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Ancrage : Point d'ancrage, lieu (abstrait) de fixation














L'amour, dans l'anxiété douloureuse comme
dans le désir heureux, est l'exigence d'un tout.
Il ne naît, il ne subsiste que si une partie reste
à conquérir.
On n'aime que ce qu'on ne possède pas
tout entier.
Marcel Proust

Man Ray - Hand on lips

" Je vous vois et vous me voyez,
J'ai une certaine conception de vous et vous de moi.
Je vois votre comportement et vous le mien.
Mais je ne vois pas, je n'ai jamais vu et ne verrai jamais votre expérience de moi ;
Pas plus que vous ne pouvez voir mon expérience de vous.
Je ne peux pas faire l'expéreince de votre expérience, ni le contraire.
Nous sommes l'un(e) et l'autre des hommes/des femmes invisibles.
Tous les hommes sont invisibles les uns des autres."
 France Culture - Voyages en psychiatrie - Août 2006
Dimanche 17 juin 2007
Editorial par Maurice Ulrich
Poésie

Au panthéon des grands noms de l’histoire nationale récupérés par Nicolas Sarkozy, il faudrait ajouter Anatole France :

« La tâche auguste du juste est d’assurer à chacun ce qui lui revient : au riche sa richesse, au pauvre sa pauvreté. » Mais l’ironie mordante de l’auteur, entre autres, d’une acide « histoire contemporaine »

, et par ailleurs collaborateur de l’Humanité de Jaurès, lui aura sans doute échappé.

Car c’est au pied de la lettre que le très agité président dont nous sommes désormais dotés a pris la formule.

La gauche, dans toutes ses composantes, a aujourd’hui un seul chat à fouetter, et il est de taille. Tout faire jusqu’à dimanche pour dresser des digues face à ce que certains commentateurs appellent déjà un tsunami bleu, à tout le moins une déferlante UMP. À tous ceux qui la redoutent, il faut rappeler qu’une élection n’est jamais jouée tant que l’on n’a pas votée. Mais la gauche, toute la gauche, aura plus avant à s’interroger. Comment, dans les formes modernes d’aujourd’hui, une telle régression a-t-elle été possible qu’on en revienne à la célèbre apostrophe du ministre Guizot au XIXe siècle : « Enrichissez-vous ! » Certes une part de l’électorat de la droite, cet électorat dans l’aisance assise, est directement concerné. Mais le fait est qu’une part de l’électorat populaire et modeste y a cru et semble y croire aussi ferme qu’à chaque nouveau billet de Loto. Qui veut gagner des millions ?

C’est donc bien sur le terrain concret des mesures annoncées par Nicolas Sarkozy et son premier ministre - avec, pour ce dernier, tir de barrage éhonté sur la gauche - qu’il s’agit de mener une bataille d’idées d’une dimension nouvelle. La droite a gagné, mais la réalité c’est qu’il n’est pas une de ces mesures, pas une, qui ne favorise les plus riches, contre les plus modestes.

Les chiffres que nous publions ci-contre sont clairs et relèvent au fond d’une arithmétique sommaire. Qui gagne le plus, à chaque nouveau cadeau, si ce n’est ceux qui ont plus ? C’est vrai pour les droits de succession. C’est vrai pour la défiscalisation des heures supplémentaires. Les autres mesures sont du même tonneau. Les franchises annoncées pour l’assurance maladie vont-elles pénaliser davantage les plus riches ou les plus modestes ? La remise en cause de la carte scolaire va-t-elle favoriser les familles les plus aisées ou les plus pauvres ?

Mais il y a plus, car chacune de ces mesures va coûter à la nation. Il n’y a pas de mystère dans le système bien connu des vases communicants. Chaque rentrée fiscale en moins, c’est moins de services publics, moins d’éducation nationale, moins de postes dans les hôpitaux, et d’abord dans les zones les plus défavorisées dont certaines banlieues qui cumulent les difficultés. Non seulement les plus riches vont s’enrichir davantage, mais ce sont les salariés, les couches populaires qui vont le payer. Le bouclier fiscal, c’est pratique pour protéger les plus fortunés et ça l’est pour taper sur la tête de ceux qui ne le sont pas. Le profit de l’un est le dommage de l’autre.

