques. Je le questionne pour vérifier mon intuition : de fait,il pense que nous naissons bons ou mauvais et que, quoi qu'il arrive,
quoi qu'on fasse, tout est déjà réglé par la nature.
A ce moment, je perçois là la métaphysique de droite, la pensée de droite,l'ontologie de droite : l'existence d'idées pures sans relations avec le monde. Le Mal, le Bien, les Bons, les Méchants, et l'on peut ainsi continuer : les Courageux, les Fainéants, les Travailleurs, les Assistés,
un genre de théâtre sur lequel chacun joue son rôle, écrit bien en amont par un Destin qui organise tout. Un Destin ou Dieu si l'on veut. Ainsi le Gendarme, le Policier, le Juge, le Soldat, le Militaire et, en face,le Criminel, le Délinquant, le Contrevenant, l'Ennemi. Logique de guerre qui interdit toute paix possible un jour.
Dès lors, ne cherchons pas plus loin, chacun doit faire ce pour quoi il a été destiné : le Ministre de l'Intérieur effectue son travail, le Violeur le sien, et il en va d'une répartition providentielle (au sens théologique du terme) de ces rôles. Où l'on voit comment la pensée de droite s'articule à merveille avec l'outillage métaphysique chrétien : la faute, la pureté, le péché, la grâce, la culpabilité, la moralité, les bons, les méchants, le bien, le mal, la punition, la réparation, la damnation, la rédemption,l'enfer, le paradis, la prison, la légion d'honneur, etc.
J'avance l'idée inverse : on ne choisit pas, d'ailleurs on a peu le choix,car les déterminismes sont puissants, divers, multiples. On ne naît pas ce que l'on est, on le devient. Il rechigne et refuse. Et les déterminismes biologiques, psychiques, politiques, économiques, historiques,
géographiques ? Rien n'y fait. Il affirme : « J'inclinerais pour ma part à penser qu'on naît pédophile, et c'est d'ailleurs un problème que nous ne
sachions soigner cette pathologie-là. Il y a 1200 ou 1300 jeunes qui se suicident en France chaque année, ce n'est pas parce que leurs parents s'en sont mal occupés ! Mais parce que génétiquement ils avaient une fragilité, une douleur préalable. Prenez les fumeurs : certains développent un cancer, d'autres non. Les premiers ont une faiblesse physiologique héréditaire. Les circonstances ne font pas tout, la part de l'inné est immense ». « Génétiquement » : une position intellectuelle tellement
répandue outre-Atlantique !
La génétique, l'inné, contre le social et l'acquis ! Les vieilles
lignes de partage entre l'individu responsable de tout, la société de rien qui caractérise la droite, ou la société coupable de tout, l'individu de rien,
qui constitue la scie musicale de la gauche Š Laissons de côté la théorie.
Je passe à l'exemple pour mieux tâcher de montrer que le tout génétique est une impasse autant que le tout social. Face à cet aveu de lieu commun intellectuel, je retrouve naturellement les techniques socratiques du
lycée pour interpeller, inquiéter et arrêter l'esprit, capter l'attention de mon interlocuteur qui, de fait, semble réellement désireux d'avancer sur ce sujet.J'argumente : Lui dont chacun sait l'hétérosexualité - elle fut
amplement montrée sur papier couché, sinon couchée sur papier montré-,
a-t-il eu le choix un jour entre son mode de sexualité et un autre ? Se souvient-il du moment où il a essayé l'homosexualité, la pédophilie,la zoophilie, la nécrophilie afin de décider ce qui lui convenait le mieux et d'opter, finalement, et en connaissance de cause, pour l'hétérosexualité ?
Non bien sûr. Car la forme prise par sa sexualité est affaire non pas de choix ou de génétique, mais de genèse existentielle. Si nous avions le choix, aucun pédophile ne choisirait de l'être
L'argument le stoppe. Il me semble qu'à partir de ce moment, le candidat
aux présidentielles, le ministre de l'intérieur, l'animal politique haut de gamme laisse le pas à l'homme, fragile, inquiet, ostensiblement hâbleur devant les intellectuels, écartant d'un geste qui peut être méprisant le propos qui en appelle aux choses de l'esprit, à la philosophie, mais
