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Ancrage : Point d'ancrage, lieu (abstrait) de fixation














L'amour, dans l'anxiété douloureuse comme
dans le désir heureux, est l'exigence d'un tout.
Il ne naît, il ne subsiste que si une partie reste
à conquérir.
On n'aime que ce qu'on ne possède pas
tout entier.
Marcel Proust

Man Ray - Hand on lips

" Je vous vois et vous me voyez,
J'ai une certaine conception de vous et vous de moi.
Je vois votre comportement et vous le mien.
Mais je ne vois pas, je n'ai jamais vu et ne verrai jamais votre expérience de moi ;
Pas plus que vous ne pouvez voir mon expérience de vous.
Je ne peux pas faire l'expéreince de votre expérience, ni le contraire.
Nous sommes l'un(e) et l'autre des hommes/des femmes invisibles.
Tous les hommes sont invisibles les uns des autres."
 France Culture - Voyages en psychiatrie - Août 2006
Vendredi 6 juillet 2007
CE VENDREDI 6 JUILLET A 18H30,

115 RUE OLOF PALME A MONTPELLIER A LA SECTION DU PCF(tel 04.67 47 97 00), SE TIENT UNE REUNION POUR DISCUTER DES ELECTIONS ET DES PREMIERES DECISIONS PRISES PAR LA DROITE ET CONSTRUIRE DES CONTRE -FEUX !

LES PERSONNES INTERESSEES SONT LES BIENVENUES; A CETTE OCCASION EST PROPOSE UN MOMENT DE FRATERNITE AVEC UN APERITIF SERVI A PARTIR DE 20 H POUR FETER LES NOUVEAUX ADHERENTS DU PCF ET PRESENTER LE JOURNAL L'HUMANITE;
BONNE JOURNEE ENSOLEILLEE.

Rouge coquelicot
par Sidérale publié dans : Agenda militant
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Vendredi 6 juillet 2007

Pense bête juridique pour les manifs et toute autre action militante

Publié le 5 juillet 2007
par dandi

Pense bête juridique pour les manifs et toute autre action militante

mercredi 4 juillet 2007, par Solidarité Résistance Antifasciste http://solidarite.samizdat.net/

Avant la manif

- Eviter les produits qui modifient le comportement (alcool, drogues…) ; ne pas en avoir sur soi.
- Proscrire le répertoire de tous ses amis / camarades, merci pour eux !
- Pas de couteau ou tout ce qui peut passer pour une « arme par destination ».
- S’écrire sur la main (ou connaître par cœur) le numéro d’un avocat.
- Laisser à quelqu’un ses nom, prénom et date de naissance, important en cas de problème et le crier à quelqu’un en cas de problème pendant la manif.
- Avoir une pièce d’identité ou un document qui comporte son nom et une photo d’identité.

Pendant la manif

- Rester groupés, ne pas courir, ne pas donner d’autocollants de son orga aux inconnus.
- En cas d’interpellation : Rester calme ; le délit « d’outrage et rébellion » tombe dru.

Le contrôle d’identité

- Il ne peut en théorie pas excéder 4 heures.
- Il peut se faire sur le lieu d’interpellation ou au commissariat.
- Une « palpation de sécurité » peut être pratiquée, mais pas de fouille en règle.
- Si on est maltraité pendant le contrôle, il faut absolument le faire figurer sur le procès-verbal (PV)
- Si l’on n’est pas mis en garde-à-vue, demander une copie du PV d’interpellation.
- Il ne faut signer que si l’on est d’accord avec ce qui figure dans le PV. Sinon, rajouter ce qui manque, et mettre un trait à la fin s’il reste du blanc sur la page.

La garde à vue (GAV)

- Elle peut être annoncée au plus tard après les 4 heures de contrôle d’identité, mais elle doit être signifiée.
- Elle peut durer 24 heures (à partir du moment de l’interpellation), voire 48 heures si elle est reconduite.

IMPORTANT

- On a absolument le droit de se taire ou de dire que l’on n’a rien à déclarer ;
- On a le droit de savoir de quelle infraction on est accusé ;
- On a le droit de voir un médecin et un avocat il faut le demander à l’agent de police présent. (demande renouvelable après la 24ème heure de GAV).

Pendant la GAV, on peut subir une fouille à corps, pratiquée que par un agent du même sexe.

Pour le PV de GAV, mêmes conseils que pour le contrôle d’identité.

Suites ...