Ce qu’a entrepris Nicolas Sarkozy, en n’hésitant pas à l’afficher comme tel, c’est une remise en cause radicale des valeurs qui ont fondé la France moderne. De la devise de la Révolution française au Conseil national de la résistance, en passant par les acquis des grandes luttes, 36, Mai 68, pour leur substituer une tout autre vision du monde, fondée sur la concurrence, l’individualisme, effaçant la dimension politique en l’homme pour en faire un objet du marché. C’est cela qui est en jeu dimanche dans les urnes. Les poètes voient parfois très clair, en peu de mots. Chesterton, à la fin du XIXe siècle :

« Le libéralisme contemporain profite aux riches, et rien d’autre. »

source : http://www.humanite.fr/

par Sidérale publié dans : Désirs d'avenir : Continuons!
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Dimanche 17 juin 2007

par Vanina Pinter

Vidé(e)s de sa substance

À examiner les affiches de la campagne électorale ainsi que les photos qui agrémentent les sites officiels des candidats, l’imagerie des présidentielles semble irrémédiablement liée au genre du portrait. Comme un vestige de la figure du roi, de l’effigie sur pièce de monnaie...

De la Renaissance aux temps des Lumières, le portrait imposait un certain pouvoir. « Signe de reconnaissance, le portrait est aussi un moyen de connaissance. Connaissance de la vie intérieure (…) Connaissance de la destinée de l’homme représenté. (…) Connaissance de l’histoire dans laquelle s’inscrit le personnage »

 

1.

Rien de tel dans les images que nous considérons. A l’ère numérique (télé, imprimé et Internet), les visages se pixellisent, se transforment en données mathématiques, immatérielles et médiatiques. Nous ne sommes plus dans le règne de l’image mais dans celui du flux. La neutralité photographique, la fadeur des expressions et de l’impression papier estompent la dimension humaine. Les murs se couvrent de visages lisses, insipides, rajeunis, pour que chacun s’y projette. Les candidats louvoient entre porter la figure du leader (composition ascendante) et se farder en « homme ordinaire »

 

 2.

Toutes les problématiques propres au genre du portrait sont ici amollies. Loin d’être des images politiques et militantes, elles sont des objets de communication. Ces visages sont destinés à séduire. Ils sourient.

Pour mieux s’ennuyer de ses images de campagne, il faut les mettre à côté des affichages sauvages de Robbie Conal. L’esprit guerrier y est présent. Ses satires, caricatures, parfois hommages, octroient, grâce à la technique du dessin, une âme – terrifiante – aux êtres de pouvoir. Dans ses portraits, l’homme est réinvesti dans sa chair, ses souffrances et ses errances.

D’un côté, les affichages de Robbie Conal, art activiste, et de l’autre, un matraquage de communication évènementielle sans auteur. Le graphisme est inhérent au premier, exclu de l’autre, dans les formes, comme dans le fond. L’humain, réduit à une image de surface est partout, le discours et son expression, nulle part.

 

http://www.etapes.com/

 

http://www.robbieconal.com/posters/bigbrother.html

 

 

par Sidérale publié dans : Désirs d'avenir : Continuons!
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Dimanche 17 juin 2007

"Ceux qui m’aiment prendront le train"

Publié le 16 juin 2007
par dandi

"Ceux qui m’aiment prendront le train"

Je devrais avoir honte d’accoler le titre de ce magnifique film de Chéreau au spectacle grand-guignolesque de cette candidate UMP , mais si la formule pouvait ôter à quelques uns l’envie de préserver leurs semelles du chemin des urnes...

Jugez vous-mêmes :

http://www.dailymotion.com/hdb_blog/video/x29s7h _appel-de-sylvie-noachovitch-aux-electeurs

par Sidérale publié dans : Sur L'Archipel Rouge
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Dimanche 17 juin 2007

"Ségolâtre" ?