finalement trop fragile pour s'accorder le luxe d'une introspection ou se mettre à la tâche socratique sans craindre de trouver dans cette boîte noire l'effroyable cadavre de son enfance.
Dans la conversation, il confie qu'il n'a jamais rien entendu d'aussi absurde que la phrase de Socrate « Connais-toi toi-même ». Cet aveu me glace - pour lui. Et pour ce qu'il dit ainsi de lui en affirmant pareille chose. Cet homme tient donc pour vain, nul, impossible la connaissance de soi ? Autrement dit, cet aspirant à la conduite des destinées de la nation française croit qu'un savoir sur soi est une entreprise vaine ? Je tremble à l'idée que, de fait, les fragilités psychiques au plus haut sommet de l'Etat, puissent gouverner celui qui règne !
Lors de sa parution, j'avais lu Le pouvoir et la vie de Valéry Giscard d'Estaing qui racontait ses crises d'angoisse, ses inhibitions le paralysant dans son véhicule militaire de parade le 14 juillet sur les Champs Elysées, ses prétextes pour quitter le conseil des ministres afin de subir une injection de calmant, son désir de se faire psychanalyser
(par Lacan !) pendant son septennat, etc. Je me souvenais de confidences faites par tel ami bien informé sur l'état psychique fort peu reluisant de Jacques Chirac après la dissolution et sur le type de traitement psy qu'il suivait
à cette époque. Je me rappelais la fin d'un François Mitterrand , entre voyantes et reliques de sainte Thérèse, invocations des forces de l' esprit, croyance en l' au-delà et abandon aux médecines de perlimpinpin.
Et je voyais là, dans le regard devenu calme du fauve épuisé par saviolence, un vide d'homme perdu qui, hors politique, se défie des questions car il redoute les réponses, et qui, dès qu'il sort de son savoir faire politicien, craint les interrogations existentielles et philosophiques
car il appréhende ce qu'elles pourraient lui découvrir de lui qui court tout le temps pour n'avoir pas à s'arrêter sur lui-même. Les soixante minutes techniquement consenties s'étaient allongées
d'une trentaine d'autres. Les deux rôles en costumes qui le flanquaient jouaient le sablier. Je trouvais l'heure venue pour offrir mes cadeaux. Au ministre de l'intérieur adepte des solutions disciplinaires :Surveiller et punir de
Michel Foucault ; au catholique qui confesse que, de temps en temps,lamesse en famille l'apaise : L'Antéchrist de Nietzsche ; pour le meurtre du père, le chef de la horde primitive : Totem et tabou de Freud ; pour le libéral qui écrit que l'antilibéralisme c'est « l'autre nom du communisme »( il dit n'avoir pas dit ça, je sors mes notes et précise le livre, la page) : Qu'est-ce que la propriété ? de Proudhon. Comme un enfant un soir de Noël, il déchire avidement. Il ajoute : « j'aime bien les cadeaux».
Puis:« Mais je vais donc être obligé de vous en faire alors?»
Comme prévu.Dans l'entrebâillement de la porte de son bureau, la tension est tombée.Qui prend l'initiative de dire que la rencontre se termine mieux qu'elle n'a commencé ? Je ne sais plus. Il commente : « Normal, on est deux bêtes chacun dans notre genre, non ? Il faut que ça se renifle des bêtes comme ça ». Je suis sidéré du registre : l'animalité, l'olfaction,l'odorat. Le
degré zéro de l'humanité donc. Je le plains plus encore. Je conçois que Socrate le plongerait dans des abîmes dont il ne reviendrait pas Du moins: dont l'homme politique ne reviendrait pas. Ou, disons le autrement :dont l'homme politique reviendrait, certes, mais en ayant laissé derrière
lui sa défroque politique pour devenir enfin un homme.(A suivre...)
par Sidérale publié dans : pour la VI ième République, Votez Ségolène Royal!
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Lundi 30 avril 2007
Jour J – 6 : ce matin j'ai mis des draps roses
Message de in-folio le Date à 30/04/07 11:58

