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Ancrage : Point d'ancrage, lieu (abstrait) de fixation














L'amour, dans l'anxiété douloureuse comme
dans le désir heureux, est l'exigence d'un tout.
Il ne naît, il ne subsiste que si une partie reste
à conquérir.
On n'aime que ce qu'on ne possède pas
tout entier.
Marcel Proust

Man Ray - Hand on lips

" Je vous vois et vous me voyez,
J'ai une certaine conception de vous et vous de moi.
Je vois votre comportement et vous le mien.
Mais je ne vois pas, je n'ai jamais vu et ne verrai jamais votre expérience de moi ;
Pas plus que vous ne pouvez voir mon expérience de vous.
Je ne peux pas faire l'expéreince de votre expérience, ni le contraire.
Nous sommes l'un(e) et l'autre des hommes/des femmes invisibles.
Tous les hommes sont invisibles les uns des autres."
 France Culture - Voyages en psychiatrie - Août 2006
Dimanche 29 juillet 2007

Across the universe of languages

Un concert stupéfiant, une étonnante reprise des chansons des beatles, parmi le pourpre et les dorures de l'opéra, il ne fut pas possible de donner libre cours , à nous spectateurs, à notre impulsive  envie de répondre à cette invitation à accompagner de nos gestes cadencés ces interprétations sublimant l'oeuvre des Beatles.

Katia Labèque est une pianiste d'exception, une pianiste rock aussi!

Ne ratez pas la rediffusion de ce concert, sur les ondes de france Musique le 2 septembre prochain à 15h.

Une projection vidéo a suivi le concert qui nous avait également donné à écouter "Notes to the future" par Patti Smith, texte qui n'était pas prévu dans le programme initial, ajout qui souligne à mon sens l'engagement politique des artistes dans cette adresse au public par cet hommage rendu à Patti Smith, artiste engagée.


"Icône du rock pour toute une génération, Patti Smith, interprète-compositeur et poétesse garde plusieurs décennies après le début de sa carrière l’image d’une artiste féminine toujours aussi complète et engagée.

Patti Smith fait son apparition sur la scène musicale américaine dans les années 1970 au lendemain de la mort de Janis Joplin.

Sans tomber dans la facilité d’un discours féministe, Patti Smith va établir un pont entre le folk-blues de Bob Dylan et la violence teintée de littérature du velvet underground, annonciatrice de la vague punk qui va bientôt arriver. Des artistes tels que Michael Stipe, Morrissey mais aussi Chan Marshall (de Cat Power) la tiennent pour une référence absolue."

source : http://www.music-story.net/


(voir aussi l'archipel rouge.)


Listen my children and you shall hear
The sound of your own steps
The sound of your hereafter
Memory awaits and turns to greet you
Draping its banner across your wrists
Wake up arms
Delicate feet
For as one to march the streets

Each alone, each part of another
Your steps shall ring
Shall raise the cloud
And they that will hear will hear
Will hear voice of the one
And the one and the one
As it has never been uttered before

(...)

 

No unknown.
No insignificant one
Nor insignificant labor
Nor insignificant act of charity

Each has a story to be told and retold
Which shall be a glowing thread
In the fabric of Man

And the children shall march
And bring the colors forward
Investing within them

The redeeming blood
Of their revolutionary hearts.

 


Across The Universe

           

 

Words are flying out like endless rain into a paper cup,           

They slither while, they pass, they slip away across the universe          

Pools of sorrow, waves of joy are drifting through my open mind,

            Possessing and carresing me.  

 

À TRAVERS L’UNIVERS

 

 

Les mots volent comme une pluie sans fin dans un verre de papier

Ils glissent lorsqu'ils passent, ils disparaissent à travers l'univers

            Des bassins de regrets, des vagues de joie flottent au travers de mon esprit ouvert

            Me possédant et me caressant

The Beatles


Jeudi 26 juillet > 20h Opéra Comédie

Ensemble B for Bang

Nicola Tescari, claviers
Luca Tilli , violoncelle
Massimo Pupillo, basse
Marque Gilmore, percussion
David Chalmin, guitare
Katia Labèque, piano

Special guests :
Katell Keineg, vocal
Nadeah, vocal

Arrangements Nicola Tescari, Giovanni Sollima, David Chalmin

Fabio Massimo Iaquone, video
Luca Attili, assistant à la video
Ermina Palmieri, scénographe