- Il vaut toujours mieux refuser la comparution immédiate
- Préparer sa défense avec son avocat est toujours préférable, même si l’on encourt de la prison préventive.

En cas de violences policières

- On peut porter plainte par lettre recommandée auprès du doyen des juges d’instruction, auprès del’IGS et de la CNDS.
- Penser à prendre des photos des blessures etc ;
- Garder son t-shirt sanguinolent si c’est le cas ;
- Demander une Interruption temporaire de travail (ITT) aux urgences ou à son médecin ;
- Contacter une association luttant contre les violences policières.

Bonnes manifs quand même. Seule la lutte paie !

Voir la version longue : Vade-mecum juridique du manifestant

Sites utiles à consulter :

*SRA (Solidarité résistance antifasciste)

*Face à la police/face à la justice

*Rebellyon

*Source :http://solidarite.samizdat.net/article183.html


calle


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calle
par Sidérale publié dans : Sur L'Archipel Rouge
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Vendredi 6 juillet 2007
AMOUR

« Sorte de trêve miraculeuse où la domination semble dominée [...]. Il ne se rencontre sans doute que très rarement dans sa forme la plus accomplie et, limite presque jamais atteinte ? on parle alors d' « amour fou » ?, il est intrinsèquement fragile, parce que toujours associé à des exigences excessives, des « folies » (n'est-ce pas parce qu'on y investit tant que le « mariage d'amour » s'est révélé si fortement exposé au divorce ?) et sans cesse menacé par la crise que suscite le retour du calcul égoïste ou le simple effet de la routinisation. »
(La domination masculine, Seuil, 1998, p.117-118)

Pierre Bourdieu

par Sidérale publié dans : P. Bourdieu
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Jeudi 5 juillet 2007

Pique nique d'avenir... le 8 juillet

Comme nous l’avions annoncé, le pique nique de DA 34 à Montpellier se déroule dimanche 8 juillet à 12h30. rendez-vous au Parc Rimbaud, on peut s’y rendre en tram (arrêt la Pompignane – ligne 2 – puis 200 m de marche). Un plan pour s’y rendre dans un prochain message.   Le repas sera tiré du sac, chacun est libre de son niveau de confort (plaid, table et chaises, transat, …).   Moment de détente, mais pourquoi pas d’échanges… DA national nous donne quelques pistes pour réfléchir à la suite de nos actions.   Avec la synthèse de l’intervention de Ségolène Royal lors de la réunion des comités Désirs d’avenir de Paris, le 26 juin dernier. Elle a notamment apporté des précisions sur la place et le rôle de Désirs d’avenir, notre “feuille de route”, etc.Sur la place et le...
Pour lire la suite cliquez ici


Maillet
par Sidérale publié dans : Agenda militant
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Mercredi 4 juillet 2007
Le Journal (extrait)

Celui qui, vivant, ne vient pas à bout de la vie, a besoin d'une main pour écarter un peu le désespoir que lui cause son destin -il n'y arrive que très imparfaitement-, mais de l'autre main, il peut écrire ce qu'il voit sous les décombres, car il voit autrement et plus de choses que les autres, n'est-il pas mort de son vivant, n'est-il pas l'authentique survivant? Ce qui suppose toutefois qu'il n'ait pas besoin de ses deux mains et de plus de choses qu'il n'en possède pour lutter contre le désespoir.

 KAFKA
par Sidérale publié dans : F. Kafka
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Lundi 2 juillet 2007

« Il n’y a aucune évidence d’un lien entre la consommation de sucre et le diabète. » a déclaré le responsable de l’Association américaine des diabétiques.  Un tel revirement, contraire à toutes les données scientifiques, serait-elle lié au fait que son association venait de recevoir une très généreuse donation d’un fabricant de boissons gazeuses sucrées ?

Ne faisons pas de mauvais esprit car il aurait aussi pu toucher des subventions d’un fabricant de jus d’orange : en moyenne, les jus de fruits « sans sucre ajouté » contiennent l’équivalent de 17 morceaux de sucre par litre (avec des pointes pour le jus de raisin ou de pommes) !