Publié le 12 juin 2007
par dandi

En réponse à ceux qui justifient de taxer de "Ségolâtres" , terme on ne peut plus méprisant, ceux qui comme moi s’offusquent d’entendre encore de la part de ceux qui prétendent pourtant adhérer à ses choix politiques, des réflexions visant à remettre en question la compétence ou même la légitimité de Ségolène Royal telles que : "Son côté maîtresse d’école irrite" ; "sa syntaxe manque d’assurance" ; "elle ne maitrise pas tous les sujets" ; "son entêtement agace" ; "sa dureté inquiète" "sa froideur..." etc... Et je me garderai d’énumérer ici la longue procession de semonces concernant les détails de sa garde robe, ses postures corporelles etc...

Je répondrai :quel candidat aura eu à souffrir avant elle au sein du parti ce genre de passage au crible, cet examen si scrupuleux ,cette exigence si intransigeante pour ce qui concerne des considérations limitées à sa seule personne ? Lequel ??? Jamais nous n’aurons eu à entendre autant d’attaques sur la personne depuis que le candidat d’un parti majoritaire a été représenté par une femme !

Si les griefs avaient pour seule exigence de l’apostropher sur le terrain des idées, j’admettrais bien-sûr , sans nécessairement le partager, que certains justifient ici ou là de lui reprocher quelque insuffisance, erreur de stratégie etc...

Mais je compte encore une fois parmi les "illégitimes" militants, suspectés d’idolâtrie , parce que je refuse d’accepter ce traitement particulier dont fait l’objet Ségolène Royal , traitement particulier qu’elle doit essentiellement aux apriorismes de genre : "Le masculin est général, le féminin est particulier"

" Et tous les efforts de la candidate pour neutraliser cet « effet de genre » échouent et se noient dans l’infinie variété des commentaires des consommateurs. Il fut un temps où l’on disait : « le privé est politique ». Aujourd’hui, le politique est réduit au sentiment privé, au caprice individuel, au j’aime/ j’aime pas, au consumérisme et à la frivolité définitivement sexiste."

Enfin, je justifierai de la soutenir avec la plus grande véhémence, et peu importe la vraisemblance ou non des aspects contestés, à chaque fois que d’autres justifieront de l’attaquer sous des prétextes si léonins, inéquitables ! Est-ce que cela légitime de comparer mon soutien à de l’adoration ? Mon indocilité à admettre comme profitable ou d’un quelconque intérêt politique ce genre de vitupérations personnelles , fait-elle de moi une "Ségolâtre" ? Dans ce cas, ainsi soit-il... et que grand bien vous fasse !

J’ajouterai que le militantisme favorable à Ségolène Royal nous doit également l’avènement de cette étrange suffixation : "Ségo-lâtre" ! Existe t-il des Jospinlâtres ? Des Strausskahnlâtres ?...Bref !

Dandi

par Sidérale publié dans : Sur L'Archipel Rouge
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Dimanche 17 juin 2007

Redevenir durs

Publié le 15 juin 2007
par dandi

Redevenir durs

Par Comité de salut public :http://comite-de-salut-public.blogspot.com

"Bon, on va arrêter de se raconter des jolies histoires, ok ? A moins d’un miracle, dès demain soir on est partis pour 5 ans de Sarkozy. 5 Ans minimum. 5 ans de tapis de bombes antisociales, qui vont tenter de remettre à plat tout ce pourquoi on a lutté depuis des dizaines d’années, nous, nos anciens et ceux d’avant.

5 ans d’une société dure, âpre, injuste, inégalitaire et raciste. Et fière de l’être.

5 ans de droite « décomplexée », charmant euphémisme pour désigner la meute de Huns furieux qui ne raisonnent qu’en terme de rentabilité, de valeur-travail et de darwinisme social.

Déjà, on peut commencer à entendre les hurlements de victoire : ils sont à faible volume pour le moment, il explosera demain. Ce cri de victoire durera des années...