For the benefit of Mister Kite
*One more song
Norvegian woods
Blackbird
Taxman
Happiness is a warm gun
**Notes to the future dit par Patti Smith
Come together
Lucy in the sky with diamonds
Golden slumbers
Dear prudence
Julia
I am the walrus
Helter skelter
I want you
***While my guitar gently weep

Chansons de John Lennon/Paul McCartney sauf
*Nicola Tescari
** David Chalmin
***George Harrison

Avec l'aide de FDI Groupe-Crédit Immobilier de France Sud et avec le soutien de la Sacem

Diffusion le 2 septembre à 15h00 France Musique (à Montpellier fréquence 96,4 MHz)

La réinterprétation de l’univers et des chansons des Beatles, mélangeant instrumentation classique et pop, avec une performance visuelle. Cette création est une pièce maîtresse de la démarche de la Fondation Katia et Marielle Labèque pour ouvrir la musique classique à un nouveau public.

par Sidérale publié dans : Agenda culturel
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Mercredi 25 juillet 2007
Écouter et inscrire l'écoute
A propos du livre de Peter Szendy Ecoute. Une histoire de nos oreilles (Minuit, 2001)
Samedi 20 octobre 2001, IRCAM

 

Daniel Deshays

 

Ce que l'écoute nous propose, c'est un jeu avec l'absence.
Car l'écoute s'organise en regard de la mémoire, celle de tous les sons déjà entendus - dans cette tenue à distance par l'incertitude du souvenir, dans un "comment c'était déjà?".
Mémoire pourtant certaine, dans l'opacité des ordonnancements qu'elle élabore. Mémoire à laquelle on n'échappe pas, dans une obligation réflexe de s'y référer, l'objet sonnant pourtant devant nous, présent à la vue. Je vois bien devant moi l'objet qui sonne, il faut pourtant confirmer à mon entendement qu'il y a conformité avec ce que j'en sais déjà. Conformité malgré le léger écart entre ce que j'entend et ce dont je me souviens.

Écouter c'est se souvenir, mais c'est autant pouvoir supposer un devenir à ce son et accepter sa venue. Prévoir ce que la suite sera, par ce que j'en sais déjà, à travers le souvenir de mes expériences passées - l'abondante fréquentation de l'écoute musicale ou sonore aide à prévoir.
Écoute de l'expérience passée sous l'écart qui m'en sépare, malgré l'urgence et la tension qu'impose l'écoute que je suis en train de poursuivre presque malgré moi.
Tension afin de rester présent à l'événement dans lequel elle nous conduit et nous oblige. -"Si je ne tiens pas la continuité je vais perdre le fil". Car dans un sonore qui disparaît au fur et à mesure qu'il s'annonce, pas de retour possible. L'oreille n'a pas, comme l'oeil lisant, la liberté d'opérer un retour sur la page. Écoute, ici dans la volonté tendue de suivre tout ce qui va paraître.
Puis ce nouveau trajet s'inscrit à son tour dans la mémoire, nouvelle donnée, nouvelles références stockées, disponibles aux expériences futures.
Ainsi, l'écoute se renouvelle et se complète en nous. Le cheminement de l'écoute est errance, balayant à l'entours tous les signes émergents.
Dans ce trajet d'écoute se marquent pourtant des arrêts, fixations soudaines d'un détail, pris dans le désir d'observer. Auditeur ramené en lui l'espace d'un instant, se perd alors le fil de l'écoute dont il jouissait pourtant quelques secondes auparavant.