Mais soyons sérieux deux minutes car le sucre fait des ravages ! « Une étude menée à l’université de Loma Linda, aux Etats-Unis, a montré que la capacité de défense de nos globules blancs était inversement proportionnelle à la quantité de sucre blanc ingéré. Une piste qui pourrait expliquer les affections à répétition (ORL en particulier) dont souffrent les enfants avides de sucreries. » note par exemple le magazine Psychologies.

lire la suite sur le site du Mendiant
par Sidérale publié dans : Désirs d'avenir : Continuons!
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Lundi 2 juillet 2007

Exploitation : Les enfants cobayes de laboratoires

source : L'Archipel rouge
Publié le 28 juin 2007
par dandi

Jeudi 28 juin 2007

Exploitation : Les enfants cobayes de laboratoires

par Le Mendiant

Ce que dit la presse :

Le Nigeria accuse le géant américain Pfizer d’avoir utilisé, en 1996 et sous couvert humanitaire, des enfants comme cobayes, pour tester un médicament qui n’était pas encore au point. Résultat : sur les 200 enfants qui ont pris le Trovafloxacin pour soigner la méningite et la rougeole, 11 sont morts. Les survivants souffrent de diverses infections : paralysie, surdité, trouble de la parole, lésion cérébrale, cécité.

Source : Le Nigeria réclame 12 milliards à Pfizer, Le Temps, 6 juin 2007, Ram Etwareea

Commentaires du Mendiant :

Au prix des essais cliniques sur les cobayes occidentaux (jusqu’à 20 000 euros par patient), quoi de plus normal que les labos délocalisent leurs tests dans les pays lointains… Est-ce vraiment plus choquant qu’une délocalisation de production afin d’exploiter une main d’œuvre corvéable bon marché ?

Comme nous le rappelions dans le dossier sur l’exploitation des enfants, sur 210 millions d’enfants de 5 à 14 ans forcés de travailler dans le monde, plus de 10 millions le sont dans des secteurs d’exportation contrôlés par des multinationales occidentales ! A ce chiffre, il conviendrait donc aussi de rajouter les enfants cobayes…

Les pays en développement sont décidément une mine d’or pour les labos pharmaceutiques colonialistes. D’un côté, on va piller les ressources en plantes médicinales et les recettes de grands-mères, isoler les principes actifs et vite déposer des brevets afin de se garantir le monopole du traitement. Tout cela sans évidemment reverser le moindre centime aux autochtones.

De l’autre, on va se rendre sur place pour y effectuer des opérations humanitaires : rendez-vous compte que ces gens là n’ont même pas de quoi se soigner ! Qu’à cela ne tienne, on mettra à leur disposition les dernières molécules, avant tout le monde même. Voyez comme nous sommes généreux avec eux ! Bon d’accord, ces molécules étaient tellement nouvelles qu’elles n’avaient jamais été mises sur le marché… Mais en face d’enfants malades, vous feriez quoi vous ? Vous leur donneriez de vrais médicaments ? Pour qu’ils en fassent plus tard des génériques ? Non, décidément, vous ne comprenez rien au business !

Quelques pistes de Consomm’Action :

Lisez le livre ou visionnez le film La Constance du jardinier : John le Carré y dénonce la complicité entre un labo, le gouvernement et la mafia pour tester de nouveaux médicaments au Kenya. Ensuite, décidez d’être en bonne santé afin de ne plus subventionner ce type de pratiques ou soignez-vous au naturel, méthode efficace pour 90% des pathologies…

Le Mendiant Le pire n’est pas une fatalité. Parlez-en autour de vous…

*Source:http://lemendiant.over-blog.com/article-11070692.html

par Sidérale publié dans : Sur L'Archipel Rouge
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Lundi 2 juillet 2007

Créatures célestes par Agnès Maillard


source : L'Archipel rouge
Publié le 25 juin 2007
par dandi

Créatures célestes

Par Agnès Maillard blog monolecte le lundi 25 juin 2007

"C’est bête à dire, mais j’ai eu plus de peine à la mort de mon chat qu’à celle de ma grand-mère.

Quand mon vieux pote me dit ça, je n’ai pas un sourire goguenard et compassé et je sais qu’il n’a pas irrémédiablement plongé dans la sensiblerie déshumanisante de tant d’autres de nos congénères, ceux qui aiment à clamer : plus je connais les gens, plus j’aime mon chien. Je sais que l’Ours n’est pas un blaireau insensible et vaguement sociopathe, mais juste quelqu’un de sincère avec lui-même et qui a expérimenté le concept de proxémie affective. L’Ours vient de la campagne, il sait comment on enlève le pyjama de Jeannot Lapin, et contrairement à beaucoup d’entre nous, il sait tuer sa nourriture et cela ne lui pose pas l’ombre d’un problème.

Mon chat, je le voyais chaque jour que ce soit au déjeuner ou au dîner. Ma grand-mère, une fois tous les deux mois. Ça ne veut pas dire que je ne l’aimais pas, bien au contraire, mais parce que je la voyais moins souvent, sa disparition a laissé moins de vide dans ma vie, tout simplement.