Car ils comprennent qu’au-delà de l’élection, c’est clairement la bataille idéologique qu’ils ont gagné. Oh, ils ont été bien aidés : les médias et les puissance d’argent ont choisi leur camp depuis toujours. Depuis 20 ans, et avec une accélération ces dernières années, c’est un tsunami idéologique que nous prenons tous les jours en pleine tronche. Et qui a déporté tout le pays vers une droite de plus en plus dure, féroce, qui ne laisse rien passer.

Et cette bataille est d’autant plus remportée que la sociale-democratie l’a suivie sur ce terrain. Cette « gauche » pitoyable qui vénère l’économie de marché et le drapeau tricolore...Cette « gauche » de toutes les capitulations, de tous les compromis...

Cette « gauche » qui, quel que soit le résultat demain, d’ailleurs, confirmera son virage droitier par « l’ouverture » au centre, tant il est vrai que les différences idéologiques entre le PS et l’UDF sont devenues microscopiques. Et ce virage est préparé depuis longtemps par un appareil qui ne se soucie même plus, et depuis longtemps, d’apparaître « socialiste » : se dire« social-démocrate » est tellement plus « moderne »...Crise idéologique, risque d’éclatement du PS ? Allons...quelques poignées de militants partiront, écoeurés. Le reste suivra comme un seul homme, et y compris l’aile gauche, qui espère encore pouvoir faire quelque chose de l’intérieur...Les naïfs.

Et nous ? Gens de gauche avec notre culture et notre histoire, nos valeurs ? Ne nous voilons pas la face : nous avons un genou à terre. La droite et ses alliés nous ont pilonnés, et la « gauche » qui trahit...nous a trahi. Et ce depuis...trop d’années. C’est vrai. Mais...

Nous devons reconnaître que nous avons commis une faute. Une faute gravissime.

Nous sommes devenus gentils.

Installés dans notre hauteur morale, nous nous sommes « indignés ». Fort de notre goût pour la culture, nous avons froncé le nez devant la vulgarité télévisuelle...en la regardant. Pas dupes un seul instant. Mais nous avons regardé...Obligés à de perpétuels compromis dans une société de consommation de masse, nous avons fini par avoir un pied dans nos convictions, et un autre dans un Apple Store. Je sais. A moins de vivre déconnectés du réel et de la population, des arrangements, des compromis, des atermoiements étaient nécessaires. Mais le résultat est là : par glissades successives, nos sommes devenus...gentils.

Respectables.

Polis.

Lissés.

« citoyens »... Alors qu’en face... Mais nous ne sommes pas comme eux, n’est-ce pas ? Nous sommes tellement...moraux. Nous avons tellement bonne conscience... Où bien...

Châtrés ?

Depuis des années maintenant, j’entends parler de « résistance » au néolibéralisme, de « citoyenneté », de « contre-pouvoirs »...et cela est fort bien, sans aucun doute. Mais il faut commencer à voir qu’à présent, ce n’est plus suffisant. Pas face aux barbares libéraux. Il faut retrouver la rage. La colère. Et la haine.

Oui, la haine. Et je n’ai aucun scrupule à employer ce mot. La haine du dominant et de l’exploiteur. La haine de la droite et de son arrogance. La haine du libéralisme et de ses propagandistes. Oh ! Mais je vois que vous êtes gênés...Vous n’aimez pas ce mot. C’est un peu trop, quand même...enfin pas assez, tu vois...La « haine » ...je sais pas... C’est bien ce que je disais. Vous êtes polis. Bien élevés. Et vous ne comprenez rien. Nous avons déjà un genou à terre. Dimanche soir, nous serons assommés, écoeurés, nous maudirons ce con de peuple, et nous aurons peur...Nous avons déjà peur, d’ailleurs. Depuis des mois. Des années, même. Et en face, ils la sentent, cette peur. Comme des chiens. Et ça les excite, ça les met dans tous leurs états, on les entends aboyer et claquer des mâchoires avant de se ruer pour la curée... Une curée qui durera des années. Vous pensez pouvoir tenir et résister en étant « dignes » et « citoyens » ?