Prenant ses distances, "l'écoutant" sait relativiser l'engagement dans lequel il se tient, selon l'objet et le sujet considéré: l'écoute de l'interprétation donnée par le concertiste face à celle de l'amateur ne place pas le regard au même endroit: à l'un on offre une écoute abandonnée et jouisseuse, pour l'autre elle sera distante et critique sous le crédit pourtant offert à ce deuxième.
Ces deux situations nous engagent pourtant tout entier. Elles installent tour à tour notre corps d'auditeur dans une acceptation généreuse, une ouverture, ou, au contraire, dans une tension, sous la crainte d'un échec pressenti en chaque maladresse.
Et c'est tout le corps qui est touché par ce qui vient de passer par l'oreille, tout le corps qui est mis en tension ou en épanouissement. Tout ouïe - l'être est totalement engagé à travers son écoute.
Le corps de l'écoutant (plutôt que de l'auditeur) est relié par l'infime orifice de l'oreille au corps du joueur (plutôt qu'exécutant ou interprète).
C'est dans une complicité, une mise dans le jeu, que mon corps respire avec lui; que la salle entière respire avec lui.
J'oublie la salle au moment ou l'écoute me renvoie en moi et en lui, dans ces lieux exclusifs de la mémoire, pourtant je la ressens cette salle - du moins par le silence qui y règne, témoin de l'unité d'écoute qui l'habite.
Pourtant, chaque écoute est singulière. Chaque auditeur possède une mémoire combien différente des autres assemblés dans ce côtoiement d'écoutes.
Car si l'écoute est personnelle c'est qu'elle procède de la comparaison de ce qui est entendu avec ce qui est connu. La mémoire, lieu de cet échange est autant mémoire de timbres, de gestes qui les produisent que du fruit des lectures de partitions voire des nuances des diverses interprétations rencontrées en concert ou lors d'écoutes de disques. Mémoire, somme de sentiments incertains dans l'éloignement qu'ils tiennent avec nous, vers lesquels pourtant, une attraction questionnante ne cesse de nous ramener.
Mais l'écoute ne se produit pas que dans ce simple mouvement. Elle n'est pas un simple bureau d'authentification. L'écoute est désirante et c'est dans une errance attentive qu'elle se nourrit.
Nous ne sommes pas munis de deux entonnoirs, écarquillés, recevant la totalité de ce qui nous est proposé à chaque instant. Non, trop de travail à fournir pour parvenir à tout saisir d'un coup. L'économie dans laquelle le corps se réserve et qui nous guide, nous fait préférer de considérer, de lieu en lieu, de temps en temps, les émergences signifiantes.
Il est inutile de tout entendre. Et c'est notre corps lui-même qui nous le signifie par son comportement. Ce qui est repéré est aussitôt abandonné pour laisser disponible notre perception à ce qui arrive de nouveau, voire exceptionnellement à ce qui pourrait être inouï.
Sous trop de nouveauté, à l'écoute d'une oeuvre nouvelle par exemple, l'inquiétude s'installe, sous le poids de trop d'éléments à comprendre, repérer et classer. Il nous faudra forcer l'écoute dans la tension et la fatigue. La réécoute devient alors nécessaire pour refaire le parcours dans le plaisir attendu de le retracer.
Notre attention, comprenant que cette écoute nouvelle ne comporte que peu de risques (comparé à ceux que nos oreilles rencontrent en traversant une rue) et la contrainte d'écoute ne pouvant être maintenue, l'écoute décroche, l'attention s'évade perdant tout contact avec l'ici et le maintenant.
L'écoute n'est plus que de nous même et en nous même, nous faisant basculer dans le rêve. Au réveil sortant de ce demi abandon, l'auditeur se trouve très étonné qu'une partie du discours soit absent de lui. Une pièce manque à sa résolution syntaxique.

Cette écoute s'organise au long d'un parcours et dans des choix. L'attention choisit de se fixer un moment sur un détail de l'oeuvre puis sur un autre, survient le mouvement du chef, le charme d'un visage, et notre oeil nous trahit. Puis, dans un sursaut de volonté, tentant de rassembler la perception globale d'un court instant, on ferme les yeux pour s'extraire de ce que la vue semble ne pas imposer mais qui pourtant insiste.
Cette vue distrait autant qu'elle favorise l'acuité de l'écoute. Les yeux fermés, l'orchestre se rassemble, nous laissant pourtant encore la liberté d'errer auditivement parmi les musiciens.
Il faut sortir du concert pour faire apparaître plus clairement le processus. Considérons le moment qui a précédé votre venue au concert. L'instant du rendez vous dont vous aviez convenu avec votre amie. Vous vous êtes retrouvé au café quelque temps avant ce concert. Vous avez conversé ensemble.
Au fil du dialogue, la salle bruyante dans laquelle vous êtes assis, s'est peu à peu estompée, s'effaçant de votre conscience. Son niveau de bruit ne change pas, pourtant vous n'entendez plus que votre amie. Ce qu'elle vous dit occupe toute votre attention. Ainsi vous avez, peu à peu isolé dans un contexte sonore chargé et complexe, l'objet du désir de votre écoute. Cette voix n'est pas n'importe laquelle, elle représente votre objet de désir. Je souhaite n'entendre que toi, mon amie - écoute amoureuse.
Ecoute désirante, cette faculté illustre notre liberté de choix. C'est celle qui nous échappe à chaque instant et en tous lieux. La salle de concert est l'un de ceux-ci.
Nous ne parvenons qu'à de rares instants à saisir la somme qui nous est proposée, le reste du temps est errance poursuivant détails et émergences et c'est à notre insu que tout se passe, soudain surpris de découvrir où notre écoute a pu nous déposer.
"Ecouter sans divagation aucune, sans se laisser jamais distraire par les bruits de la vie, est-ce encore écouter?" nous dit Peter Szendy p146 continuant, "l'écoute ne doit-elle pas accueillir en son sein quelques flottements? Une écoute responsable ne doit-elle pas être flottante?"...