C’est aussi un peu pour la même raison de distance que le mort du bled touchera plus que celui de la grande ville et qu’un seul défunt national, plus que 100 victimes au Bangladesh. L’éloignement physique favorise la relativité émotionnelle et du coup, nous hiérarchisons nos peines et nos attachements.

Si loin, si proches

Samedi, je devais photographier la parade des camions. J’ai réussi à négocier une fenêtre au premier étage avec vue plongeante sur la place principale du bled. J’étais donc en embuscade à mon poste d’observation privilégié et je regardais mes congénères vivre leur vie en contre-bas, pratiquement avec la distance de l’entomologiste. Cette distance scientifique de l’observateur ne remonte pas juste à ma formation d’éthologue. J’y réfléchis tout en vérifiant les réglages de mon appareil photo. Cela remonte bien plus loin dans le temps, dans la petite enfance, dans ces circonstances un peu particulières qui avaient fait de ma famille et de moi par ricochet, un intense sujet de curiosité de la part des autres. Je repense à ce sentiment d’étrangeté que le regard des autres avait construit chez moi, de l’intense solitude que l’enfant que j’étais ressentait, de cette distance affective terrible qui me rendait étrangère en mon propre pays. Et je me dis que c’est probablement de ce point de vue que surgissent les meilleurs observateurs, avec juste ce qu’il faut de détachement pour ne pas s’impliquer.

Je regarde donc les gens du bled vaquer à leurs occupations en attendant le défilé tonitruant. Je me rends compte en se faisant qu’à force de couvrir la plupart des événements importants du village, j’ai fini par connaître la plupart de ces trognes. Et que l’inverse doit aussi être vrai. Ceci est donc la communauté humaine à laquelle j’appartiens de fait. Et pourtant, je sais aussi avec une cruelle acuité que je ne serai jamais des leurs. Parce que je ne suis pas d’ici. Parce que même si je partage beaucoup de leurs activités, même si la plupart me connaissent, même si je suis le plus souvent aimable et souriante, je ne participe pas réellement au réseau dense et subtil des rituels qui cimentent les réseaux sociaux dans les petites communautés humaines. Je ne suis pas au troquet le samedi soir, ne supporte pas l’équipe locale de rugby, n’arsouille pas aux fêtes patronales, ne lance jamais aucune de ces réunions-gâteaux où convergent les mères de famille-copines. Et monsieur Monolecte ne porte pas les oreilles en chou-fleur et ne chasse pas le week-end.

Je les regarde donc tracer leurs trajectoires convergentes sur la place, se saluant de la main ou s’embrassant, parlant des gosses ou mimant quelques exploits à grand renfort de moulinets des bras. Je me dis que malgré tout, je fais partie de leur décor à défaut de leur communauté. J’envie un peu leur capacité à se retrouver jour après jour, à partager du temps et des émotions ensemble, à traverser la vie dans le joyeux brouhaha du groupe. D’un autre côté, je sais pour avoir recueilli quelques confidences au vol, que certaines embrassades sont des baisers de Judas, que bien des amitiés ont tourné court pour des histoires de fesses ou de bornage, qu’il y a dans toute cette humanité grouillante des inimités dont on hérite, génération après génération, des guerres de famille qui n’ont pas de fin. Et ma place d’observatrice me paraît soudain bien moins inconfortable.

Bien sûr, je me dis que cette distance que je n’ai pas franchement choisie ne doit pas beaucoup me protéger du ragot, grand sport à la mode dès qu’il y a trois humains qui se côtoient, mais au moins, cela ne trouve jamais assez d’intermédiaires pour revenir à mes oreilles. Parfois, l’ignorance protège. Je sais aussi que de ne pas laisser grand-chose filtrer de ma vie privée ne coupe pas la source d’inspiration des pipelettes, mais stimule leur imagination bien au contraire. Mais c’est le prix à payer pour être un humain parmi les humains. À la périphérie du groupe, mais tout de même pas l’extérieur. Pour l’instant.

Je sais que la gosse est populaire. La plupart des gamins de l’école la connaissent. Souvent, quand je fais mes courses, je ne suis pas interpellée par mes lecteurs, mais par leur enfant. Parce que je suis la mère de... Du coup, je me demande si elle a sa place dans le groupe. Si elle fait partie de la communauté du bled. Comme un trait d’union entre eux et moi. Une connexion avec ma propre humanité. Et mes congénères. Regardez, je suis comme vous, cette petite créature délicieuse est entrée dans ma vie il y a seulement cinq ans et c’est déjà comme si elle avait toujours existé, comme si tout a pris sens avec son arrivée.

