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Ancrage : Point d'ancrage, lieu (abstrait) de fixation














L'amour, dans l'anxiété douloureuse comme
dans le désir heureux, est l'exigence d'un tout.
Il ne naît, il ne subsiste que si une partie reste
à conquérir.
On n'aime que ce qu'on ne possède pas
tout entier.
Marcel Proust

Man Ray - Hand on lips

" Je vous vois et vous me voyez,
J'ai une certaine conception de vous et vous de moi.
Je vois votre comportement et vous le mien.
Mais je ne vois pas, je n'ai jamais vu et ne verrai jamais votre expérience de moi ;
Pas plus que vous ne pouvez voir mon expérience de vous.
Je ne peux pas faire l'expéreince de votre expérience, ni le contraire.
Nous sommes l'un(e) et l'autre des hommes/des femmes invisibles.
Tous les hommes sont invisibles les uns des autres."
 France Culture - Voyages en psychiatrie - Août 2006
Jeudi 24 mai 2007
The Taste of tea - Bande-annonce 1 (Anglais sous-titré)The Taste of tea - Bande-annonce 1 (Anglais sous-titré)
The Taste of tea - Bande-annonce 1 (Anglais sous-titré)

Katsuhito Ishii invente une nouvelle sorte de chronique familiale : le quotidien banal et enchanté des Haruno, dans une petite ville japonaise, ressemble à une pochette-surprise, un chapeau magique. De l'animation en 3D au manga, du délire pop à la plus minutieuse délicatesse, chaque scène est un cadeau inattendu.

Télérama- Cécile Mury

par Sidérale publié dans : Films
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Jeudi 17 mai 2007


Si ce film connut à sa sortie, suite aux virulentes manifestations des fondamentalistes, des interdictions de diffusion, car il traite d'un sujet, dont l'existence même reste innommée, l'innommable tabou, souligné par le propos la jeune héroïne, Sita :

"Il n'y a pas de mots dans notre langue pour dire ce que nous sommes."

l'homosexualité féminine n'en fut pas la seule cause, mais bien aussi la dénonciation du dogmatisme religieux, de sa responsabilité envers la condition des femmes en Inde, générateur de violences légitimées par la seule tradition.

Il put néanmoins être projeté sur tous les écrans un an plus tard, en 1999, sans être tronqué pour autant, permettant l’expression d’un regard pudique empreint de délicatesse sur l’amour saphique. Ce film magnifié par l’éclat  de sa photographie, habité par une impertinence féministe qui ne se refusant ni une référence au cinéma bollywoodien, ni des clins d’œil tendres à Charlot est un saisissant hymne à l’émancipation féminine. Un film dont le message par sa qualité d’œuvre à part entière s’octroie une dimension universelle.

Il est à noter que l’une des actrices principales,  la super-star indo-musulmane Shabana Azmi, émouvante interprète de Radha, est par ailleurs membre du Parlement et inlassable militante des droits de la femme et des minorités.

« Même si FIRE est créé dans un espace, un lieu et un temps précis, je tenais à ce que son contenu affectif soit universel. La lutte entre la tradition et l'expression individuelle se livre dans toutes les cultures. FIRE aborde ce sujet dans le contexte de la société indienne. Ce qui me plaisait, c'est que cette histoire avait une résonance qui transcendait les frontières géographiques et culturelles. », Deepa Mehta, Fire Zeitgeist Films

 

Synopsis : A New Delhi, Radha, mariée à Ashok, doit s'occuper de sa belle-mère handicapée, Biji. Mais Ashok décide de renoncer à toute vie sexuelle sous l’influence d’un gourou.

Le frère d'Ashok, Jatin, a épousé la jeune Sita lors d'un mariage arrangé, obéissant à l’injonction de son frère aîné, mais il aime en secret une Chinoise. Délaissées par leur époux respectifs, les deux femmes vont se découvrir une estime réciproque, un plaisir d’être ensemble, qui se transformera crescendo en une attirance à laquelle elles ne pourront se dérober.


Un film à revoir ou à découvrir...en parallèle avec l'exposition sur la maltraitance des femmes en Inde à la fondation Henri Cartier Bresson.


Femmes maltraitées en Inde - Exposition FAZAL SHEIKH à la fondation H. Cartier Bresson, jusqu'au 26 août 2007, 75014 Paris

par Sidérale publié dans : Films
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Vendredi 20 avril 2007
Après un DEUG de Lettres Modernes, une maîtrise de communication et marketing et un diplôme du département montage de la FEMIS, Sylvie Ballyot réalise plusieurs courts métrages. Elle co-réalise Regarde-moi, L'Homme Sans Nom et Héros Désarmés avec Béatrice Kordon.
Elle a aussi été l'assistante monteuse de Tonie Marshall sur Enfants De Salaud en 1997.