Sortant du café pour rejoindre la salle de concert, vous traversez la rue en conversant. Des pneus crissent, vous sautez sur le trottoir, retenant votre amie.
L'écoute qui a guidée ce réflexe l'a emportée sur celle qui vous tenait dans ce bel échange. C'est un lieu dans l'écoute qui reste vigilant jour et nuit, conservant toujours en nous un espace de protection, Il nous permet de laisser vivre tous les autres niveaux de l'écoute, en assurant pendant ce temps notre survie. Ecoute animale, une chronologie des indices de dangers la guide.
Puisque nous sommes à cet endroit, je voudrais faire une parenthèse pour indiquer que c'est sur cette faculté que le cinéma industriel fonde en partie sa persuasion. Dans une succession de plans rapides que l'oeil suit comme il peut, sont posés synchroniquement et souvent aux changements de plans, des sons violents. Ils ont la faculté de prendre tous les spectateurs au même niveau d'écoute, au ventre: celui qui est commun à tous. Ici n'entre plus en jeu l'épaisseur du sédiment culturel de nos mémoires d'écoutes. Ni notre écoute critique. Ici pas de distance, pas de recul offert. A cet endroit, nous avons tous la même mémoire, celle qui permet à chacun de conserver sa vie. Le film ne ment assurément pas lorsqu'il est dit dédié à tous publics.
Nous voilà bien loin de l'écoute musicale raffinée et profonde dont nous parle Peter Szendy. Pourtant cette donnée nous aide à comprendre comment nous sommes pris par l'oreille, abusés dans notre consentement.

Retour au café. Supposons enfin que quelqu'un souhaite fixer cet instant de rencontre entre nos deux mélomanes amoureux au moyen d'un magnétophone. Ce que capteraient les micros placés à notre table ne nous donneraient jamais à entendre ce bel isolement sonore dans lequel se trouvait notre couple. Il nous offriraient des dialogues noyés dans le brouhaha assourdissant du café. Les micros ne sont pas encore capables d'effectuer le tri que notre cerveau avait opéré. Bien plus, à la réécoute de la bande, nos moyens de séparer dans l'écoute le dialogue de cet entropique bruit de fond sont très faibles. Les sons rassemblés en un enregistrement compacté, rendent vain tout parcours d'écoute dans l'épaisseur de ces données.
A ce moment vous commencez à percevoir ce qui différencie l'écoute en concert de l'écoute discographique. La différence ne se trouve pas dans le pouvoir séparateur que le disque nous offre par la qualité de la prise de son et de la possibilité de tout entendre de la partition. L'ingénieur du son sait suivre une partition et favoriser au long d'un enregistrement l'apparition des éléments du discours musical qu'il serait bon de faire émerger. Mais ce que nous fait perdre l'enregistrement, à coup sûr, c'est la liberté d'errance dans les multiples pupitres de l'orchestre, cette liberté de flâner dans l'écoute, de plonger sur un détail puis de reprendre de l'altitude comme on pouvait le faire dans l'ambiance surchargé du café, ou ici, dans la salle de concert.
Ce que nous donne le preneur de son dans le disque c'est son écoute ; même remarquable, elle reste un unique point de vue. Elle n'est pas comparable à la liberté de l'écoute que nous offre le concert. Au concert chaque auditeur fait son trajet librement, organisant son écoute au plus près de ses désirs, suivant le chemin où son écoute veut bien le guider.
Alors Peter, les transcriptions pour piano restent un espace musical accessible aux pratiques domestiques, même si elles n'ont plus de gros succès. La musique vivante est un espace intime, elle est aussi un espace de liberté.
La réduction de partition si elle est une réduction de l'oeuvre ne produit aucune réduction d'écoute ; contrairement à ce que produit le disque.
Même s'il est un magnifique support d'édition, le disque reste encore, du point de vue de l'écoute un superbe malentendu.

Mais, grâce à notre fascinant pouvoir de représentation, dans ce retour par la mémoire qu'organise l'écoute du disque, l'image se reconstitue, figurant en nous ce que l'on n'a pas vu mais dont on se souvient pourtant.

 

par Sidérale publié dans :
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Mardi 24 juillet 2007
 source : éditions Corti

 
A Susan Gilbert Dickinson

Ressentir ton absence, Sue, est pouvoir.