Ce matin j’ai mis des draps roses. De jolis draps chamarrés, avec de grosses fleurs mauves et bleues sur fond rose vif, vous voyez le genre ? Un peu style hippy, mai 68, quoi !

MAI 68 ! ? Comment, vous ne le saviez pas ? Ces mots sont désormais interdits ! La commission de surveillance de la langue française et des expressions populaires vient de mettre à l’index les mots suivants : mai, 68, hippy.

Sont également interdits : mlf, contraception, pilule, avortement, union libre, radio libre, manifestation, pavé.

Passent prochainement en commission : abolition de la peine de mort, liberté d’expression, liberté de la presse, liberté tout court, égalité, fraternité.

Le mot résistance, d’abord supprimé, a été réintroduit à cause de sa connotation historique incontournable et ses liens avec le Général de Gaulle, béatifié depuis peu.

Le prénom de Marie-Jeanne n’est plus autorisé, car il donne lieu à interprétation frauduleuse.

Sont obligatoires les mots suivants : crs, ordre, forces de l’ordre, police, contrôle d’identité, racaille karchérisée, sarko über alles, in god we trust.

La commission de surveillance des comportements vient d’interdire l’homosexualité, le naturisme, l’athéisme, l’altermondialisme.

L’utilisation d’Internet est réservée aux seules personnes accréditées et le téléphone est sur écoute 24H/24. Il est par contre obligatoire de regarder tf1 au moins une heure par jour.

Tout manquement aux règles établies sera puni de fortes amendes, puis de bannissement définitif en cas de récidive.

Selon la loi, tout ce qui n’est pas interdit est obligatoire.

A ce moment précis, mon radio-réveil s’est mis en marche et j’ai entendu avec délectation la chronique de Guy Carlier sur France Inter, suivie des infos : Mme Royal, en voyage présidentiel, se rend aux USA pour rencontrer Mme Hillary Clinton récemment élue …

Ouf, j’ai eu vraiment peur ! Vive Ségolène Royal, notre Présidente !

Tous pour une, une pour tous.
par Sidérale publié dans : pour la VI ième République, Votez Ségolène Royal!
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Lundi 30 avril 2007

Jean-Louis BIANCO

D'abord, dès le mardi, donc dès demain un grand concert qui a été proposé par toute une série d'artistes et de chanteurs, concert meeting, bien entendu, il s'agit à la fois d'entendre de la musique, de faire la fête mais aussi de faire de la politique et il y aura des témoignages de gens comme Yannick NOAH, comme DISIZ LA PESTE, comme TETES RAIDES, comme TELEPHONE, comme Georges MOUSTAKI, il y aura toutes les générations, qui ont proposé de faire quelque chose, parce qu'ils veulent s'engager, pas seulement en chantant, mais aussi en parlant et je crois que ce sera un grand moment de bonheur et d'engagement, et puis bien sûr nous aurons ce débat, nous aurons notre dernier grand meeting, à Lille, jeudi en présence de Jacques DELORS qui s'y exprimera et vous avez noté le soutien qu'il a apporté à Ségolène ROYAL , dans LE JOURNAL DU DIMANCHE de ce matin, en des termes qui sont, pour qui connaît Jacques DELORS, très typique de Jacques DELORS. Il a dit les choses comme il le pensait, il a dit que sur l'économie il était d'accord avec Ségolène ROYAL , et il a dit aussi qu'elle avait les qualités qui lui semblaient requises pour Ségolène ROYAL , pour être présidente de la République. Un autre témoignage aussi, que je voulais évoquer, parce qu'on en a trop peu parlé, Jean-Marcel JEANNENEY, trois fois ministre du Général de GAULLE qui lui a écrit une lettre magnifique. « Je suis un vieux monsieur et j'ai reconnu en vous des qualités, l'amour de la patrie, la capacité d'écouter le peuple, la volonté que l'Etat soit à la fois fort et modeste, qui me font voter pour vous. »

Jean-Pierre ELKABBACH

Vous la connaissez par cœur ?

Jean-Louis BIANCO

Je l'ai trouvée tellement belle, que je l'ai relue avant de venir.

par Sidérale publié dans : pour la VI ième République, Votez Ségolène Royal!
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Lundi 30 avril 2007

Extrait d'un discours de Paul Lafargue, prononcé à Fourmies le 18 Avril 1891.