Condition de l’Homme

Je les regarde donc tracer des diagonales sur le bitume, rire et s’étreindre et je me dis que chacun d’entre eux est capable du meilleur comme du pire. Ce n’est qu’une simple question de circonstances. Tant que tout va bien, que rien ne frustre cette abstraction tangible qu’est la communauté des hommes, il y a des fêtes, de l’entraide, des soirées plancha entre amis, des petits mots amicaux, des petits gestes pour rien. Mais que l’adversité survienne et bien des portes et des visages se fermeront. Je suis toujours pitée dans l’embrasure de cette fenêtre enrubannée de toiles d’araignées et je me demande combien, parmi tous ces gens souriants, pourraient se transformer en bourreaux implacables, combien, si un quelconque tribun appuyait sur le bon levier, iraient découper leurs amis d’hier, leurs voisins à coups de pioche. C’est bizarre ce qu’un peu d’altitude et d’attente peut faire survenir comme pensées insaisissables. Les barbares ne viennent jamais d’ailleurs. Ils vivent parmi nous. Ils sont en nous. Ils sont nous.

Que demain éclate une guerre civile et chacun d’entre nous sera sommé de se révéler, dans toute sa splendeur ou son hideux égoïsme. Je me dis, pour me rassurer, que la plupart d’entre nous choisiront probablement la fuite ou tout au moins une habile servilité et une totale soumission au vainqueur, quel qu’il soit, rentrant la tête entre les épaules et espérant que la tempête passera plus haut. Une très grosse minorité (à moins qu’il ne s’agisse d’une petite majorité) y verra de grandes opportunités pour sauver ses fesses et améliorer sa condition initiale et beaucoup seront volontaires pour les pires exactions. Parce que toujours dans le groupe finalement, noyés dans la masse, où l’expression du pire de chacun d’entre nous peut se diluer dans la masse de l’ignominie. C’est toujours dans ces spasmes violents de l’histoire que les comptes se règlent, que les ardoises se vident que les rancœurs secrètes s’exposent au grand jour. Je me demande ce que l’on me reprochera, alors, mais cela importe peu, il n’y a que le résultat qui compte.

Et puis, dans la tourmente, une poignée d’hommes et de femmes se grandiront bien au-delà de leur condition initiale. Ils feront le choix d’être des justes au cœur du chaos. Ils se mettront au service d’idéaux plus grands qu’eux, de la communauté des hommes qui ne leur sera même pas reconnaissante ensuite. Je regarde en contrebas et je me demande combien il peut y avoir de héros en gestation dans cette foule bourdonnante et joyeuse. Je me dis aussi qu’il m’arrive souvent de laisser mon esprit dériver bien loin de la réalité et du temps présent.

Que la fête commence !

Agnès Maillard

*Source:http://blog.monolecte.fr

par Sidérale publié dans : Sur L'Archipel Rouge
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Dimanche 1 juillet 2007
LA POÉSIE SEULE…

source  : terres de femmes

« Je crois que l’homme au plein de sa vigueur et de sa force, et qui le sent assez pour ne pas douter de son regard, de son ouïe, est, à la lettre, un aveugle et un sourd. Je crois que seuls certains états extrêmes de l’âme et du corps : fatigue (au bord de l’anéantissement), maladie, invasion du cœur par une subite souffrance maintenue à son paroxysme, peuvent rendre à l’homme sa vraie puissance d’ouïe et de regard. Nulle allusion, ici, à la parole de Plotin : « Ferme les yeux, afin que s’ouvre l’œil intérieur. » Il s’agit de l’instant suprême où la communion avec le monde nous est donnée, où l’univers cesse d’être un spectacle parfaitement lisible, entièrement inane, pour devenir une immense gerbe de messages, un concert sans cesse recommencé de cris, de chants, de gestes où tout être, toute chose est à la fois signe et porteur de signe. L’instant suprême aussi où l’homme sent crouler sa risible royauté intérieure et tremble et cède aux appels d’un ailleurs indubitable.
    De ces messages, la poésie seule (est-il besoin de le dire ?) est digne de suggérer quelque écho. Souvent elle y renonce en pleurant, car ils sont presque tous balbutiés à la limite de l’ineffable. Elle s’éveille de sa connaissance, les lèvres lourdes encore de paroles absentes ou folles qu’elle n’ose redire – et qui contiennent la vérité. Ou si elle ose les redire, c’est qu’elle semble avoir oublié leur origine, leur importance. Elle divulgue en deux vers un secret bouleversant, puis se taît. »