Le stimulant qu’est le Deuil rend la plupart des Possessions mesquines.

Vivre dure toujours, mais aimer est plus fort que vivre.
Nul Cœur brisé qui ne soit allé plus loin que l’Immortalité.

Les Arbres tiennent la Maison pour toi tout le Jour et l’Herbe semble domptée.

Une Poule silencieuse hante les lieux avec des Poussins superstitieux – et par les Matins tranquilles un Coq frappe à ta Porte.

Regarder par là est Roman.

 Le Roman « sorti », une pathétique valeur s’attache au Rayon.

Rien ne s’en est allé, sauf l’Été, ni personne que tu connaisses.

Les Forêts sont à Demeure – les Montagnes, intimes la Nuit et arrogantes à Midi, et il y a dans l’air une Fluidité solitaire, pareille à une Musique en suspens.

D’un Deuil aussi divin
Nous n’inscrivons que le Gain,
Compensation pour la Solitude
Qu’un tel Délice a été.

Dis à Neddie qu’il nous manque et que nous chérissons le « Capitaine Jinks* ». Dis à Mattie que le Chien de Tim traite le Minet de Vinnie de tous les noms et que je ne le décourage pas. Elle doit revenir à la Maison, les chasser tous les deux et le compte sera bon.
Pour la Grande Mattie* et John, bien sûr, un vif souvenir.
J’espère que tu as chaud.

Je garde ta fidèle place.

Quelle que soit la foule, ta Porte de Diamant possède une solide Serrure.

Emily.


Susan –

Les actes les plus exquis à la fois requièrent et défient la gratitude, aussi le silence est-il tout l’honneur qu’ils obtiennent – mais pour ceux qui savent apprécier le silence, c’est exquisément suffisant –

Dans une Vie qui cesserait de deviner, toi et moi ne nous sentirions pas chez nous –

Pour les fidèles l’Absence est présence condensée.
Pour les autres – mais il n’en est pas d’autres –



           
           A Elizabeth Holland

La vitalité de vos syllabes compense leur rareté.

En général, il ne s’agit pas tant de Vie que de parler de la Vie. Si nous avions la moindre intuition de la Définition de la Vie, les plus calmes d’entre nous seraient des Fous !

Austin a décrit sa visite à sa façon, bien entendu inimitable.
J’espère que ces jeunes Hommes ont le soutien des Évangiles, bien que ce soit un Élixir obscur, dans des cas comme les leurs.
Austin a dit qu’il avait très honte de Mattie* – et elle avait très honte de lui, nous a-t-elle fait savoir. Ils forment un drôle de couple.
Je suis contente que vous aimiez votre Pasteur, bien que l’erreur d’aimer le nôtre** nous ait coûté fort cher.
Dieu semble bien plus amical à travers une Loupe chaleureuse.

Il y a une Colombe dans la Rue et je possède une Boue splendide – je sais par conséquent que l’Été approche.

 J’ai toujours été attachée à la Boue, peut-être à cause de ce qu’elle représente – peut-être, aussi, à cause du lien de l’Enfant avec les Tourtes primordiales.

Vinnie a arboré par trois fois des Joues fraîches, pour le Docteur – mais j’ai pensé qu’il me faudrait avoir le temps de changer les miennes, après sa visite –
C’est ce qui s’est passé.
J’espère que vous êtes tous deux saufs et en douce santé, et qu’à un stade de ma rapide vie, je vous reverrai.

Si nos immortels étaient des Mortels, aussi présents pour nous que la Nature, nous ne demanderions que peu d’Aumônes.

Emily
par Sidérale publié dans : Epistolaire
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Jeudi 19 juillet 2007

MOURON

Le coeur gros comme un tango

Paroles : Mouron et J.Claude Goldschmit.
Musique : Romain Didier.
1997

Ce soir j'ai l'coeur gros comme un tango
Qui pleure, pleure sur un vieux phono
Je traîne, traîne comme une fin d'bal
Qui danse, danse tourne mal
Ce soir j'ai l'coeur gros comme un bando
Qui tangue, tangue sur un vieux radeau
La terre tourne au bras des salauds
Le monde rêve de mourir idiot

Ce soir y'a le parfum de guerre
De l'homme qui se désespère
Du vent qui engendre du vent
Et ça se vend assurément
Ce soir le temps cherche un tourment
Comme la tourmente un amant
Ce soir Paris est Buenos Aires
Et mon amour part aux enfers