Il y’aura des luttes. Des mobilisations et des mouvements sociaux. Nous y serons. Mais ça ne sera pas suffisant. Il faudra reconstruire une gauche de colère et de hargne. Une gauche de combat aussi acharnée et pugnace qu’est la droite, plus encore ! Puisque nous somme en minorité, il faudra être encore plus convaincus et déterminés, inébranlables dans nos buts, sans compromis dans ce que nous voulons. Et pas le temps d’échéances électorales, pas le temps d’une manif ou d’une lecture. Tout le temps. Pendant des années et des années. Tenir sur la distance, et se battre au quotidien.

Et se mettre dans la tête que désormais, c’est la guerre. Oui. La guerre. Idéologique, politique, culturelle, et peut-être même dans la rue, si un probable nouveau mai 68 nous tombe dessus. Vous n’aimez pas ce mot non plus ? Mais ce que nous subissons depuis des années, qu’est-ce que c’est d’autre ? Une guerre de la bourgeoisie, des dominants, contre nous, contres nos droits et nos acquis. Une lutte des classes à l’envers, pour les nantis et contre tous les autres. Une guerre totale et sur tous les fronts, une offensive globale des puissances d’argent et de pouvoir pour briser l’espoir et imposer un ordre marchand nouveau. Oui, c’est là où nous en sommes.

Alors, il ne suffit plus de résister. Il faut contre-attaquer. Il faut être dur, vindicatifs. Et sans pitié. Sinon, nous serons détruits.

Pour ceux qui doutent encore, ma réponse est simple. Nous n’avons plus le choix. Nous devons nous battre. Nous engager. Nous devons retrouver la rage. (et je suis certain que la droite va beaucoup nous y aider, dans les temps qui viennent...) Et maintenant, on choisit son camp. Pour/contre. Aussi simple que ça....

Ça commence maintenant.

Comité de salut public

*Source :http://comite-de-salut-public.blogspot.com

 [1]


[1] Commentaire choisi :

*14 juin 2007 , par Démocrypte

"Vous écrivez : Oui, la haine. Et je n’ai aucun scrupule à employer ce mot (...) Vous n’aimez pas ce mot.

En effet, je ne vois pas que la haine aide en quoi que se soit !

Vous écrivez : Et se mettre dans la tête que désormais, c’est la guerre. Oui. La guerre. Idéologique, politique, culturelle (...)

Là j’aime mieux ! La guerre, c’est tout autre chose que la haine. La guerre oblige à un usage raisonné de la "violence", et de définir la "violence" qu’il est légitime d’opposer aux violences qui sont faites par les tenants du pouvoir. Ils ont la "violence légitime" (la force de la loi) tant qu’ils respectent scrupuleusement la loi. S’ils violent la loi, leur pouvoir perd sa légitimité.

Et quelle est la "violence" légitime du travailleur ? C’est la grève, c’est-à-dire la violence légitime exercée contre la production, contre la richesse produite, sans laquelle ils ne sont rien.

Le problème est que le modèle de la "grève classique" (la grève générale) n’est plus approprié, car il correspond à un XIXe siècle, où la guerre consistait à jeter toute ses forces sur le coeur de l’armée adverse.

Aujourd’hui la guerre est d’une autre nature. Les connaître permet, dans bien des coins du monde, à faire que 4000 résistants parviennent à tenir en échec des armées surpuissantes, s’ils emploient les bonnes méthodes.La grève doit être réinventée comme la guerre l’a été.

Elle va impliquée un travail de petits groupes très autonomes capables de se constituer une audience collective, commune, (d’où l’importance d’Internet) qui donnera le maximum de retentissement à des actions brèves et légales : grève, boycott de marques et de produits, manifestations revendicatives, occupation symbolique, action en justice.