" Puis Lafargue appelle à la mobilisation pour le premier mai : " le nombre des manifestants du 1er mai 1890 a surpris les organisateurs eux-mêmes. Cette année, la manifestation sera bien autrement importante. Et dans beaucoup d'endroits, les ouvriers s'imposeront ensuite d'eux-mêmes le travail de 8 heures, en dépit des patrons. Il ne faut, dit-il, songer à retourner en arrière en brisant les machines ! Autrefois les ouvriers industriels n'avaient qu'un maître, qui pouvait être humain, aujourd'hui les manufactures sont aux mains d'actionnaires auxquels il faut donner de forts dividendes au prix des sueurs ouvrières, il faut que les ouvriers deviennent leurs propres maîtres pour avoir le profit de leur travail. Le travail industriel tel qu'il est imposé détruit notre race. Il faut enrayer le rachitisme constaté tant de fois dans nos centres manufacturiers. Il est temps de réagir contre le Machinisme qui accapare tout, au point que bientôt il n'y aura plus qu'une profession possible, celle de mécanicien!... Honneur, dit-il, aux citoyennes qui sont venues. La femme a plus d'énergie et de volonté que l'homme, c'est par la femme que nous arriverons au communisme. "


Reproduit par le Courrier de Fourmies du 19 avril 1891, cité par A. Pierrard et J.L. Chappat, La fusillade de Fourmies, éditions Miroirs, 1991.



La réponse patronale


" Le même jour, La Croix du Nord, publiée à Lille, dans un article signé " Pauvre Jacques " et intitulé " Réflexions d'un pauvre homme à l'occasion du 1er mai ", tente de ridiculiser la revendication des Huit heures : "... Nous aurons donc 8 heures de sommeil et 8 heures de travail. Mais nous aurons aussi 8 heures de loisir. Le loisir, c'est l'oisiveté ; et l'oisiveté c'est la mère de tous les vices. Qu'est-ce que nous pourrons en faire, de ces 8 heures ? Et moi, personnellement, qu'est-ce que j'en ferai ? Parbleu ! J'irai au cabaret. Au lieu d'y aller une heure ou deux par semaine comme je le faisais, j'irai tout le temps que j'aurai de libre. Au lieu de prendre deux ou trois chopes comme je le faisais, j'en prendrai quinze ou vingt. Si bien que je dépenserai davantage à mon plaisir le jour où je travaillerai le moins. "



(Article repris intégralement le lendemain 20 avril 1891 par Le Bien Public fourmisien.)

Extrait de A. Pierrard et J.L. Chappat, La fusillade de Fourmies, éditions Miroirs, 1991.
par Sidérale publié dans : pour la VI ième République, Votez Ségolène Royal!
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Dimanche 29 avril 2007

Oui, nous avons eu la chance d'assister à un véritable dialogue comme a tenu à le spécifier Ségolène Royale, et non à ces débats vains et stériles auxquels bien souvent nous sommes confrontés!

Tout dialogue porte en lui l'émergence d'une écoute, d'un respect de l'autre dans sa différence d'appréciation d'une réalité commune, il est exigence d'une argumentation éclairée dans une volonté commune de mettre en exergue les points de convergences et de divergences.

Ce genre d'intervention médiatique puisse-t-elle être le signe d'une nouvelle approche de la chose politique, dont toute démocratie digne de ce nom doit se prévaloir.
Je tiens à remercier l'attitude de François Bayrou, sa probité, la manière dont il a su mentionner les pressions dont il a été l'objet, visant à interdire cette rencontre, une attitude intelligente soulignant combien ce genre de manipulation est contraire à toutes libertés d'expression, et représente un outrage au concept même de démocratie.

Le dialogue n'est-il pas le fondement de la philosophie dans son exercice premier comme le légitime toute la philosophie socratique par la pratique de la maïeutique?
Mais, si vous avec lu le portrait de Michel Onfray suite à sa rencontre avec Nicolas Sarkozy, alors vous comprendrez sans difficulté pourquoi, il ne s'agit ici de rumeur dont il est question comme voudrait nous le faire croire Mr Comboul, président du syndicat de la presse quotidienne régionale(SPQR) également président du groupe Nice-matin, soit disant lancée par Me Royal, alors que ici c'est Mr Bayrou qui avec courage et pragmatisme a su dénoncer les pressions qu'il avait subi, souvenez-vous "Radio Paris nous ment! Radio Paris est allemand!"