Ce soir j'ai l'coeur gros comme un tango
Qui pleure, pleure sur un vieux phono
Je traîne, traîne comme une fin d'bal
Qui danse, danse tourne mal
Ce soir j'ai l'coeur gros comme un bando
Qui tangue, tangue sur un vieux radeau
La terre tourne au bras des salauds
Le monde rêve de mourir idiot

Ce soir les longs couteaux s'ennuient
Le glaive attend la peau des p'tits
Cancer fait la cour à nos corps
Sida fait l'amour à la mort
Ce soir je vois ces suppliciés
Aux plaies qui ne saignent jamais
Ce soir Paris est Tour de Pise
Et mon amour fait sa valise

Ce soir j'ai l'coeur gros comme un tango
Qui pleure, pleure sur un vieux phono
Je traîne, traîne comme une fin d'bal
Qui danse, danse tourne mal
Ce soir j'ai l'coeur gros comme un bando
Qui tangue, tangue sur un vieux radeau
La terre tourne au bras des salauds
Le monde rêve de mourir idiot

Y'a plus que de la nostalgie
De la nécro photocopie
Du fer qu'on croise éternellement
Et tout l' monde ment assurément
Je repeins ma vie dans la nuit
Et la nuit se prend pour ma vie
Ce soir Paris ne me plaît plus

Et mon amour ne m'aime plus

 son site :http://www.mouron.net/

Mouron et Terry Truck
seront au Festival d'Avignon du 6 au 28 juillet 2007 à 21h20

dans le nouveau spectacle : Le Café des Annés Lumières

Théâtre Le Petit Louvre

23, rue Saint Agricol 84000 Avignon

Réservations : 04 90 86 04 24


A savoir

Il en a fait du chemin le petit clown facétieux et mélancolique du Big Bazar de Michel Fugain... Mouron, chanteuse à la voix unique, revient à Avignon pour la création de son nouveau spectacle : Le Café des Années Lumière". D'ailleurs la presse en parle si bien :
 
Une des-rares-grandes d’âme dont notre chanson puisse s’enorgueillir.
CHORUS–Daniel Pantchenko


Absolut Mouron. Chaque fois qu'elle chantera, il pleuvra des roses rouges.
SÜDDEUTSCHE ZEITUNG
 
Un cœur gros comme le Taj Mahal.
L'ÉVÉNEMENT DU JEUDI–Patrice Delbourg

Mouron chante comme elle respire. Et comme elle respire ! Peu de chanteurs savent transformer cette nécessité en expression.
LIBÉRATION–Hélène Hazera



Dès que Mouron apparaît, clown triste aux yeux chauds, dès que son chant pur et puissant nous saisit, on sait qu'on n'oubliera plus cette singulière soirée. 
TELERAMA–Anne-Marie Paquotte

On n'échappe pas à son tempérament. 
LE NOUVEL OBSERVATEUR-Franc Tenaille

Cette petite bonne femme haute comme trois pommes se transforme sur scène en une véritable bombe, habitant les grands espaces et les grands silences d’une présence et d’une puissance vocales remarquables.
TÉLÉRAMA–VALÉRIE LEHOUX
par Sidérale publié dans : Agenda culturel
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Jeudi 19 juillet 2007

M.M.B. Galerie

20 rue de la Balance 84000 Avignon
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1 salle / 25 places
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Téléphone réservation
06 87 45 68 19 
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Propriétaire-gérante
Marie-Marguerite Buhler
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Située dans le quartier de la Balance, entre la Place de l'Horloge et le Palais des Papes, la Galerie expose, tout au long de l'année, les oeuvres d'artistes contemporains.

 Pendant le Festival 2007, elle accueille "J'AI VU UN TABLEAU ROUGE ET C'ETAIT MOI", une création théâtrale autour du peintre Nicolas de Staël, à partir d'un matériau d'archives récentes : le livre d'or de la Rétrospective De Staël à Paris, en 2003.

du 6 au 28 juillet - durée 1h -


par Sidérale publié dans : Agenda culturel
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Jeudi 12 juillet 2007

L’ile aux fleurs...

source : L'Archipel rouge

L’ile aux fleurs

Réalisation : Jorge Furtado

Scénario : Jorge Furtado

Documentaire, court métrage 12 min

sortie : 1989 (Brésil)

(Lien glané sur :http://lespenseesdemarianne.hautetfort.com)

par Sidérale publié dans : Sur L'Archipel Rouge
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Jeudi 12 juillet 2007