 Tu Crois Qu'On Peut Parler D'Autre Chose Que D'Amour ?,

un documentaire intimiste à voir, absolument

Journal filmé - super 8 - couleur - 0:40:00 - France - 1999/2000

Un journal intime à deux voix, celles de Béatrice et de Sylvie, toutes deux cinéastes. Elles vivent et travaillent ensemble. Depuis plus de quatre ans, elles ont pris l'habitude de tenir un journal filmé en super 8, témoin de leur vie, de leur quotidien, de leur travail et de leur amour. "L'une fait avancer l'autre. L'une ne peut avancer sans l'autre... Et l'amour n'a pas cessé de repousser plus loin nos limites... Nous nous sommes dit : parler de l'intime, c'est tenter d'aller plus loin en soi... C'est répondre à un désir d'absolu. C'est tenter de tout dire, au plus près. Grâce au cinéma, grâce à notre caméra. Caméra-outil, caméra-regard, caméra-passeur."

Béatrice Kordon Et Sylvie Ballyot

Sylvie Ballyot réalise son premier moyen métrage, Alice, en 2002, primé dans de nombreux festivals dont le prix du public au 25 e Festival internationnal de films de femmes à Créteil,

"Cette année, le festival a été placé sous le signe de l’amour. Un doux rêve inspiré des farces de Cupidon. Oui, nous devons croire en ces histoires, en ces regards croisés, la paix doit venir de l’intérieur. Sans doute est-ce pour cet ensemble de raisons que le prix public du meilleur court métrage (doté par l’Humanité) revient à Alice, de Sylvie Ballyot. Les images défilent, nous pourrions croire à un film de famille. Puis les enchaînements se font plus sombres, le discours (presque absent) crie ce prénom : Alice. La parole s’envole vers le ciel, cherche une réponse dans l’écho. Mais le cri est plus profond. Alice aime sa sour, mais cette dernière se marie. Le jour du mariage, la caméra danse sur les souvenirs des moments de grande tendresse, mais bascule dans l’ombre du viol qu’Alice a subi.
En Alice nous redécouvrons avec effroi que nous sommes aussi un lieu traversé par des sons, des souvenirs gris, des incapacités à dire nos souffrances.
Alice opère une chute comme originelle dans le monde du non-sens, déclenchant chez nous une série de questions dont nous ne cessons de tisser le système, face au système intraduisible des êtres et des choses."

Sonia Bressler

(article du 5 avril 2003,
 paru dans le journal "L'Humanité")

Synopsis :Alice a 20 ans. Sa soeur Manon la quitte : elle se marie. Alice rencontre Elsa. A travers elle, Alice revit son amour pour Manon. Ces deux réalités se confondent, le passé se mélange au présent, l'imaginaire au réel. Les séquelles de l'inceste, le deuil du premier amour.

Prix du Public au Festival International de films de Femmes de Créteil, au Festival du Film Lesbien de Berlin et au Festival Cineffable de Paris, mention Spéciale du Jury Jeunes au Festival de Brest.
"Alice" de Sylvie Ballyot (Vient de sortir en DVD)



par Sidérale publié dans : Films
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Lundi 2 avril 2007

La Tête contre les murs - Georges Franju (1958)

 

"Comme on dit l’amour fou, du premier long métrage de Franju, on dira : le cinéma fou. La tête contre les murs est un film de fou sur les fous. C’est donc un film d’une beauté folle."
Jean Luc Godard

par Sidérale publié dans : Films
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Ose




Red Archipel Radio

http://www.lastfm.fr/user/RedArchipel/





  Je n'ai jamais réussi à définir le féminisme. Tout ce que je sais, c'est que les gens me traitent de féministe chaque fois que mon comportement ne permet plus de me confondre avec un paillasson.

            Rebecca West

 


La traversée des apparences

"Faire du chemin...c'est d'abord une expérience physique.
Parfois, c'est aussi une expérience spirituelle...
c'est découvrir des paysages emblématiques :
des territoires sans rupture entre réel et imaginaire qui nous changent la vie.

Nos vies ne sont plus les mêmes depuis que nous sommes à Corvo, l'île de nos terres de danse."


«[...] nos livres tous les jours nous voient dans notre nudité intérieure.»

Olivier Bruley

 

 

La conscience est bien plus que l'écharde, elle est le poignard dans la chair.

E. CIORAN

 


 

En cette vie, où je suis mon sommeil,
Je ne suis pas mon sommet,
Qui je suis est qui je m'ignore et vit
A travers cette brume que vraiment je suis,
Toutes les vies que j'ai eues autrefois,
Dans une seule vie.
Je suis mer ; clapotis faible, rugissement vers les hauteurs,
Mais ma couleur provient de mon ciel élevé,
Et je ne me rencontre que lorsque de moi je fuis.

Qui donc guidait mes pas de jeune infant sinon
L'âme véritable qui se trouvait en moi ?
Attachée par les bras du corps,
Elle ne pouvait être plus.
Mais, sans nul doute, un geste, un regard, un oubli
Aussi, aux yeux de qui aurait bien regardé
La Présence Réelle sous le déguisement
De mon âme présente ici sans y prétendre.

Fernando Pessoa, poèmes ésotériques,

Christian Bourgois 1988, p. 39.

Fernando Pessoa dans Poezibao :
Fiche bio-bibliographique, extrait 1, extrait 2,





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