Comme toute guerre de guerilla, l’objectif premier sera de créer un rapport de disproportion entre les moyens mis en oeuvre pour réaliser ces actions et les moyens que devra mettre en oeuvre l’autorité pour les prévenir et s’y opposer efficacement. Comme une guerre de guerilla, il s’agira d’harceler, jusqu’à ce que l’autorité perdent son sang froid, et sorte du cadre légal et perde sa légitimité. Ce sont donc des pratiques de luttes, déjà largement expérimentées, qu’il faut valoriser et structurer pour en accroître l’efficacité.

Mais surtout, comme dans toute guerilla, où l’"aile militaire" dissimule le travail d’une "aile politique", il faut, à côté de l’aile militante "harselante" et qui mobilise toute l’attention du pouvoir, une aile "politique" qui, elle, se donne les moyens de construire au quotidien un autre rapport au politique.

En se fondant sur une critique de l’Etat, instrument périmé, incapable de protéger le citoyen face à la mondialisation, il faut une politique qui développe les solidarités qui réduisent les dommages liés à cette mondialisation. Et ces solidarités sont à inventer à partir de la conquête et de la "dénotabilisations" des collectivités territoriales. Celles-ci sont largement dominées par la gauche et les déceptions qu’engendrera la droite facilitera la conquète. Ce qu’il faut, c’est qu’au quotidien, elle oeuvre au service des citoyens, avec des élus qui restent en contact avec des populations."

par Sidérale publié dans : Sur L'Archipel Rouge
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Dimanche 17 juin 2007

Apprendre à parler ensemble

Publié le 16 juin 2007
par Wildo

Un document trouvé sur l’excellent sites des Renseignements Généreux.

Un entretien avec Hélène et Mani membres de Virus 36 autour du problème de la prise de parole en collectivité. Une analyse intéréssante qui démontre comment à l’aide de qq préceptes auquel chacun peut apprendre a se tenir, on transforme une réunion classique de débat monopolisé en un terrain d’écoute et de propositions constructives.

Wildo

Lire la retranscription a partir du documant Pdf ci-joint.


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par Sidérale publié dans : Sur L'Archipel Rouge
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Dimanche 17 juin 2007

Pétition pour le pluralisme de la presse

 

à signer en ligne :

http://www.humanite.fr/petition/meta388463

La presse quotidienne écrite connaît une grave crise qui pourrait être fatale à certains journaux.

Il faut agir d’urgence pour la sauver et la développer.

Le pluralisme de la presse écrite, l’accès à des informations et des analyses diversifiées sont en effet des piliers fondamentaux de l’exercice d’une citoyenneté réelle. L’intérêt de la démocratie et de la revitalisation des idéaux de la République, commandent donc de les aider. La facilité d’accès à la diversité des titres de presse, chez les marchands de journaux et par la poste, est un enjeu vital pour un pluralisme vivant et vivifiant. Il est de la responsabilité des pouvoirs publics de garantir son existence.

Voilà pourquoi nous lançons ce cri d’alarme et demandons :

-  De créer les conditions pour empêcher toute augmentation des tarifs postaux de la presse et pour améliorer la distribution matinale postale du courrier et des journaux par le service public de La Poste qui doit disposer de moyens pour assurer et améliorer son service.
-  D’augmenter les aides publiques aux quotidiens d’information générale, notamment ceux à faibles ressources publicitaires.
-  De favoriser la lecture de la presse par les jeunes par des aides incitatives aux collectivités territoriales pour leur permettre de contracter des abonnements à des bouquets de titres de presse pour les lycées et un budget spécifique de l’éducation nationale pour les facultés.
-  De créer un dispositif d’aide aux personnes qui s’abonnent à des journaux quotidiens et permettre des déductions fiscales aux lectrices et lecteurs qui participent aux souscriptions organisées par les journaux pour équilibrer leur budget.