Oui, le désir de rallier tous les homme de bonnes volontés à sa cause, sa belle opiniâtreté est une qualité qui caractérise Ségolène Royale car comme elle le dit si bien, elle croit dans les valeurs qu'elle défend parce que ce sont des valeurs pour une France plus juste, plus humaine.

Un rendez-vous important que cette confrontation d'idée dont "on " aurait voulu nous priver!

De surcroît cela permit à chacun d'entre eux d'affiner la présentation de leur programme respectif, dans leur concrétisation effective de spécifier les réalités économiques qui leur sont attachées.

L'humour et la déférence mutuelle ne furent pas absents de cet entretien et c'est rassurant de savoir que la politique permette encore ce genre de rapport , la république, c'est la chose publique, la république c'est le respect de l'humain, avant tout! A bon entendeur, salut!

Par contre, je reste circonspecte devant l'attitude de Mr François Bayrou quand il dit ne pas savoir pour qui voter, s'il estime que les agissements de Mr Sarkozy vont à l'encontre des principes mêmes de la démocratie alors il ne peut voter pour lui par cohérence avec lui-même!

Et par conséquents il vote Ségolène, CQFD!

N'en appelle-t-il pas, lui aussi à la naissance d'une politique nouvelle, une politique qui sorte, se débarrasse de ses clivages sclérosants entre la gauche et la droite, une politique qui sache reconnaître quand une proposition est intelligente et non rester sur des positions parce que la proposition vient d'un autre groupe !

Alors voici ma requête, dites-le nous, Mr Bayrou que vous votez Ségolène! Ce sera une belle mise en application de vos propos!

Vote, votons, votez Ségolène!




Dialogue Ségolène Royal / François Bayrou 1/2
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Dimanche 29 avril 2007
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Dimanche 29 avril 2007
"On est socialiste à partir du moment où l'on a cessé de dire « Bah !c'est l'ordre des choses ; il en a toujours été ainsi , et nous n'y changerons rien »,à partir du moment où l'on a senti que ce soi-disant ordre des choses était en contradiction flagrante avec la volonté de justice , d'égalité , de solidarité qui vit en nous ."

Léon Blum « Pour être socialiste » ; 1919

 

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Ose




Red Archipel Radio

http://www.lastfm.fr/user/RedArchipel/





  Je n'ai jamais réussi à définir le féminisme. Tout ce que je sais, c'est que les gens me traitent de féministe chaque fois que mon comportement ne permet plus de me confondre avec un paillasson.

            Rebecca West

 


La traversée des apparences

"Faire du chemin...c'est d'abord une expérience physique.
Parfois, c'est aussi une expérience spirituelle...
c'est découvrir des paysages emblématiques :
des territoires sans rupture entre réel et imaginaire qui nous changent la vie.

Nos vies ne sont plus les mêmes depuis que nous sommes à Corvo, l'île de nos terres de danse."


«[...] nos livres tous les jours nous voient dans notre nudité intérieure.»

Olivier Bruley

 

 

La conscience est bien plus que l'écharde, elle est le poignard dans la chair.

E. CIORAN

 


 

En cette vie, où je suis mon sommeil,
Je ne suis pas mon sommet,
Qui je suis est qui je m'ignore et vit
A travers cette brume que vraiment je suis,
Toutes les vies que j'ai eues autrefois,
Dans une seule vie.
Je suis mer ; clapotis faible, rugissement vers les hauteurs,
Mais ma couleur provient de mon ciel élevé,
Et je ne me rencontre que lorsque de moi je fuis.

Qui donc guidait mes pas de jeune infant sinon
L'âme véritable qui se trouvait en moi ?
Attachée par les bras du corps,
Elle ne pouvait être plus.
Mais, sans nul doute, un geste, un regard, un oubli
Aussi, aux yeux de qui aurait bien regardé
La Présence Réelle sous le déguisement
De mon âme présente ici sans y prétendre.

Fernando Pessoa, poèmes ésotériques,

Christian Bourgois 1988, p. 39.

Fernando Pessoa dans Poezibao :
Fiche bio-bibliographique, extrait 1, extrait 2,