Si ce film connut à sa sortie, suite aux virulentes manifestations des fondamentalistes, des interdictions de diffusion, car il traite
d'un sujet, dont l'existence même reste innommée, l'innommable tabou, souligné par le propos la jeune héroïne, Sita :
"Il n'y a pas de mots dans notre langue pour dire ce que nous sommes."
l'homosexualité féminine n'en fut pas la seule cause, mais bien aussi la dénonciation du dogmatisme religieux, de sa responsabilité envers la condition des femmes en Inde, générateur de violences légitimées par la seule tradition.
Il put néanmoins être projeté sur tous les écrans un an plus tard, en 1999, sans être tronqué pour autant, permettant l’expression d’un regard pudique empreint de délicatesse sur l’amour saphique. Ce film magnifié par l’éclat de sa photographie, habité par une impertinence féministe qui ne se refusant ni une référence au cinéma bollywoodien, ni des clins d’œil tendres à Charlot est un saisissant hymne à l’émancipation féminine. Un film dont le message par sa qualité d’œuvre à part entière s’octroie une dimension universelle.
Il est à noter que l’une des actrices principales, la super-star indo-musulmane Shabana Azmi, émouvante interprète de Radha, est par ailleurs membre du Parlement et inlassable militante des droits de la femme et des minorités.
« Même si FIRE est créé dans un espace, un lieu et un temps précis, je tenais à ce que son contenu affectif soit universel. La lutte entre la tradition et l'expression individuelle se livre dans toutes les cultures. FIRE aborde ce sujet dans le contexte de la société indienne. Ce qui me plaisait, c'est que cette histoire avait une résonance qui transcendait les frontières géographiques et culturelles. », Deepa Mehta, Fire Zeitgeist Films
Synopsis : A New Delhi, Radha, mariée à Ashok, doit s'occuper de sa belle-mère handicapée, Biji. Mais Ashok décide de renoncer à toute vie sexuelle sous l’influence d’un gourou.
Le frère d'Ashok, Jatin, a épousé la jeune Sita lors d'un mariage arrangé, obéissant à l’injonction de son frère aîné, mais il aime en secret une Chinoise. Délaissées par leur époux respectifs, les deux femmes vont se découvrir une estime réciproque, un plaisir d’être ensemble, qui se transformera crescendo en une attirance à laquelle elles ne pourront se dérober.
Un film à revoir ou à découvrir...en parallèle avec l'exposition sur la maltraitance des femmes en Inde à la fondation Henri Cartier Bresson.
Femmes maltraitées en Inde - Exposition FAZAL SHEIKH à la fondation H. Cartier Bresson, jusqu'au 26 août 2007, 75014 Paris
Traces de passage