-  Nom.
-  Prénom.
-  Adresse.
-  Signature. Signez et faites signer cette pétition à bhuc@humanite.fr, adressez-la à l’Humanité, 32 rue Jean Jaurès - 93528 Saint-Denis Cedex, ou plus simplement, signez la pétition en-ligne ci-dessous.

par Sidérale publié dans : Pétitions
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Samedi 16 juin 2007

Extrait : " Ecrits sur le génocide " Pier Paolo Pasolini

Publié le 16 juin 2007
par dandi

Extrait : " Ecrits sur le génocide "

" C’est l’angoisse d’un homme de ma génération, qui a vu la guerre, les nazis, les SS, et qui en a gardé un traumatisme profond. Quand je vois alentour des jeunes, qui perdent les antiques valeurs populaires et assimilent les nouveaux modèles imposés par le capitalisme, risquer ainsi une forme de déshumanisation, une forme d’aphasie atroce, une brutale absence de capacité critique, une passivité générale, je me rappelle que c’étaient là les caractéristiques des SS. [...] Ma vision est apocalyptique, c’est sûr. Mais s’il n’y avait pas, à côté d’elle et de l’angoisse qui la produit, un élément d’optimisme - la conviction que l’on peut lutter contre cette dérive - , je ne serais tout simplement pas là, parmi vous, à parler."

Pier Paolo Pasolini


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par Sidérale publié dans : Sur L'Archipel Rouge
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Mardi 12 juin 2007

Mon socialisme...

L’indignation est parmi les formulations de mon socialisme la plus pure expression

Je me sens trop socialiste selon les représentations et projections de certains quant aux fondements même de ce socialisme duquel je continue de me réclamer avec le plus profond sentiment de légitimité. Trop socialiste pour ne pas éprouver vis à vis des fondements même de la social démocratie une impression de large compromission , l’accommodement résigné à ce précisément contre quoi mon socialisme s’érige.

Dandi

Pour rappel :

socialisme [sCsjalism] n. m.

• 1831 ; de social, d’apr. angl. socialism (1822) ou it. socialismo (1803)

♦ Doctrine d’organisation sociale qui entend faire prévaloir l’intérêt, le bien général, sur les intérêts particuliers, au moyen d’une organisation concertée (opposé à libéralisme) ; organisation sociale qui tend aux mêmes buts, dans un souci de progrès social

Le socialisme est un ensemble de courants, dont les premiers sont apparus au cours du XIXe siècle. Ils combattent l’individualisme ; défendent les notions d’égalité, d’égalitarisme et de solidarité. Il s’agit selon ses tenants de procéder à « l’abolition du gouvernement politique des hommes par d’autres hommes » et de « passer à une administration des choses par les hommes eux mêmes ». Le socialisme est ainsi un projet à la fois économique (collectivisme économique, autogestion, économie mixte), social (égalité), et politique (démocratie).

Étymologie

Du mot latin socius (associé, compagnon), le mot socius désignait ceux qui vivent ou aiment vivre avec les autres. Il dérive du verbe ’sequi’ : ’suivre’. Le socialisme se définit alors comme un système « où l’on met tout en commun ». Saint-Simon l’utilise pour la première fois en 1827[1]. Pierre Leroux emploie le néologisme en mars 1834 dans un texte intitulé De l’individualisme et du socialisme, publié dans La Revue encyclopédique.

La recherche permanente du collectif, cette emphase sur la solidarité par opposition à l’individualisme, restent des éléments fondamentaux encore aujourd’hui. Pierre Leroux revendique son « invention », qu’il définit aussi comme « la doctrine qui ne sacrifiera aucun des termes de la formule Liberté, Égalité, Fraternité ».

Encore une fois : "On est socialiste à partir du moment où l’on a cessé de dire « Bah !c’est l’ordre des choses ; il en a toujours été ainsi, et nous n’y changerons rien », à partir du moment où l’on a senti que ce soi-disant ordre des choses était en contradiction flagrante avec la volonté de justice, d’égalité, de solidarité qui vit en nous."

Léon Blum « Pour être socialiste » ; 1919

par Sidérale publié dans : Sur L'Archipel Rouge
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Mardi 12 juin 2007
Publié le 10 juin 2007
par dandi sur L'Archipel Rouge

Si les mots étaient des armes...