Gustave Roud, « Bouvreuil », in Air de la solitude [1945]
par Sidérale publié dans : à voix nue
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Samedi 30 juin 2007

Séminaire sur la campagne électorale de Ségolène Royal organisé par Paris d’Avenir


Séminaire sur la campagne électorale de Ségolène Royal organisé par Paris d’Avenir

A tous ceux qui ont fait la campagne de Ségolène Royal, nous vous invitons à écrire ensemble nos engagements, nos expériences, nos doutes, nos échecs, nos réussites et nos projets. Et dire quel avenir nous voulons donner aujourd’hui à nos engagements.

Le 7/07/07 – 7 juillet 2007 Au FIAP - 30 rue Cabanis, Paris 13e Métro Glacière ou Denfert Rochereau

Programme : Accueil thé, café, croissants : 9h30 Début des travaux en ateliers d’écriture : 10 heures (soyez ponctuels) 13 heures : déjeuner sur place 14 heures : séance plénière Fin des travaux : 16h30

Attention : l’exercice sera réservé aux 120 premiers inscrits Participation demandée aux frais (comprenant le déjeuner) : 20 euros (5 euros pour les étudiants, chômeurs et personnes en difficulté)

Papier, stylos fournis

La production de cet atelier d’écriture sera publiée intégralement, mise à la disposition de tous les membres de DA et remise à Ségolène Royal.

Inscription : Par mail : christiane.gilon@wanadoo.fr Si pas de mail par téléphone :
- 0681095681
- 0607443070

Pourquoi des ateliers d’écriture ? Parce que l’atelier d’écriture est un dispositif idéal pour donner à un groupe engagé dans le même mouvement un temps de mise à plat et de mise en forme de toutes les idées Pour penser librement, à la fois personnellement et ensemble Pour que chacun ait voix au chapitre Pour garder la trace de ce que nous avons fait et pensé Pour aller plus loin Pour donner un contour à toutes les pensées qui se bousculent dans nos têtes Pour pouvoir parler sans être interrompu Parce que toute parole est importante, toute forme d’expression est intéressante On écrit ce qu’on a à dire : pas besoin de « bien écrire », l’atelier d’écriture est fait pour aider chacun


calle
calle
calle
par Sidérale publié dans : Agenda militant
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Ose




Red Archipel Radio

http://www.lastfm.fr/user/RedArchipel/





  Je n'ai jamais réussi à définir le féminisme. Tout ce que je sais, c'est que les gens me traitent de féministe chaque fois que mon comportement ne permet plus de me confondre avec un paillasson.

            Rebecca West

 


La traversée des apparences

"Faire du chemin...c'est d'abord une expérience physique.
Parfois, c'est aussi une expérience spirituelle...
c'est découvrir des paysages emblématiques :
des territoires sans rupture entre réel et imaginaire qui nous changent la vie.

Nos vies ne sont plus les mêmes depuis que nous sommes à Corvo, l'île de nos terres de danse."


«[...] nos livres tous les jours nous voient dans notre nudité intérieure.»

Olivier Bruley

 

 

La conscience est bien plus que l'écharde, elle est le poignard dans la chair.

E. CIORAN

 


 

En cette vie, où je suis mon sommeil,
Je ne suis pas mon sommet,
Qui je suis est qui je m'ignore et vit
A travers cette brume que vraiment je suis,
Toutes les vies que j'ai eues autrefois,
Dans une seule vie.
Je suis mer ; clapotis faible, rugissement vers les hauteurs,
Mais ma couleur provient de mon ciel élevé,
Et je ne me rencontre que lorsque de moi je fuis.

Qui donc guidait mes pas de jeune infant sinon
L'âme véritable qui se trouvait en moi ?
Attachée par les bras du corps,
Elle ne pouvait être plus.
Mais, sans nul doute, un geste, un regard, un oubli
Aussi, aux yeux de qui aurait bien regardé
La Présence Réelle sous le déguisement
De mon âme présente ici sans y prétendre.

Fernando Pessoa, poèmes ésotériques,

Christian Bourgois 1988, p. 39.

Fernando Pessoa dans Poezibao :
Fiche bio-bibliographique, extrait 1, extrait 2,





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