Nous savons peu de choses, mais qu'il faille nous tenir au difficile, c'est là une certitude qui ne doit pas nous quitter. Il est bon d'être seul parce que la solitude est difficile. Qu'une chose soit difficile doit nous être une raison de plus de nous y tenir.
Il est bon aussi d'aimer ; car l'amour est difficile. L'amour d'un être humain pour un autre, c'est peut-être l'épreuve la plus difficile pour chacun de nous, c'est le plus haut témoignage de nous-mêmes ; l'oeuvre suprême dont toutes les autres ne sont que les préparations. C'est pour cela que les êtres jeunes, neufs en toutes choses, ne savent pas encore aimer ; ils doivent apprendre. De toutes les forces de leur être, concentrées dans leur coeur qui bat anxieux et solitaire, ils apprennent à aimer. Tout apprentissage est un temps de clôture. Ainsi pour celui qui aime, l'amour n'est longtemps, et jusqu'au large de la vie, que solitude, solitude toujours plus intense et plus profonde. L'amour, ce n'est pas dés l'abord se donner, s'unir à un autre. Que serait l'union de deux êtres encore imprécis, inachevés, dépendants ?

L'amour, c'est l'occasion unique de mûrir, de prendre forme, de devenir soi-même un monde pour l'être aimé. C'est une haute exigence, une ambition sans limite, qui fait de celui qui aime un élu qu'appelle le large. Dans l'amour, quand il se présente, ce n'est que l'obligation de travailler à eux-mêmes que les êtres jeunes devraient voir. Se perdre dans un autre, se donner à un autre, toutes les façons de s'unir ne sont pas encore pour eux. Il leur faut d'abord thésauriser longtemps, accumuler beaucoup. Le don de soi-même est un achèvement : l'homme en est peut-être encore incapable."

"Rainer Maria RILKE dans "Lettres à un jeune poète" 

 

Le partage total entre deux êtres est impossible et chaque fois que l'on pourrait croire
qu'un tel partage a été réalisé, il s'agit d'un accord qui frustre l'un des partenaires,
ou même tous les deux, de la possibilité de se développer pleinement.

Mais lorsque l'on a pris conscience de la distance infinie qu'il y aura toujours entre deux êtres humains, quels qu'ils soient, une merveilleuse "vie côte à côte"devient possible:

Il faudra que les deux partenaires deviennent capables d'aimer cette distance qui les sépare et grâce à laquelle chacun des deux aperçoit l'autre entier, découpé dans le ciel.

Rainer Maria Rilke
( Lettres à un jeune poète - Grasset )

par Sidérale publié dans : R. M. Rilke
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Jeudi 12 juillet 2007
Une seule chose est nécessaire: la solitude. La grande solitude intérieure. Aller en soi-même, et ne rencontrer, des heures durant, personne - c'est à cela qu'il faut parvenir.
Etre seul comme l'enfant est seul quand les grandes personnes vont et viennent, mêlées à des choses qui semblent grandes à l'enfant et importantes du seul fait que les grandes personnes s'en affairent et que l'enfant ne comprend rien à ce qu'elle font.
S'il n'est pas de communion entre les hommes et vous, essayez d'être prêt des choses: elles ne vous abandonneront pas. Il y a encore des nuits, il y a encore des vents qui agitent les arbres et courent sur les pays.
Dans le monde des choses et celui des bêtes, tout est plein d'évènements auxquels vous pouvez prendre part. Les enfants sont toujours comme l'enfant que vous fûtes: tristes et heureux; et si vous pensez à votre enfance, vous revivez parmi eux, parmi les enfants secrets.
Les grandes personnes ne sont rien, leur dignité ne répond à rien.

R.M. Rilke Lettres à un jeune poète

"Paresse ou incompréhension, j'ai souvent eu de grandes difficultés à lire.
Les lettres que Rainer Maria Rilke (alors âgé de 28 ans) adressait au jeune poète Franz Kappus, me sont apparues comme une eau claire.

J'ai plongé dans cette lecture sans reprendre mon souffle.

Ma rencontre avec ces lettres reste un choc; une émotion au bord des larmes. J'aimerais vous faire partager cette émotion, et vous faire entendre toute la grandeur, toute la beauté de cette méditation intérieure."