Bien sûr après cette série de salves destinées à "liquider" l’héritage de Mai 68 nul d’entre nous n’osait encore douter des méthodes guerrières de Monsieur Sarkozy. Et depuis le sacre de ce dernier, l’objectif étant d’assurer une majorité capable de satisfaire son ambition monocrate, les trompettes ne "déchantent" pas.

Le plus légitime des affidés M. Fillon, dans son rôle de premier bras armé de cette campagne déploie l’artillerie lourde : "la gauche n’aime pas la France"... Tentative habile de culpabilisation d’un pan entier de la société française, désignation sur le mode affectif des 47% de " mal-aimants ", mauvais patriotes, qui ont voté pour la candidate socialiste.

Il n’est que de lire les commentaires sur les blogs et journaux en ligne pour observer un net raffermissement dans le ton des participants. Après les fanfaronnades entre lazzis et avanies en guise de commémoration de ce large couronnement, nous voilà la cible , nous électeurs de cette gauche coupable, d’invectives féroces , d’injures grossières.

Le gouvernement attise à dessein l’excitation de ses partisans dans l’humiliation des perdants, et pour ceux qui auraient l’insolence de faire entendre d’autres voix ,qu’ils se résignent à subir les assauts des offenseurs offensés passés maîtres dans l’art d’assurer eux mêmes leur propre commisération.

Et puis le rapport de force est ici non avenu, il s’agit d’accepter cette évidence dans une logique de subordination. Nos gouvernants sont les dignes représentants du peuple et ont pour unique vocation d’appliquer la politique du peuple , si une partie de ce peuple ne s’en trouvait pas satisfaite elle s’exclurait d’elle même ipso facto du peuple légitime.

Souffrons sans rechigner cet intouchable édit de la démocratie, abdiquons dans le respect soumis à cette dernière, ce suprême commandement récuse jusqu’à son fondement oxymorique.

"Jamais encore sous aucun autre gouvernement, de quelque bord que ce soit, une telle attitude n’aurait été concevable."

Dandi


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Ose




Red Archipel Radio

http://www.lastfm.fr/user/RedArchipel/





  Je n'ai jamais réussi à définir le féminisme. Tout ce que je sais, c'est que les gens me traitent de féministe chaque fois que mon comportement ne permet plus de me confondre avec un paillasson.

            Rebecca West

 


La traversée des apparences

"Faire du chemin...c'est d'abord une expérience physique.
Parfois, c'est aussi une expérience spirituelle...
c'est découvrir des paysages emblématiques :
des territoires sans rupture entre réel et imaginaire qui nous changent la vie.

Nos vies ne sont plus les mêmes depuis que nous sommes à Corvo, l'île de nos terres de danse."


«[...] nos livres tous les jours nous voient dans notre nudité intérieure.»

Olivier Bruley

 

 

La conscience est bien plus que l'écharde, elle est le poignard dans la chair.

E. CIORAN

 


 

En cette vie, où je suis mon sommeil,
Je ne suis pas mon sommet,
Qui je suis est qui je m'ignore et vit
A travers cette brume que vraiment je suis,
Toutes les vies que j'ai eues autrefois,
Dans une seule vie.
Je suis mer ; clapotis faible, rugissement vers les hauteurs,
Mais ma couleur provient de mon ciel élevé,
Et je ne me rencontre que lorsque de moi je fuis.

Qui donc guidait mes pas de jeune infant sinon
L'âme véritable qui se trouvait en moi ?
Attachée par les bras du corps,
Elle ne pouvait être plus.
Mais, sans nul doute, un geste, un regard, un oubli
Aussi, aux yeux de qui aurait bien regardé
La Présence Réelle sous le déguisement
De mon âme présente ici sans y prétendre.

Fernando Pessoa, poèmes ésotériques,

Christian Bourgois 1988, p. 39.

Fernando Pessoa dans Poezibao :
Fiche bio-bibliographique, extrait 1, extrait 2,





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