Barbara

(Courant octobre 1991, Barbara, pour les éditions Claudine Ducaté enregistre Les lettres à un jeune poète de Rainer Maria Rilke. Dix lettres plus un sonnet de Franz Kappus sont lues. L'enregistrement a été commercialisé uniquement en cassette audio.)


par Sidérale publié dans : Primo Levi
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Jeudi 12 juillet 2007
 

Tous nous devrions savoir, ou nous souvenir que lorsqu'Hitler ou Mussolini parlaient en public, ils étaient crus, applaudis, admirés. Les idées qu'ils
 proclamaient étaient en général aberrantes, stupides, cruelles, et pourtant
 ils furent acclamés et suivis jusqu'à leur mort par des milliers de fidèles. 
Ces fidèles n'étaient pas des bourreaux-nés, mais des hommes quelconques,
 ordinaires, prêts à croire et à obéir sans discuter. Il faut donc nous méfier 
de ceux qui cherchent à nous convaincre par d'autres voix que celle de la
 raison. Dans la haine nazie, il n'y a rien de rationnel. Nous ne pouvons pas
 la comprendre, mais nous devons comprendre d'où elle est issue et 
nous tenir sur nos gardes. Si la comprendre est impossible, 
la connaître est nécessaire parce que ce qui est arrivé peut recommencer.
 
Primo Lévi
par Sidérale publié dans : Primo Levi
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Jeudi 12 juillet 2007

Le visage

La connaissance révèle, nomme et, par là même, classe. La parole s’adresse à un visage. 
La connaissance se saisit de son objet. Elle le possède. La possession nie l’indépendance de l’être, 
sans détruire cet être, elle nie et maintient. Le visage, lui, est inviolable ; ces yeux absolument sans protection, partie la plus nue du corps humain, offrent cependant une résistance absolue à la possession, 
résistance absolue où s’inscrit la tentation du meurtre : la tentation d’une négation absolue. 
Autrui est le seul être qu’on peut être tenté de tuer. Cette tentation du meurtre et cette impossibilité du meurtre constituent la vision même du visage. Voir un visage, c’est déjà entendre : « Tu ne tueras point ». 
Et entendre : « Tu ne tueras point », c’est entendre : « Justice sociale ». (...)

L’universalité est instaurée par ce fait, après tout extraordinaire, qu’il peut y avoir un moi qui n’est pas moi-même, un moi vu de face : la conscience, par ce fait extraordinaire qu’un moi souverain, envahissant le monde naïvement, aperçoit un visage et l’impossibilité de tuer. La conscience, c’est l’impossibilité d’envahir la réalité comme une végétation sauvage qui absorbe ou brise ou chasse tout ce qui l’entoure. 
Le retour sur soi de la conscience n’équivaut pas à une contemplation de soi, 
mais au fait de ne pas exister violemment et naturellement, au fait de parler à autrui.

 

Emmanuel Lévinas.
par Sidérale publié dans : Emmanuel Lévinas
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Ose




Red Archipel Radio

http://www.lastfm.fr/user/RedArchipel/





  Je n'ai jamais réussi à définir le féminisme. Tout ce que je sais, c'est que les gens me traitent de féministe chaque fois que mon comportement ne permet plus de me confondre avec un paillasson.

            Rebecca West

 


La traversée des apparences

"Faire du chemin...c'est d'abord une expérience physique.
Parfois, c'est aussi une expérience spirituelle...
c'est découvrir des paysages emblématiques :
des territoires sans rupture entre réel et imaginaire qui nous changent la vie.

Nos vies ne sont plus les mêmes depuis que nous sommes à Corvo, l'île de nos terres de danse."


«[...] nos livres tous les jours nous voient dans notre nudité intérieure.»

Olivier Bruley

 

 

La conscience est bien plus que l'écharde, elle est le poignard dans la chair.

E. CIORAN

 


 

En cette vie, où je suis mon sommeil,
Je ne suis pas mon sommet,
Qui je suis est qui je m'ignore et vit
A travers cette brume que vraiment je suis,
Toutes les vies que j'ai eues autrefois,
Dans une seule vie.
Je suis mer ; clapotis faible, rugissement vers les hauteurs,
Mais ma couleur provient de mon ciel élevé,
Et je ne me rencontre que lorsque de moi je fuis.

Qui donc guidait mes pas de jeune infant sinon
L'âme véritable qui se trouvait en moi ?
Attachée par les bras du corps,
Elle ne pouvait être plus.
Mais, sans nul doute, un geste, un regard, un oubli
Aussi, aux yeux de qui aurait bien regardé
La Présence Réelle sous le déguisement
De mon âme présente ici sans y prétendre.

Fernando Pessoa, poèmes ésotériques,

Christian Bourgois 1988, p. 39.

Fernando Pessoa dans Poezibao :
Fiche bio-bibliographique, extrait 1, extrait 2,





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